VIII DISCOURS PRONONCÉ AUX OBSÈQUES DE M. HENRI VOGT
M. le président G. Hottenger n’a pas manqué de souligner cette ressemblance qui s’étend à la fois à la vie publique, bienfaisante, simple et laborieuse de ces deux savants, et à leur vie privée, éclairée par la même foi religieuse. Malheureusement ce parallélisme entre ces deux existences de mathématiciens ne s’est pas continué : Bazin mourut sous le poids des ans; Vogt nous fut enlevé brusquement dans la vigueur de ses soixante- Ho ans, en pleine activité intellectuelle.
Le discours de réception notre regretté confrère, d'un style clair et élégant, est un exposé captivant des. problèmes les plus ardus de l’hydraulique et des merveilleuses applications qu’on peut en attendre. L’orateur fut à la fois un brillant vulgarisateur et un prophète dont l'imagination reste sans cesse sous le contrôle rigoureux de son esprit tout de précision mathématique.
L'homme qui mettait au service d’une science profonde la parole persuasive d’un maître aimé, ne devait pas tarder à occuper une place importante, même dans une Académie ou fleurissent surtout les études historiques et littéraires. | :
L'Atadémie de Gtattièlas, il est vrai, a toujours tenu à hounenr'd'uuvrir ses portes aux divers représentants de l'activité intellectuelle. de notre région lorraine, quelles que fussent leurs spécialisations. C’est à ce titre qu’elle a compté parmi ses membres titulaires des mathématiciens de marque, tels que les regrettés Aimé Renard et Gaston Floquet; c’est à ce titre aussi qu’elle a été heureuse d'élire Vogt, le savant mathématicien, l’homme de bien, dont la modestie n’avait d’égale que la haute valeur morale.
Notre Compagnie en sent cruellement la perte; son président a le triste honneur aujourd’hui d’être son interprète. [1 prie Mme Vogt et toute sa famille d’agréer l’expression respectueuse de sa douloureuse sympathie et celle de tous les membres de l’Académie de Stanislas, qui conserveront pieusement le souvenir de leur regretté confrère.