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Entrée de MM. de Couvonge et de Chalabre

(2) Les deux guerriers sont debout, à droite, sur un rocher traîné par un dragon ailé vomissant des flammes, précédés des

vers qu’on lit dans le volume du Combat et qui se réfèrent à l'entrée du marquis de Moy. Une épreuve semblable a fait successivement partie des cabinets Paignon-Dijonval, Rossi et Werstolk de Soelen.

La note suivante de Mariette, qui n’est pas assez explicite, confirme ce que nous verdons de dire :

« Cette planche ne se trouve point dans le livre. Je crois pourtant qu'étant trop grande, Callot aura été obligé de la recommencer, ou peut-être l’aura-t-il fait pour mettre au-dessus de quelque sonnet, et c’est ce que je crois le plus volontiers.» Plus tard, et d’une autre encre, Mariette a ajouté : « Ce dernier senti ment est le vrai. — Depuis, la planche a été coupée en autant de morceaux qu'il y a de sujets dessus.» (Notes ms., folio 49.)

(") Cette planche, dont la longueur était convenable pour le

trois furies portant une torche d’une main et un serpent de l’autre. En avant, vers la gauche, on voit Cerbère conduit par deux démons placés à ses côtés; trois autres le précèdent. On lit sur le ciel, à gauche : Entrées de Mons de Couuonge et de Mons, de Chalabre, et à la droite du bas : Ja. Callot In. et Fecit. (Rare.)

Largeur : 234 millim. Hauteur : 11 millim.

livre, n’était pas assez haute. C’est pour ce motif que Callot dut l’abandonner pour la décoration de l'ouvrage de Henry Humbert, et qu'il grava ce même sujet en contre-partie dans les dimensions appropriées au format. V. n° 496.

On trouve des épreuves de la planche primitive en tête d’un placard analogue à celui dont nous avons parlé à la note précédente, et dont voici la description :

Les vers sont imprimés en caractères italiques sur deux colonnes d’inégale largeur. *

La première commence ainsi :

Minos et Rhadamante Av bruict qui se faict icy hault Elle se termine par :

Ne monte plus que des enfers.

La seconde colonne, plus large, eontient le discours de Minos à madame la Princesse :

Princesse vos faueurs dont je suis honoré Fin :

Pour venir adorer celle qui la donnée.

Et au bas, en une seule ligne, en caractères romains : À Nancy, en l'hostel de ville par Iacob Garnich Imprimeur ordinaire et luré de Son Alt. et de ladite Ville. M. DC. XXVII.

Les exemplaires de ce premier tirage sont extrêmement rarcs.

499-505. Estampes décorant le livre intilulé : Combat à la barrière par Henry Humbert. Nancy, 1627, petit in-4° (*). | | Suite de onze planches, titre compris, non chiffrées.

Elles ont été gravées pour décorer l'ouvrage publié sous

le titre suivant : Combat à la barrière faict en covr de

Lorraine le 14 febvrier, en l'année présente 1627. Re-

présenté par les discours et poësie du sieur Henry

Hembert. Enrichy des figvres du sieur Iacgve Callot,

et par luy dédié à Madame la Duchesse de Chevvrevse.

A Nancy, Par Sebastien Philippe, Imprimeur de son

Altesse, 1627. Pet. in-4° de 58 pages chiffrées, plus un

feuillet pour le titre, deux pour lépitre dédicatoire et

un feuillet supplémentaire indiquant l'ordre poor mettre les figures en leurs lieux.

En tête de la page 53 du volume on doit trouver une épreuve d'une petite planche, sans le nom de Callot, mais gravée par lui, et représentant le bras armé issant de la nue.

Ce sujet a été gravé deux fois, et les différences signalées ciaprès peuvent faire supposer l'existence de deux tirages, mais non de deux éditions, du livre pour lequel il a été fait.

(") Cette suite renferme, mais dans de moindres proportions, les deux compositions décrites nos 490 et 491 (v. nos 496 et 498).

Voyez ce que nous avons dit sur cette fête, Mém. de l’Académie de Stanislas, 1852, p. 236. On peut consulter pour la description bibliographique du volume que décorent les pièces de notre artiste, les Recherches sur l'imprimerie en Lorraine, par M. Beaupré, p. 382 et suiv. et ses Nouvelles Recherches de bibliographie lorraine.

Le premier tirage se reconnaît à ce caractère, que le bras représenté est le bras gauche avec une banderole sur laquelle on lit : Fecit polentiam in brachio suo. (Rare.)

On trouve dans le second tirage le bras droit, toujours armé de l'épée, mais sans aucune basderole ni légende.

Cette distinction est contraire à l'opinion de Gersaint, suivant lequel « la planche portant le bras armé sans banderole est la plus rare et a servi à la première édition du Combat à la barrière.» (Catal. de Quentin de Lorangère, p. 79) (*).

