RAPPORT SUR LES PRIX DE VERTU XXXVII
Trop souvent on s’associe pour mal faire, ou pour faire des affaires, — ce qui quelquefois revient au même; Miles Mentré (1), elles, se sont associées pour faire le bien. Elles ont sacrifié leur vie pour entourer des soins les plus affectueux un père âgé de quatre-vingt-cinq ans, aveugle et sourd, et une mère malade, alitée depuis quinze ans.
Pour subvenir aux dépenses nécessaires, elles ont dà vendre peu à peu les lopins de terre, qui constituaient à Jeandelaincourt tout leur avoir, et elles gagnent par un travail acharné de couturières de quoi faire vivre la maisonnée.
Rien ne décourage leur vaillance; rien n’altère leur sérénité. Comme il était impossible de déterminer laquelle des deux sœurs était la plus méritante, vous avez jugé qu’il ne fallait pas dissoudre une société si joliment constituée pour le bien, et vous avez accordé, si Jose dire, à la raison sociale Mentré sœurs, une part du prix Pister.
Mie Émilienne Chanrion (2) est une ouvrière modèle, de tenue irréprochable. Elle y a quelque mérite dans ce quartier de la prairie de Tomblaine, où les bons exemples ne sont pas les plus nombreux. Elle est aussi pour sa mère un soutien et une consolation, et l’assiste de son mieux dans la tenue d’un ménage de quatre enfants. 1] lui a été accordé partie du prix Pister.
Le reste de ce même prix, vous l’avez attribué en la personne de M1!e Caroline Wendling (3), âgée de soixantedix ans, à toute une vie d’abnégation. Renonçant àse marier pour mieux se donner aux siens, Mile Wendling a pris successivement à sa charge, après ses parents, deux de ses frères malades, le premier aveugle, le second paralysé, sacrifiant pour eux ses petites éconornies et, malgré l’âge, redoublant, pour pourvoir à tout, d'activité, d'énergie et de travail. |
On ne peut récompenser comme elles le méritent ces
(1) A Jeandelaincourt.
(2) Rue de Tomblaine, 13.
(3) Rue de Metz, 30.