LXXVIII SÉANCE PUBLIQUE DU 20 MAI
murale, frappée à leur effigie. À Blois, Louis XII, érigé dans sa baie, fleurdelysée bleu et or, passe, solennel et triomphal, comme à une entrée sous le dais en quelque bonne ville : ici, dans un mouvement, plus fier, plus chevaleresque, le duc Antoine, imagé sous un arc surbaissé et fleuronné, férit (1), son épée levée, comme à Agnadel, où en 1509 il avait suivi le roi, avec ses féaux barons: à ses pieds, le chardon, meublant le blason urbain de Nancy. Mais, à vrai dire, nos yeux voient de cette œuvre, taillée dans un bloc de Savonnières (2), une simple mais bonne copie, fidèlement exécutée en 1850 par Jiorné Viard. Car le commun destin des princes, sculptés dans le marbre ou coulés dans le bronze, est de tomber, abattus un jour par les révolutions. Leurs cendres ellesmêmes ne sont pas épargnées. Éloquent memento du néant humain, clamé dans les chaires, müri sous le front du penseur.
En bas, pour soutenir la hautaine image, centre de ce morceau décoratif, un portail ouvert, parmi les merveilleuses ciselures, aux cortèges de chasse ou de guerre, aux carrosses, menant nos ducs à Plombières, à Nomeny les princesses lorraines; en haut, pour la couronner dignement, un gigantesque frontispice, étirant sur les combles la joliesse de ses aiguilles jumelles, patinées de tons vieil or (3). Et des pieds-droits, chargés de tambours, de carquois et de trophées, au faîte, épanoui en fleurons frisés, ce sont, sur les pilastres, les voussures ou les pinacles, des guirlandes et des chimères, des animaux et des marmousets, mariant en un jeu libre et souple leur flore et leur faune de rêve, le réalisme au fantastique. Voyez, sous les balcons ventrus, grouiller en culs-de-lampe ces grotesques, tendus dans un effort douloureux et amusant; cherchez, comme un plaisant rébus, parmi cette végétation irréelle et délicate, le singe, vêtu en Corde-
(1) Alias fiert. On trouve, sur les vieux textes, les deux formes.
(2) Savonnières-en-Perthois, Meuse, arr. Bar-le-Duc, cant. An:erville,
(3) Aiguilles, identiques à peu près à celles du chevet de Saint- Pierre de Caen.
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à pans coupés sur le flanc nord des Cordeliers, comme, sous une oppes des boutiquiers et artisans de la cour. — H Salle des Cerfs. lairée par les soirs de huit lanternes, avec un falot, posés en 162: ent, « cor de logis, là où est le trayns de Son Altesse » (Archives aux appartements seigneuriaux: garde-meubhle. Détruit en 1717. — sur la Carrière: affectation indéterminée. — R Cour des Viviers. — — V Latrines. — X Tour du Trésor des Chartes. Détruite en 1743. — Trrosses. — C’ Parterres, créés en 1609 par Métezeau. — D’ Fon- H' Rue-Neuve, la Carrière. — L' Corps de garde. — J'« Quartier»