‹ Mémoires de l’Académie de StanislasChapitre 35 sur 114 · RAPPORT SUR LES PRIX DE VERTU XLI · texte numérisé non relu

RAPPORT SUR LES PRIX DE VERTU XLI

riture, faisant ainsi preuve de dévouement. Elle ne devait pas tarder à en être récompensée, car, depuis plusieurs années, souffrante, elle ne quitte son. fauteuil que pour s’aliter, et cet hiver, une congestion pulmonaire n’a fait que laffaiblir encore. En ces pénibles circonstances, M. Gérard n’a cessé de lui témoigner une véritable piété filiale. Levé tôt, il allume le feu, vaque aux soins du ménage, passe chez les fournisseurs, — souvent chez le pharmacien, — en allant surveiller sa classe. Dès sa rentrée, au logis, soit à midi ou le soir, il fait la cuisine, entretient le petit appartement. De la part d’un homme solide, une telle abnégation est rare, lorsqu’elle émane d’un malheureux atteint de la plus cruelle des infirmités et qui aurait besoin lui-même de semblables attentions, comment la qualifier? Mlle Fisson ne parle de son fils adoptif, son bon ange gardien, qu'avec les larmes aux yeux. « Je voudrais, Messieurs, pouvoir vous lire une lettre,vraiment touchante, où elle nous dit combien son pensionnaire est rempli d’attentions, prévenant ses moindres désirs, narrant en détail tous les services rendus, — elle a soixante-dix-neuf ans, — les économies réalisées, s’il la voit triste ou souffrante, son protégé lui fait même la lecture; depuis treize ans qu’il habite chez elle : Je n’ai eu qu’à remercier Dieu de m’avoir inspirée, et n’ai cessé de dire que c’est la Providence qui me l’avait envoyé. » Le modeste prix que vous attribuez à ce brave garçon, honnête, d’une conduite irréprochable, d’une délicatesse extrême, est destiné à faire connaître ce rare exemple de dévouement, et cependant, ce sont deux récompenses que vous décernez, si je puis dire, car vous lui associez Mie Fisson, qui a eu le mérite de recueillir M. Gérard. Pensez aussi à la joie qu’elle éprouvera.

Les époux Chauffette, tous deux septuagénaires, habitent Nancy et occupent un petit appartement, fort bien tenu, de la rue du Montet (1). Malgré de très modestes ressources, pendant sept années, ils ont aidé à faire vivre une sœur plus jeune, et le mari de celle-ci, de santé déli-

(1) 118, rue du Montet, Nancy.

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