DISCOURS DE RÉCEPTION
Lorsque mon bon maitre, M. Albert Collignon, il y & déjà cinq ans, me fit l'honneur d'insister pour que je me présentasse à vos suffrages, je ne lui cachai pas le grand trouble où me mettait la perspective d’un discours de réception. Ce n’est pas que je ne fusse, en laissant parler mon cœur, capable de vous remercier pour l’accueil bienveillant qui m'était annoncé et la suprème récompense que vous réserviez à ma carrière laborieuse, Mais il s’agissait de me présenter à vous, savants, historiens, hommes de lettres et de sciences, avec un sujet d’érudition digne du cadre où je pénètrerais.
Déjà, vous m'aviez admis, sur le rapport trop indulgent de M. François Villain, au rang de vos correspoudants, sans exiger cette caution littéraire et scientifique de quelques œuvres écrites, et je considerais que le titulariat de l'Académie ne pouvait passer sur une telle insuffisance.
M. Collignon, qui fut mon professeur de rhétorique au Lycée de Nancy il y a quelque quarante-cinq ans, et à qui son vieil élève pouvait tout confier, m'assura que l’œuvre d'un homme de bonne foi ne s'écrivait pas qu’a-