L'assertion de Gersaint est doublement fausse. D'abord il est certain qu'il n'y a eu qu'une seule édition ; c'est ce dont on peut s'assurer en comparant deux exemplaires contenant l’un le bras gauche et l'autre le bras droit. La composition typographique est Ja même dans l'us et dans l'autre.

Ensuite il est constant que le bras armé, sans banderole, quoique peu commun, se trouve beaucoup plus facilement que l'autre. La diversité des exemplaires peut provenir soit de la perte de Îa planche, soit d'un accident arrivé pendant le tirage. Voici quelle est, à cet égard, l'opinion de M. Barbe, ancien amateur nancéien qui vivait du temps de Dom Calmet : « La planche portant la banderole avec l'exergue Fecit potentiam in brachio suo, a été

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(”) Mariette n’a pas discuté la question ; mais il est loin de partager l'avis exprimé par Gersaint. Dans une première note écrite avant l'impression du Catalogue de Lorangère il a dit, en parlant du bras gauche : « Celui-ci se trouve dans quelques exemplaires dudit Combat à la barrière, cela les rend rares et singuliers.» Plus tard, et après la publication du Catalogue de Quentin de Lorangère, il a ajouté : « Le petit bras qui est dans l'œuvre de M. de Clérambault et qui, par la disposition, est le même que l'autre petit bras armé qu'on connaît, me paraît bien de Callot et assez finement touché. Je suis, en cela, d'un sentiment fort

différent de Gersaint qui doutait de son originalité.» (Notes maauscrites, folio 49.)

gravée la première et des exemplaires ont été tirés aïnsi. Puis la planche ayant été perdue, Callot a été forcé de la graver de nouveau, mais sans banderole ni légende.» — Cette version n'est pas impossible ; cependant n'est-il pas plus vraisemblable que l'artiste lui-même s’est aperçu pendant le tirage qu'il avait, par erreur, représenté le bras gauche au lieu du bras droit? Dans cette hypothèse, il aurait fait suspendre le tirage et retiré ou détruit la planche primitive : ce qui explique la rareté des exemplaires avec le bras gauche.

Dans tous les cas, il est certain qu'il n’y a pas eu deux éditions, comme on le croit communément. Il est même possible qu'il n'y ait eu qu'un seul tirage et qu'on ait réservé en haut de la page 33 uo espace blanc pour y placer la petite planche représentant le bras armé. Dans quelqu'hypothèse qu'on se place, il est évident que Ja composition typographique des pages 53 et 54 a été tirée avant qu'aucune planche représentant le bras armé ait été appliquée à ce feuillet, 11 est impossible d'expliquer autrement la similitude parfaite qui existe dans le texte de tous les exemplaires imprimés, quel que soit le bras qui s’y trouve représenté.

On trouve des épreuves du bras armé, sans banderole, tirées hors texte et qui proviennent d'une planche fatiguée, tandis qu'on ne rencontre pas de semblables épreuves de l'autre planche. Ce fait vient à l'appui du système que nous soutenons.

Avant de passer à la description des pièces de cette suite dont, le titre excepté, on ne rencontre jamais qu’un seul état, nous ferons observer : 1° que le premier tirage est celui qui, pour huit au moins de ces morceaux, a eu lieu en tête de placards que nous décrivons ci-après ; 20 que le second tirage des planches qui ont servi au livre, et qui est contemporain du premier, a eu lieu sur un papier de fabrication lorraine, portant des marques semblables ou analogues à celles que nous représentons planche 1.

Cette remarque est indépendante de celle qui concerne les exemplaires du livre renfermant le bras armé avec la banderole. Ces exemplaires contiennent toujours (à moins d'interpolation frauduleuse) des épreuves d'un tirage antérieur à celui où l’on voit le bras armé sans banderole.

Cette suite est difficile à trouver uniformément belle. — A défaut d'épreuves tirées sur les placards, et qui sont incontesiablement les premières, on préfère en général, et avec raison, les épreuves jointes au livre de Henry Humbert et tirées sur papier de fabrication lorraine. Cependant on rencontre des épreuves qui, ayant été repliées sur elles-mêmes et reliées avec le volume, ont beaucoup perdu de leur velouté. Cette remarque est surtout sensible à l'égard des numéros 500 et 501, qui portent quelquefois des traces ineffaçables de leur passage entre les mains de relieurs mal habiles. | | |

Au moyen des remarques qui précèdent, on peut aisément dé= jouer les manœuvres illicites, consistant à présenter comme provenant du tirage des placards, des épreuves d’un tirage postérieur à celui de l'édition et par conséquent sans marques lorraines, ou des épreuves provenant du livre, mais dont on aurait eu soin de faire disparaître frauduleusement, sans jamais y réussir complétement, les traces de la pliure.

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