VII. — L’AME
Je suis l’'Ame immortelle! — Hier du ciel ravie, Je fus liée à toi, Matière, pour la vie
Sur la terre. C’est moi qui souffre ou qui jouis. Et qui par le moyen des sens épanouis
Fais le bien ou le mal... Et j'en suis responsable Pour jamais! O Cerveau, machine périssable, De fibres et de nerfs simple enchevêtrement, Lyre qui vibre toute à mon commandement Et par qui les échos du terrestre tumulte
Me parviennent, écoute : une Puissance occulte Vers toi m'a fait descendre au jour qu’un homme est né; Du corps et de l'esprit duo momentané,
Nous devons vivre ensemble, et notre déchirure
Mais moi, lorsque demain viendra nous désonr, N’emportant d'ici-bas qu’un lointain souvenir, Je rentrerai là-haut dans la Vie éternelke, —
Pauvre Ame, qui ne suis qu’une infime parcelle
De l’Essence divine épandue en tout lieu, Pour quelques jours faite Homme, à l’image de Dieu!