XXX SÉANCE PUBLIQUE DU 22 DÉCEMBRE
court couvre, sur la plus grande partie de son front, les hauteurs du Grand Couronné, s'ouvrent plusieurs trouées; l’une des plus importantes, car ouverte directement sur Nancy, est celle dont le village de Champenoux, placé comme un bastion naturel, constitue le centre de défense.
Dans un étroit vallon, entre les lisières des bois passent la petite rivière de l’Amezule, la route nationale et la voie ferrée Nancy —Sarreguemines.
Tenir ce passage c'était pour l'Allemand s'assurer vers les hauteurs d'Amance un débouché à l’intérieur de la première enceinte du Grand Couronné; c’est pourquoi du 24 août au 12 septembre l’armée du Kronprinz de Bavière a attaqué avec acharnement pour forcer ce passage dont notre armée s'obstinait à défendre l'accès avec une égale ténacité.
C’est le récit de ces journées qu’a tracé M. l’abbé Rollin. Il l’a fait en historien précis, scrupuleux et qui sait d'autant mieux animer le récit d’un combat qu’il en connaît mieux les héroïsmes et les souffrances. M. J’abbé Rollin a servi en effet pendant toute la guerre dans notre division de fer et notamment au 26€, dans le corps de ces brancardiers qui vont sur les champs de bataille ramasser les blessés et se trouvent parfois surpris par le combat au cours de leur mission d’héroïque charité. M. l’abbe Rollin, par sa belle conduite, rehaussée d’une blessure, a mérité cinq citations, la médaille militaire et la croix de la Légion d'honneur.
Pour composer son récit, M. l’abbé Rollin a puisé aux sources les plus sûres : les journaux des régiments, des brigades et des divisions; il a recueilli en outre les souvenirs des habitants de Champenoux, du village voisin : Erbéviller et les témoignages des anciens combattants. Grâce à cette documentation 1l a pu non seulement reconstituer les grands mouvements de la bataille, rapporter les traits de courage et d'endurance qui attestent la vail- Jance de nos officiers et de nos soldats, mais encore confirmer ce que l’histoire nous apprend sur un adversaire dont il faut reconnaître la bravoure, la discipline et la valeur militaire, mais dont il convient de flétrir le manque de loyauté dans les moyens employés pour vaincre.