COMPTE RENDU DE L’EXERCICE 1931-1932 XLIX
hommes, ses œuvres et il ne perdit jamais une occasion d'évoquer le drame des provinces annexées. Le 7 juin 1897, il disait en termes émouvants, son espoir de la délivrance des Alsaciens-Lorrains devant le monument élevé sur les ruines de la Mothe par notre Société d’archéologie lorraine. Vint la guerre, Mer Herscher multiplia ses conférences, ses articles, ses livres pour célébrer le patriotisme français et le loyalisme des Alsaciens-Lorrains. En janvier 1915, il prononce, à Notre-Dame de Paris, l'éloge funèbre de Déroulède « poète et patriote chrétien ». Il publie un volume « à la gloire de l’Alsace ». Ce n’est pas là qu’un ouvrage de circonstance. Le ton est mesuré, le jugement droit. Ces pages, écrites en 1916, sont parfois prophétiques. Le prélat sait dominer les horreurs de la guerre pour prévoir les difficultés de l’organisation de la paix. On voudrait que certains de ses jugements fussent moins pertinents : « La Germanie vaincue, disait-il, ne sera pas une Germanie guérie, au contraire, Ce sera une démente exaspérée qui, comme beaucoup de déments, gardera par ailleurs et sur d’autres points une intelligence entière et une volonté soutenue ».
M Herscher a eu la joie de revoir sa terre natale française. C’est en Alsace qu’il repose maintenant. Il est mort le 25 août dernier, sa dépouille mortelle a été ramente il y a quelques semaines à Colmar.
« Au milieu du mois de novembre 1871, quatorze élèves arrivaient à l’École forestière, il n’y trouvaient pas d’anciens et dans notre ville occupée par l’ennemi, ils ne pouvaient porter l’uniforme, objet de leurs vœux de collégiens. Dans les conditions austères qui leur étaient faites, mûris par les malheurs de ce que l’on a si justement appelé l’année terrible, ils comprirent bien l'effort que la préparation aux fonctions publiques exigeaient d'eux. » M. Edmond Henry appartenait à cette promotion, qui était la 47e. I] était né le 7 novembre 1850 à Ugny. Il ne quitta jamais l’École forestière: d’abord préparateur de Grandeau, professeur de chimie agricole, il fut, en 1880, chargé du cours de minéralogie, géologie et zoologie. Il devenait, en 1902, professeur titulaire,
Sérræ VI, t. xxrx, 1937 | D
L SÉANCE PUBLIQUE DU 26 Mar 1932
puis en 1910 sous-directeur. Quand en 1913 il était admis à l’honorariat, trente-trois promotions avaient suivi son enseignement. Les parties essentielles de son cours portèrent sur l’étude des sols forestiers, la pathologie végétale et l’entomologie forestière.
- Ses recherches en matière de chimie végétale furent considérables. En 1876, il édite le résultat de ses premières expériences en un travail sur les Cendres des essences principales de la forêt de Haye. En 1908, il publie son livre fondamental sur les Sols forestiers, ouvrage classique. H faudrait citer ici les nombreux articles et notes consacrés par M. Henry à la physiologie végétale, telle son étude sur la Préservation des bois contre la pourriture (1907). M. Henry était un homme de cœur, bon et modeste. Il était profondément attaché à l’École à Jaquelle il consacra le meilleur de lui-même. Ce fut un maître aimé.
Le Dr Ernest Magnant, qui est mort au mois d’avril dernier, avait été associé à votre compagnie le 7 juillet 1911. Né à Gondrecourt, c’est dans cette ville qu'il vint se fixer pour exercer la médecine après avoir fait de très solides études à la Faculté de Strasbourg.
L'Académie de Médecine couronna à plusieurs reprises les travaux de ce praticien. M. Magnant, malgré ses occupations absorbantes, trouva le loisir de rimer.
C’est, disait-il, ce génie ailé, bon ou mauvais, que sais-ie? Dont je suis devenu l’esclave malgré moi, Qui m'a saisi tout jeune au sortir du collège Et qui me tient encor sous le joug de sa loi.
Il a été un auteur fécond et s’est consacré tout à la fois à la poésie, au théâtre et au roman. Ses recueils de vers sont nombreux : Mes Pensées, Les fleurs du souvenir, Échos lointains, Angela ou l'Alsace enchaînée, Ma Lorruine. Sa muse était facile, 1l a excellé dans le poème de circonstance. Ses meilleures pièces sont celles où il nous dit son vif amour, son culte pour la Lorraine et nous en décrit en des vers souvent heureux les pittoresques beautes,