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tout le monde, particulièrement à ses parents qui connurent par là que leur chère fille désiroit de tout son coeur de quitter le morde, qui luy estoit bien à charge; et la voulant un peu consoler, luy offrirent d'aller demeurer chez les Rdes mères de la Visitation Ste Marie, ce qu'elle accepta volontiers pour charmer ses ennuis, et consulter plus soliderient dans cette retraite les desseins de Dieu sur elle, etles mettre à exécution avec son aide et son secours, sentant bien ce n'était pas là le lieu où il la destinoit,
Je n'ai nas su, au juste, le temps qu'elle demeura dans ce monastère, mais je scay bien qu'il ne passa pas une année et qu'elle en sortit déterminée de s'enfuir en quelque endroit,où elle ne fut pas connue afin d'accomplir son désir de se consacrer à Dieu; mais son confesseur la remettoit toujours d’un temps à un autre, ce qui luy fesoit bien répandre des larmes, Enfin il luy dit un jour, que l'heure étoit venue et qu'elle pouvoit sortir de la maison de son père et qu'elle luy fit connaître où elle vouloit aller. Ils conclurent ensemble, que la maison des hospitalières de St-Joseph de la ville de La Flèche en Anjou luy conviendroit bien pour n'y estre pas connue: ce qu'elle accepta dans le moment avec grande Joie et consolation intérieure.
Ils prirent aussy tost les dimensions dé la route, et chemin qu'il falloit prendre et où elle devoit s'arrêter pour y passer la nuit, Ce R. Père luy donna des lettres de recommandation en chacun de ces lieux: une pour la supérieure de la maison où elle vouloit entrer, et une à un des R.R. pères Jésuites du collège de la ville de La Flèche afin de luy en faciliter l'entrée sans estre connue pour ce qu'elle estoit.
Je reviens à Blois où étoit encore notre chère fugitive, qui préparoit toutes choses à son dessein dans un grand silence, Son seul confesseur, savoit les sentiments de son coeur. Elle s’assura d’un homme de confiance, qui eût la sagesse-et la discrétion requises pour l’accompagner et avoir soin de son cheval et garder le secret nécessaire à cette en-
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ns Mémoires de Sœur Morin 195 ja —————————————————————————— — 5 À!
ent il -S saisit te uni ed A ‘10 ile se saisit dès le soir précédent des elefs de Ja mai- 1 de son de Monsieur son père, fit un petit paquet de linges pour -+ #4 ant l'emporter, romassa ses habits et résolut de s'en vestir plu- 1 Les sieurs l’un sur l'autre; ce qu'elle fit de grand matin pen- 1! LE dant que son homme alla prendre un cheval dans l'écurie il ont avec son harnais. sortit de la cour avant que personne füt ga: qe 1et- réveillé à la faveur des elefs que la fugitive luy donna avec # 1 ren son petit paquet de linges, et la fut attendre à la porte de la ME (f | ville tout opposée au chemin qu'elle voulet prendre, Elle 2: 40 PR | sortit de sa n'aison un moment après, laissa les clefs aux à qe portes et marcha courageusement à pied tout le long de la | Fans rue qui Ja menoit au dit lieu, oùestant arrivée, elle monta à f ssl chevalet se mit en chemin pour arriver au lieu où elle vouloit 1 A Doi se rendre por l'accomplissement des desseins de Dieu sur 1 dre elle, et y mener une vie toute morte au monde et cachée en 1 us Dieu; pendant toute la route son âme regorgeoit des conso- M elle lations intéricures toutes divines, voyant ses désirs s'accom- | rt plir si heureusement. Il ne luy arriva rien de fâcheux. 1) jille Elle arriva chaque soir au lieu qu’on luy avait marqué pour tre coucher, Modame de Fonterevault la logea une nuit dans 14 nde son abbaye avee bien de la bonté et honnesteté; elle en par- il 1 tit de grand riatin comme des autres gîtes, afin de se rendre Si fil he- incessamment au lieu tant désiré, qu'elle regardoit comme 1) FX les Israéiites fesois la terre de promission. : HIË bé Je ne me souviens pas comment elle fut de jours à se an pt rendre à La Flèche, mais je scay bien qu'aussi tost qu'elle v A | db fut arrivée, dans la crainte d’estre connue, alla trouver le eu | | #4 R. père Jésuite, à qui son confesseur l’avoit adressée, Le- We | | quel la mesna aussy tost à la supérieure des hospitalières | il ve; de La Flèche à qui il donna la lettre que ce R. père Iuy écri- Ne Al voit. :: 1 pen Il me seroit difficile de faire connaître ici la surprise qui ae | | | la saisit cette bonne mère, voyant la proposition qu’on luy fe- h : pi or soit de prendre une fille, la mettre au noviciat, qui luy estoit F5 7 “es siinconnue, qu'elle ne savoit pas mesme son nom ni ses pa- #4 -4ll
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rents; qui ne promettoit rien pour le temporel, et seulement un grand désir de servir Dieu: s'offrant d'estre la dernière tela servante desautres Soeurs, Ces dispositions la charmois et luy a gagné le coeur, D'ailleurs la lettre du conufesseur disoit qu'elle appartenoit à des personnes riches mais qui. pour le présent, il n'y avait rien à espérer, à cause qu'elle avoit quitté ses père et mère malgré eux; qui ne savois pas mesme où »lle estoit, dont ils étois affligés à l'excès, et qu'il n'étoit pas à propos qu'ils le sussent du tout,
Toutes ces circonstances si extraordinaires embarassois notre bonne mère de La Ferre, Cependant elle fut pour elle, connaissant bien par la conduite que Dieu tenoit sur cette fille si particulière, qu'il la destinoit à de grandes choses
pour la vertu
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