LXXII SÉANCE PUBLIQUE DU 26 MAI
à l’examen de la Magie noire, qui n’est que la mise en œuvre pour le mal des forces occultes de la nature. Classés méthodiquement au cours des siècles, les faits, réalités et légendes évoquent la figure des sorciers, des astrologues et des devins et reconstituent les pratiques sataniques de la sorcellerie avec ses envoütements, maléfices, prédictions, incantations, sortilèges. C’est, dit Guaita, le Temple de la Folie et des Ténèbres.
Dans la Clef de la Magie noire, Stanislas de Guaita étudie, à l’aide des enseignements laissés par les penseurs et les savants de tous les temps, de Moïse à Goethe et Berthelot, la puissance et l’action des forces dont Satan dispute la maïtrise au Seigneur.
Il scrute la mort et ses arcanes, l’alchimie et la transmutation des métaux, les mystères de la tentation et de la prière, de l’extase divine et de la possession satanique, l'énigme de la volonté et du destin, des prophéties et des prédictions, la vertu féconde du martyr et la stérilité du suicide, la libération qui naît du renoncement et l'esclavage en lequel l’âme est tenue prisonnière par les passions. émanations subtiles de la matière, éternelle séductrice. Dans les 800 pages de la Clef de la Magie noire, Guaita aborde, à la lumière de l’occultisme, les problèmes les plus graves de la psychologie, de la morale, de la sociologie, des sciences expérimentales et de la métaphysique.
Le troisième volume, Le Problème du Mal, devait con- | tenir la synthèse de l’œuvre; tandis que dans les deux autres, faits et légendes s’entrelaçaient avec les exposés d : doctrine, ee troisième ouvrage, Guaita se proposait de le consacrer à l'exposé doctrinal de la science hermétique et de la philosophie occulte. La grande énigme du Mal devait y être scrutée et avec elle tous les mystères qui sont à son origine : celui de la chute de Lucifer qui « le premier rompit l’équilibre céleste », et celui de la chute d'Adam que seul le sacrifice d’un Dieu put racheter.
Le philosophe voulait en outre dans une étude sur l'évolution des sociétés suivre l’action du mal au plus profond de la vie des peuples. |
Mais Stanislas de Guaita ne devait pas lever le voile de la redoutable énigme, car le 18 décembre 1897, à l’âge