‹ Mémoires de l’Académie de Stanislas (volume 4)Chapitre 28 sur 115 · XXXII SÉANCE PUBLIQUE DU 48 DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

XXXII SÉANCE PUBLIQUE DU 48 DÉCEMBRE

et c’est justice que celles qui sont à la peine soient aussi à l’honneur.

C'est à Mme Vre Hertz (1) que vous avez attribué le prix Gouy pour les familles nombreuses. Mme Hertz a eu quatorze enfants : c’est un titre de gloire. Si cette splendide famille a été pour elle la source de bien des joies, elle lui a aussi coûté beauconp de peines et de soucis. Mme Hertz a dù faire des prodiges d'ordre et d'économie pour arriver à tenir son ménage, à nourrir et à habiller ses enfants. Elle y a pleinement réussi. À tous ses enfants — dix sont encore actuellement vivants — elle a su inspirer une affection profonde. Lefilsaveclequel elle habite aujourd’hui parle dans les termes les plus touchants des mérites exceptionnels de sa vieille mère et des sacrifices sans nombre qu’elle a faits pour tousles siens. En récompensant Mme Hertz, aujourd'hui âgée de quatre-vingt-trois ane, vous exaucez le plus cher désir de tous ses enfants.

C’est à la campagne, à Xeuilley et à Morville-sur-Seille, qu’habitent les deux mères de famille auxquelles vous avez attribué le prix Pister pour les familles nombreuses, Mme Vautrin (2), mère de sept enfants, et Mme Vosgien (3), mère de neuf enfants. Mme Vautrin lutte avec courage contre les difficultés de l’existence : son mari est seul, avec l’ainé des fils, encore bien jeune, à gagner quelque argent. De l’avis unanime, les enfants de Mme Vautrin sont très bien tenus, très proprement habillés, et reçoivent une excellente éducation.

Mme Vosgien, de santé délicate, a dû, pendant la guerre, fuir devant l’envahisseur. En 1914, elle est arrivée à Nancy à pied avec ses cinq enfants, le dernier-né sur les bras. M. et Mme Vosgien n’hésitèrent point à rentrer à Morville dès que cela fut possible, quoiqu'ils eussent tout perdu, et ils se remirent bravement à l'ouvrage, acceptant, comme tant d'autres Lorrains, les souffrances et les privations que comportait l’installation sommaire dans des baraquements de bois et l’existence dans une région dé-

(1) Nancy, 6, rue Saint-Dizier.

(2) Xeuilley (Meurthe-et-Moselle).

(3) Morville-sur-Sville (Meurthe-et-Moselle).

Page 1