‹ Mémoires de l’Académie de StanislasChapitre 44 sur 114 · LI SÉANCE PUBLIQUE DU 26 MAI · texte numérisé non relu

LI SÉANCE PUBLIQUE DU 26 MAI

qui a laissé à Nancy de nombreuses attaches, revient, sur sa demande, dans notre ville, fait unique (ou presque) dans les annales universitaires qui fit, si j’ose dire, scandale dans la capitale et dont les Nancéiens peuvent être flattés. C’est donc à Nancy, depuis 1925, que professe M. Senn. Votre nouveau confrère y retrouve un accueil empressé; de nombreux étudiants préparent leur doc- . torat sous sa direction et la Faculté de Nancy envoie de nombreux candidats au concours de l’agrégation d’histoire du droit. En 1931, M. Senn devient doyen de la Faculté.

Ces qualités de professeur trouvent naturellement leur fondement dans une profonde connaissance du droit. M. Senn publie, en 1902, une thèse de doctorat sur les Leges perfectae, minusquam perfectae et imperfectae, en 1903, une autre thèse sur les Avoueries ecclésiastiques en France, complétée par un livre sur l’/nstitution des vidamies. Je ne puis mentionner que sommairement les multiples ouvrages de M. Senn : manuels destinés aux étudiants, comme la 8° édition du monumental Manuel de droit romain de Girard, études sur les obligations, sur l’origine première du concept de Jurisprudentia. Les recherches de M. Senn sont des œuvres d'envergure qui ont renouvelé bien des problèmes du droit classique. M. Senn a montré « comment les idées grecques philosophiques et abstraites se sont muées, sous l'influence de Romains hellenisants, en règle de conduite pratique ».

L’ampleur de ses investigations scientifiques n'a pas éloigné M. Senn de la vie de notre temps. Qui ne connaît. à Nancy l’œuvre magnifique des habitations à bon marché, dont les immeubles abritaient, en 1931, 1.888 habitants? Cette société a été fondée en 19141 par M. Senn et présidée constamment par lui. Ainsi, M. Senn a attachée son nom à une des plus belles réalisations de la charité dont puisse actuellement s’enorgueillir la patrie de saint Pierre Fourier.

C’est encore un juriste — et un excellent juriste — que vous avez accueilli en la personne de M. Fadensz Hilarowicz. Votre compagnie est heureuse de compter parmi

COMPTE RENDU DE L’EXERCICE 1931-1932 LIIt

ses agssociés-correspondants des compatriotes de votre royal fondateur. M. Hilarowicz, ancien élève des Universités de Lwon, de Berlin et de Paris, est professeur à l'Université (Wolna Wszechnica Polska) de Varsovie, professeur adjoint à l’Université catholique de Lublin, président de l’Institut polonais de droit administratif Casimir-le-Grand de Varsovie, président de l’Institut Polono- Yougoslave des sciences administratives, sociales et économiques.

Ses publications sur le droit administratif sont particulièrement nombreuses et importantes : Constitutio officiorum ac munerum, Eléments de droit administratif, Le pouvoir discrétionnaire dans le droit administratif, Le tribunal administratif suprême et sa compétence, Théorie du droit administratif, etc... Ces travaux sont d'autant plus intéressants pour nous que le droit administratif polonais est frère de notre droit français.

Le D' Remy Collin est un élève des facultés de médecine et de sciences de Nancy. Professeur, puis chef de travaux d’histologie, il est, à vingt-sept ans, agrégé d’anatomie. En 1920 il est nommé professeur d’histologie et se consacre exclusivement aux recherches scientifiques. Les découvertes de M. Collin sont nombreuses : il a établi, par des mesures, la réalité des alternatives de contraction et de gonflement présentées par la cellule nerveuse au cours de son fonctionnement normal.

En cytologie, il a décelé un nouveau mode de division cellulaire : l’indocytogénèse. En hystophysique, il a spécialement étudié la question des structures invisibles au microscope ou mélastructure. En histophysiologie, il a découvert l’incretion des produits élaborés par la glande pituitaire dans les centres végétatifs du tuber cinereum.

Le Dr Remy Collin n’a pas séparé la science de ka philosophie, il n’a pas craint d'aborder les problèmes de la vie et du psychisme. Pour lui, comme l’observait votre rapporteur, « dans une explication de la vie, il y a lieu d'introduire autre chose que les facteurs mécaniques ou physico-chimiques; et c’est autre chose n’est plus d’ordre spécial ou matériel, « c’est une idée directrice »,

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