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à la voile. Les rivages ont la même apparence qu'hier, hauts, escarpés, coupés à pic, formés de la même ardoise noire décrite ci-dessus Le pays est une plaine bieu peuplée, depuis le bord de la rivière jusqu'à la profondeur d’un mille et demi à lintérieur. Pas d'îles, mais des baitures pierreuses découvertes à eau basse seulement, cause fréquente d'accidents. La largeur de la rivière Varie de deux milles à trois-quarts de mille, ou un demi-mille, Les habitants se servent ici des engins de pêche décrits plus haut pour prendre des anguilles. On emploie aussi des réseaux d'osier.
La punauise (Cimex lectularius) abonde en Canada. Je l'ai trouvée partout où j'ai logé, tant à la ville qu'a la campagne; on ne connait pas d'autre remède à ce fléau que la patience.
Le criquet (Gryllus domesticus) pullule aussi en Canada, surtout dans les campagnes, où cet hôte désagréable se loge dans les cheminées. Il n’est pas rare non plus dans les villes, où il passe l'été comme l'hiver, coupant les hardes en pièces en manière de passe-temps.
La blatte (Blaltu ortentalis) n'avait pas encore élu domicile dans les maisons ici.
La pente des bords de la rivière s'accroit davantage à mesure que l’on approche de Québec. Vers le nord, l'horizon est borné par une haute rangée de montagnes. À environ deux lieues et demie de la ville, la rivière est très étroite, ses rives n'étant qu'à une portée de mousquet l’une de l'autre. Le pays de chaque côté est montagneux, accidenté, couvert d'arbres et parsemé de petites roches. Le rivage est pierreux.
À quatre heures de l'après-midi, nous débarquâmes à Québec, après un voyage des plus heureux. La cité ne
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Les soldats de notre escorte, dès que nous fûmes en vue de Québec, se mirent à crier qu’ils allaient donner le baptême à tous ceux qui y venaient pour la première fois, à moins qu'ils ne se rachetassent. C’est la coutume, paraît-il, et tout le monde doit s’y soumettre; le gouverneur-général du Canada n’est pas plus exempt de ce tribut qu'un autre, lorsqu'il fait son premier voyage à Montréal. Nous ne regardâmes pas à quelques sous, et lorsque nous fûmes en face de la ville, nous nous exécutàämes volontiers, à la grande joie des pauvres rameurs, qui, avec l’obple de notre rançon, pürent se remettre de leur rude labeur en se donnant quelque divertissement à Québec.
Immédiatement après mon arrivée, l'officier qui m'avait accompagné depuis Montréal me conduisit au palais du vice-gouverneur-général du Canada, le marquis de la Galissonnière, gentilhomme doué de qualités peu communes, qui m'a traité avec la plus grande bonté jusqu'à son départ. (1) Il avait déjà donné ses ordres pour que l’on me préparût quelques appartements, et vu à ce que je ne manquasse de rien; en outre, il m'a fait l'honneur de m'inviter à sa table presque chaque jour que j'ai passé en ville.
Québec, la ville la plus importante du Canada, est situé sur la côte nccidentale de la rivière St. Laurent,
(1) Le ?4 septembre 1749, M. de la Galissonnière s'embarqua à Québec, sur le Léopard, pour retourner en France. Voir Ferland, t. LT, p. 495, M.
tout au bord de l'eau, sur une langue de terre bornée par cette rivière à l’est, et par la rivière St. Charles au Nord ; la montagne, sur laquelle la ville est bâtie, s'élève encore plus haut au sud,et derrière commencent de grands pâturages; la même montagne s'étend encore loin du côté de l’ouest. La cité est divisée en haute et basse ville. La basse ville est sur le bord de la rivière, à l’ouest de la haute ville. La langue de terre, que j'ai mentionnée plus haut, s’est formée par l'accumulation séculaire du iimon sur le roc, et non par la diminution graduelle de l’eau. La haute ville domine la basse, sur une colline élevée couvrant une étendue de terre cinq ou six fois plus grande, quoique moins peuplée. La montagne sur laquelle la haute vile est située s'étend bien au-dessus des maisons de Ja basse ville, bien qu’elles aient trois ou quatre étages de haut ; rien qu'à jeter un coup d'œil du palais sur la basse ville, dont partie se trouve immédiatement au-dessous, c'est assez pour donner le vertige.
Une seule rue mène à la haute ville, et elle a été pratiquée en faisant sauter une partie de la montagne ; elle est très roide, malgré ses sinuosités. Cependant on y monte ou descend la côte en voitures et en waggons. Tous les autres chemins sont tellement escarpés qu'il est très difficile de gravir le rocher. La plupart des marchands habitent la basse ville, dont les maisons sont serrées les unes contre les autres. Les rues sont étroites, raboteuses et presque toujours humides. Il y a dans cette partie de la cité une église et un petit marché.
La haute ville est habitée par les gens de qualité, fonctionnaires, négociants, ou autres. Elle renferme les principaux édifices de la cité, dont voici ceux qui méritent une mention particulière :
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I. Le palais, qui est situé sur le côté ouest, et le côté le plus escarpé de la montagne, juste au-dessus de la basse ville. Ce n’est pas précisément un palais, mais un erand bâtiment en pierre à deux étages, s'étendant du nordausud. L'entrée est à l’ouest, sur une cour entourée partie par un mur, et partie par des maisons. Une galerie, large d'environ deux brasses (12 pieds), pavée en dalles et fermée par une balustrade en fer, règne tout le long de la façade de l’est, qui donne sur la rivière ; on y à une vue splendide de la cité et du fleuve. C'est le promenoir par excellence de l’après-diner, et aussi de ceux qui ont affaire au gouverneur-sénéral, en attendant qu'il puisse les recevoir. Le palais est la résidence du gouverneur-général du Canada; un piquet de soldats y monte la garde, tant devant la grande porte que dans la cour, et à l'entrée ou sortie du gouverneur, ou de l'évêque, ces militaires doivent présenter les armes au son du tambour. Le gouverneur-général à une chapelle privée, ce qui ne l'empêche pas d'aller souvent entendre la messe à l’église des Récollets, (1) qui est proche du palais.
IT. Les églises, qui sont au nombre de sept ou huit, toutes bâties en pierre:
1. La cathédrale : elle est à main droite en allant de la basse ville à la haute ville, un peu au-delà de l'Evéché. On travaille en ce moment à l'orner. Elle est surmontée à l’ouest d'un clocher rond à deux divisions, dont la plus basse contient quelques cloches. La chaire est dorée, ainsi que plusieurs autres parties de l'église Les sièges sont très beaux.
2. L'église des Jésuites, bâtie en forme de croix, et surmontée, elle aussi, d’un clocher rond. C'est la seule.
(4) Religieux Franciscains réformés sous le nom de Ordo St, Francisci slriclioris observantir,
église qui ait un cadran; j'en ferai tout-à-l'heure une mention plus spéciale.
3. L'église des Récollets, vis-à-vis la porte du palais à l’ouest, qui est un bel édifice ; son clocher, en forme de pointe, et passablement élevé, contient une division en bas pour les cloches.