‹ Mémoires de la Société historique de Montréal [microforme]Chapitre 14 sur 52 · LM · texte numérisé non relu

LM

AA

À A if

fi ‘4 |:

fe |

St Charles, donnant au nord sur un beau et grand jardin, C'est dans cette maison que se tiennent toutes les délibérations sur les affaires de la Province—et les messieurs qui ont la direction de la police, et ceux qui sont revétus de l'autorité civile y ont ler:rs séances sous la présidence de l'Intendant ; dans les affaires de grande 1mportance, le gouverneur-général assiste à ces réunions. La maison de l'Intendant est entre les magasins de la couronne et la prison.

La plupart des maisons de Québec sont bâties en pierre, et dans la haute ville elles n'ont généralement qu'un élage, les édifices publics exceptés. J'ai vu quelques maisons en bois dans la ville, maisil ne sera pas permis de les rebâtir lorsqu'elles viendront à tomber en ruine. La brique n'est pas employée dans la construction des maisons ou des églises dans la cité, on se sert d'un schiste calcaire noir extrait de la montagne même sur laquelle Québec est assis. ‘ Cette sorte d'ardoise semble très compacte au sortir de la carrière et ne parait pas être composée de fragments ou /amellae, mais lorsqu'elle a été exposée à l'air quelque temps, elle se divise en feuillets minces. Elle est molle et se taille aisément. Les murs de la ville et ceux des jardins en sont construits presqu'entièrement. Les toits des édifices publies sont couverts en ardoise commune que l’on fait venir de France, parce qu'il n'y ena pas en Canada (1).

L’'ardoise des toits posée depuis p'usieurs années ne parait pas avoir souffert par suite des variations de l'air et du temps. Les demeures des particuliers sont couvertes en planches ajustées parallèlement aux chevrons ou aux bords des toits, et quelquefois obliquement.

(1) L'ardoise à couverture se trouve en plusieurs parties du Canada, surtout dans les Cantons de l'Est, M

LA laits te ui plus se fe est g ded:

Qué plus

O1 les « sales

La da Îa

Le une | aussi parc LUS € voies elles Le dins du C bien mais cents ville cents tout

(1) 4 Walle

Les coins des maisons et les cintres des croisées sont laits d'une pierre calcaire grise à petits grains, qui jette une odeur forte pareille à celle de la pierre puante (1), plus utile dans ce pays que l’ardoise, qui est sujette à se fendre sous l’action de l'air. L'intérieur des maisons est généralement blanchi. Les fenêtres sont placées en dedans des murs, les doubles chassis étant en usage à Québec. Le milieu du toit repose sur deux ou tout au plus trois chevrons, couverts en planches seulement.

On chauffe les chambres en hiver avec de petits poéles en fer, qu'on enlève l'été. Les parquets sont très sales ; il paraît qu'on ne les nettoie qu'une fois l'an.

La poudrière — au sud du palais — occupe le sommet da la montagne sur laquelle la cité est bâtie.

Les rues de la haute ville, taillées dans le roc vif, ont une largeur suffisante, mais elles sont très raboteuses et

aussi incommodes pour les piétons que pour les voitures, parceque l’ardoise du pavé se fendille en fragments aieus quimettent les chaussures en pièces Toutes ces voies se coupent les unes les autres aux angles, mais elles sont très tortueuses.

Les vergers attenant aux édifices publics et les jardins contigus aux résidences privées dans le voisinage du Collège des Jésuites font paraître la ville très grande, bien qu'elle ne contienne pas un nombre considérable de maisons. Non étendue, du sud au noïd, est d'environ six cents toises et du bord de la rivière le long de la basse ville au mur oriental, de trois cent cinquante à quatre cents toises. Il faut remarquer que cet espace n’est pas tout habité, car à l’ouest et au sud, au pied des murs

(1) Nitrum Suillum. Linn. Syst. IIL p. 86. Lapis Suillus prismalieus Waller Mineral, p, 59, a, 1 Slink-Stone, Forster Introd. to Mineral p. 40.

80 | AoUT 1749,

de la cité, il y a de grands morceaux de terre encore vacants et que l'on réserve sans doute pour être bâtis plus tard lorsque le nombre des habitants de Québec se sera accru.

L'évèque dont le siège est dans la ville est le seul évéque du Canada. Son diocèse s'étend jusqu'à la Lousiane, sur le golfe du Mexique, au midi, et dans les mers du sud au couchant.

Aucun évêque le pape excepté, n’a jamais eu un diocèse plus étendu Mais son troupeau spirituel est très peu considérable à quelque distance de Québec et ses ouailes sont souvent éloignées les unes des autres de plusieurs centaines de milles.

Québec est le seul port de mer et la seule ville de commerce du Canada; c’est d'ici que tous les produits du pays sont exportés. Le port est au bas de la ville sur le bord du fleuve dont la largeur est, là, d'environ un quart de lieue. Les vaisseaux peuvent y mouiller à l'aise et en sûreté dans vingt-cinq brasses d’eau et sur un fond excellent pour l’ancrage. Le seul vent de nord-est y est un peu redouté, parcequ'il souffle avec une violence extrême. À mon arrivée ici, je comptai treize vaisseaux grands et petits dans le port, et l’on en attendait plusieurs autres.

Mais il faut remarquer qu'aucun navire ne peut venir à Québec à moins qu'il ne soit français ou n'arrive de quelque port de France, ou des possessions françaises dans les Indes-Occidentales. Toutes les marchandises étrangères que l’on trouve à Montréal et dans d'autres parties du Canada, viennent d'ici Les marchands français de Montréal vont passer six mois parmi les nations indiennes employant ce temps à lachat des peaux et

sont ne p tre « par se sc

Q pren appt

des fourrures; de retour à la fin d'août ils descendent à Québec en septembre ou octobre pour y vendre leurs pelleteries,.

On prétend que le privilège de vendre les marchandises importées a beaucoup enrichi les négociants de Québec. Mais cette’assertion est contredite par d’autres qui, tout en admettant qu'il y en a qui vivent dans l'opulence, assurent que la plupart d’entre eux ne possèdent guère plus que le strict nécessaire, sans compter ceux qui, grâce àleur vanité et leur amour du luxe, sont accablés de dettes. Les marchandss'habillent fort élégamment et poussent la somptuosité dans ies repas jusqu'a la folie.

Les femmes sont tous les jours en grande toilette et parées autant que pour une réception à la cour.

La ville est entourée de presque tous les côtés d’un mur élevé, surtout du côté de terre. Il n'était pas encore fini lors de mon voyage, mais on y travaillait activement. À part le schiste calcaire que j'ai décrit plus haut, on y a fait entrer aussi une sorte de grès ou pierre à sablon gris-foncé. Pour les coins des portes, on a em. ployé de la pierre à chaux grise. La nature semble avoir voulu dispenser la ville du soin de se protéger par des murailles du côté de l’eau, en y plaçant un rocher, qu'il est impossible de gravir. Toutesles hauteurs sont couvertes de batteries, et aucun vaisseau ennemi ne peut approcher sans courir un risque imminent d'’étre coulé à fond. Du côté de terre, la ville est gardée par de hautes montagnes, de sorte que la nature et l’art se sont unis pour la protéger.

Québec a été fondé, en 1608 par Namuel de Champlain, premier gouverneur-général du Canada. L'histoire nous apprend que cette ville a progressé très lentement.

TARA vi PER. PERS.

De 1 ere Dre

om RS en RES

re

q SA NF Q

Photographic

Page 1