‹ Mémoires de l’Académie de Stanislas (volume 2)Chapitre 15 sur 101 · RAPPORT SUR LE PRIX STANISLAS DE GUAÏTA XIX · texte numérisé non relu

RAPPORT SUR LE PRIX STANISLAS DE GUAÏTA XIX

enfants. C'est tout le contraire de la recherche d'horizons Jointains, du goût de l’exotisme que, non sans talent, d’ailleurs, les jeunes d’aujourd’hui pratiquent avec intensité.

Pour te connaître, amour, en ta beauté première Je n’ai jamais été plus loin que ma maison

dit le petit livre.

Pour qui sait observer et choisir parmi ses sensations de chaque jour, n'est-ce pas à la fois le cadre de la vie et celui du rêve? Écoutez ces vers sur le crépuscule :

L'ombre éteint peu à peu le beau soir embrasé La plaine, fleur fanée, humble se décolore… Sous le ciel qui pälit comme pour une aurore, Un rayon de soleil scintille et vibre encore.

Et, sur la route obscure, un très vieux paysai. Revenant du labeur semble, d’un pas pesant, Emporter sur sa faux tous les ors du couchant.

Par ailleurs, M®e Humbert-Gley, sensible à l’expression par l’Art, de la beauté grecque, anime le marbre de la Vénus de Milo ou le corps de la Victoire de Samothrace, évoque deux jeunes filles de Tanagra de types et de caractères différents. Ce sont là visions harmonieuses et qui semblent assez naturelles, sous le ciel, limpide et bleu, du Midi de la France.

Aux dernières pages du livre, après des considérations plus extérieures, c’est vers le foyer, les joies et les peines de la famille que se tourne, à nouveau, le poète. C’est là, du reste, que vibre le meilleur et le plus sincère de ses accents.

Aime ta maison, nous est-W dit, les meubles familiers, les souvenirs. Avec une mélancolique douceur, l’auteur songe à ses derniers jours, à sa dernière demeure — dans le sens véritable et non dans le sens figuré.

Mais quand j’aurai fini ma route et ma journée Je veux aller mourir aux lieux où je suis née.

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