Voir les Notes
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Hors les galions, le Roi n'a que six vaisseaux en Espagne.
ambassadeurs et envoyés en la cour d'espagne en 1679 ^'^ 1680.
Mgr Mellini ', archevêque de Césarée, nonce de Sa Sainteté, âgé de quarante ans, d'une physionomie agréable, plein d'esprit, de vivacité et de civilité, dépensant magnifiquement les grandes sommes qu'il tire de sa nonciature.
Le marquis de Grana , ambassadeur de l'Empereur, âgé de quarante-deux ans, petit et monstrueusement gros, homme d'esprit, de capacité et d'ambition. Il fut fait ensuite gouverneur de Flandre où il est mort en 1685 -.
Le marquis de Villars, ambassadeur de France pour la seconde fois.
Frédéric Cornaro, ambassadeur de Venise, âgé de quarante-cinq ans, triste figure, d'un esprit médiocre, d'une avarice honteuse, riche
1. Savo Mellini ou Millini, nonce à Madrid de 167$ à 1685, archevêque de Césarée, créé cardinal par Innocent XI le i" septembre 1681 ; mort en 1701 à l'âge de cinquantesept ans.
2. Othon-Henri Carretto, marquis de Grana, chevalier de la Toison d'or en 1677, gouverneur de Vienne en 1679, ambassadeur de l'Empereur en Espagne de 1680 à 1682, gouverneur des Pays-Bas de 1682 à 1685, mort à Mariemont le 19 juin i68j
6o MÉMOIRES
par lui-même et s'enrichissant tous les jours à assurer et à débiter des marchandises'. M. Foscarini lui a succédé en 1684 et avoit été auparavant ambassadeur en France.
Ces ambassadeurs sont les seuls qui assistent à la chapelle du Roi.
Guillaume Godolfin quitta le caractère d'ambassadeur d'Angleterre sur la fin de l'année 1679 s'étant fait catholique, homme d'honneur, d'esprit, de beaucoup de savoir et de capacité, âgé de quarante-cinq ans. Il est demeuré à Madrid fort estimée
Marc Goeuts, ambassadeur de Danemark, arriva à Madrid au mois de juin 1679^ Il avoit été envoyé en Hollande, en France et en Angleterre; il sait assez les cours de l'Europe, parle beaucoup, a de l'esprit et croit en avoir davantage. H tire ses appointements des Espagnols à compte de ce qu'ils doivent au
1. Il fut nommé ambassadeur le 4 janvier 1677 et demeura à la cour de Charles II jusqu'à la fin de l'année 168 1 ; il mourut en 1708. Son successeur immédiat fut, non pas Sebastiano Foscarini, mais Giovanni Cornaro. Les relations de ces ambassadeurs se trouvent dans le Recueil des Rel'az/o/n' du dix-septième siècle, Espagne, t. Il, Venise. 1860.
2. William Godolphin, né en 1634, fut envoyé en Espagne en 1669, le comte de Sunderland étant alors ambassadeur extraordinaire. En 1671, Godolphin fut nommé ambassadeur à la place du comte et passa cette année-là au catholicisme ; il continua néanmoins ses fonctions jusqu'en 1679. Il mourut à Madrid le 11 juillet 1696. Une partie de s;s dépêches se trouve dans le recueil intitulé Hispania illustrada, Londres, 1705, in-8".
3. Marc Gjoe, gentilhomme danois, né le 21 novembre 1635, ambassadeur de Danemark en Espagne de 1678 à 1682, mort le 28 avril 1698.
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Roi son maître. D'ailleurs, il s'occupe à prêter sur gage comme l'ambassadeur de Venise.
Conrad Hemkerc, ambassadeur de Hollande, arriva à Madrid au mois de juillet 1680. Il avoit été déjà extraordinaire en cette cour'.
Don Diego de Bracamonte, ambassadeur de Malte, Espagnol, de petit sens, a plus de sotte gloire que de mérite-.
Le chevalier Goderic, envoyé extraordinaire d'Angleterre, homme fort solitaire et singulier^
Dom Duarte Ribeiro de Macedo, envoyé de Portugal , qui s'étoit acquis de l'estime en France dans ce même caractère, retourna à Lisbonne à la fin de l'année 1679 et fit place à Dom Mendo de Foyos, son successeur*.
Le comte de Gubernatis, envoyé de Savoie à Madrid, homme de lettres et de capacité pour les affaires, alla, au mois de septembre 1680, ambassadeur de Savoie à Lisbonne ^ On
1. Cœnraad van Heemskerck, envoyé extraordinaire des États généraux en Espagne, une première fois de 167 s à 1676, une seconde fois de 1680 à 1686.
2. Il commença de faire ses fonctions d'ambassadeur de Malte au mois de mars 1679. En février 1687, il fut nommé gouverneur d'Oran et fut tué par les Mores, dans une sortie, le 9 juillet de la même année.
3. Henri Goodricke, né le 24 octobre 1642, nommé envoyé extraordinaire le 28 novembre 1678. A la suite d'un différend avec les ministres espagnols, il dut quitter l'Espagne au commencement de 1683. Mort le 8 mars 1705.
4. Il quitta Madrid pour aller ambassadeur extraordinaire à la cour de Savoie et mourut en route, à Alicante, le 10 juin 1680. D. Mendo de Foyos Pereira, qui le remplaça, eut sa première audience le 20 février 1680.
5 . Le comte Jérôme Marcel De Gubernatis, né à Nice le 15 novembre 1633, fut envoyé de Savoie en Espagne de
ne lui a point envoyé de successeur à Madrid.
Le sieur de Cheze, envoyé de Hollande et du prince d'Orange, mourut au mois de septembre 1679, honnête homme avec beaucoup de capacité et d'agrément'.
Schonenberg lui succéda pour les affaires du prince d'Orange seulement. Il est d'une famille de Juifs portugais d'Amsterdam, esprit sombre, bas et marchand -.
M. Ruck, envoyé de Brandebourg, homme mélancolique et appliqué, partit de Madrid au mois de mars i68o^
Il y avoit encore des envoyés de Florence, Mantoue, Parme, Neubourg, Gênes, Modène, Luques, Raguse, des cantons suisses, des Grisons, du duc de Curland. La plupart de ces envoyés ont peu ou point d'appointements de leurs maîtres et subsistent des franchises que leur paye le roi d'Espagne.
La guerre qui commença en 1672 entre la France et la Hollande ayant partagé presque
1676 à 1679, ambassadeur à la cour de Portugal de 1679 à 168}, et mourut le 6 octobre 17 13.
1 . Un sienr Chieze fut envoyé par les États en Espagne au mois de novembre 1675. Doit-on identifier ce personnage avec Sébastien Chieze, qui se trouvait à Madrid en 167J ? Voy. Ed. Vander Straeten, La musique aux Pays- Bas, t. VIII, 2'^' partie, Bruxelles, 1888, p. 434.
2. Sur les missions et l'origine de ce Schonenberg, voir les Notes.
3. Sur cet envoyé et les négociations qu'il fut chargé de conduire à Madrid, voir les Notes.
toute l'Europe, les Hollandais la finirent par . la paix qu'ils firent seuls avec la France en l'année 1678'. Peu après, l'Espagne suivit leur exemple. L'Empereur- et une partie de l'Empire firent ensuite un traité séparé avec la France, et enfin l'électeur de Brandebourg* avec le roi de Danemark'' furent les derniers à quitter les armes.
Cette grande paix entre tant de princes différents se traita à Nimègue, et sitôt qu'elle fut rétablie partout, on pensa dans chaque cour à envoyer des ambassadeurs à celles des nouveaux amis. Le Roi Très Chrétien nomma, pour l'ambassade d'Espagne, le marquis de Villars, qui avant la guerre y avoit été avec le même caractère. Il arriva à Madrid au mois de juin 1679, et trouva cette cour gouvernée par don Juan d'Autriche, premier ministre de Charles second, roi d'Espagne.
Don Juan était fils naturel du roi Philippe IV. Depuis la mort de son père et même
! . Les traités de Nimègue se succédèrent dans cet ordre : traité entre Louis XIV et les Provinces-Unies, signé le 10 août 1678; traité entre la France et l'Espagne, signé le 17 septembre 1678; traité entre la France, la Suède et l'Empereur, signé le 5 février 1679. Le traité entre la France et l'électeur de Brandebourg fut signé à Saint-Germain le 29 juin 1679, et le traité entre la France et le Danemark le fut à Fontainebleau le 2 septembre 1679.
2. Léopold l", fils de Ferdinand lll et de l'infante Marie- Anne, né le 9 juin 1640, élu empereur le 18 juillet 1658, mort à vienne le 6 mai 1705.
j. Frédéric-Guillaume I"", né le 6 février 1620, électeur de Brandebourg en 1640, mort le 29 avril 1688.
4 Christiern V, né le 18 avril 1646, roi de Danemark en 1670, mort le 4 septembre 1699.
auparavant, il avoii toujours été éloigné de la cour, pendant que la reine Marie-Anne d'Autriche gouvernoit l'Espagne dans la minorité du roi Charles II, son fils; mais, au commencement de l'année 1 677, don Juan, appuyé d'une cabale des principaux seigneurs de la Cour, quitta l'Aragon où il étoit retiré, vint à Madrid, chassa la Reine, et demeura le maître de la personne du Roi et du gouvernement de l'État'.
Quoique bâtard, il avoit toujours eu de grandes idées de pouvoir se faire reconnoître Infant, et l'élévation que lui donnoit un ministère absolu, sous un roi de quinze ans, lui facilitoit les moyens de faire des pas qui tendoient à ce haut rang; il établit d'abord de ne point donner la main ni le siège chez lui aux ambassadeurs. Le Nonce et les autres ministres de pareil caractère suivirent ses intentions et le virent sur ce pied.
Le marquis de Villars vint de France avec des instructions moins soumises à cette prétention. Le Roi Très Chrétien, ne jugeant pas qu'un bâtard du roi d'Espagne pût avoir droit de prendre de tels avantages sur son ambassadeur, lui commanda de ne point voir don Juan s'il ne lui donnoit chez lui les honneurs du pas, de la main et du siège. Il étoit difficile que don Juan voulût en convenir après s'être mis en possession de ces préséances avec tous les autres ambassadeurs qui étoient à Madrid; ainsi celui de France se trouva hors