‹ Mémoires de Louis-Auguste Le PelletierChapitre 39 sur 49 · LOUIS · texte numérisé non relu

LOUIS

Par le Roy :

Le Duc de Choiseul.

26 novembre 1766. — Provisions de sous-lieutenant des chasses de la capitainerie de Compiègne délivrées à Louis-

PIKCKS JUSTIFICATIVKS. m

Aujj^iislc I.c Pcllclicr, liculriianl j^onrral dos nnin'os du Roi par le duc de Laval faisaiil rouclions do gouverneur ol capitaine des chasses.

Provisions semblables données précédcmm(Mil par le duc de Ilumières, le 2S octobre I7.24,c[ le duc d'Auinoul h; 2 aoùl 17'i«.

i 7 30- 1769. — Nombreuses lellres adressées à Louis- Augusle Le Pelletier par le comUî d'Eu, les maréchaux de Maillebois, de lîelle-Isle, de Brop^lie, de Senecterrc, le comte de Verrue, le comte de Halleroy, lieutenant, général et gouverneur de M. le duc d'Orléans, 'Sl^l. de ALilézicu, Du Brocard, d'Aboville, de Loyauté, généraux d'artillerie, etc.

30 avril i769. — Dernières volontés de Louis-Auguste Le Pelletier, lieutenant général des armées du Roi, inspecteur général du corps de rartilleric. — Il défend à ses enfants de troubler son fds Antoine Le Pelletier de Liancour dans la possession du legs qui lui a été fait par Antoine Bourdaize de Montéran. Le Pelletier de. Liancour donnera à ses frères et sœurs vingt mille livres argent de France et non argent des Iles.

24 mai 1 769. — Acte de décès de Louis-Auguste Le Pelletier. Paroisse de Saint-Sauveur (canton de Compiègne. Oise) :

« L'an mil sept cent soixante-neuf, le mercredi vingt-quatrième jour du mois de mai, a été inliumé par moi, curé soussigné, dans l'Église de cette paroisse, le corps de Messire Louis-Auguste Le Pelletier, chevalier, lieutenant général des armées du Roy, Inspecteur général du corps Royal de l'artillerie, et chevalier de l'ordre Royal et Militaire de Saint-Louis, décédé d'aujourd'hui à une heure du matin et inhumé le même jour à huit heures du soir pour cause de putréfaction, âgé d'environ soixante et treize ans, muni des sacrements, époux de Dame Marie-Jeanne- Françoise Maresse.

En présence de Messire Augustc-Louis-Michel Le Pelletier,

ns MKMOIRKS \)K 1,.-A. I.K l'KI.LETIKR.

chevalier de Toidre luilitaiie de Sainl-Louis et capilaiiie dans le corps royal de laitillerie, son (ils. de Messire Louis-François le chevalier Le Pelletier de Glatigny, chevalier, lieulenaid an Régiment de Metz du corps royal de l'arlillerie. son fils, de Messii'c Jean-François-IIyaciide Esniangarl de Beanval, écnyer. lientenant de la Vénerie du Roy, lieutenant de Capitainerie, cl Major de la ville de Compiègne, chevaliei- de l'ordre royal et ijiilitaire de Saint-Louis, son beau-frère, de Messire Jean-Alexandre le Féron, chevalier, ancien capitaine de Dragons et chevalier de l'ordre militaire et royal de Saiid-Louis. son neveu. »

3 et 7 septembre 1769. — Deux inventaires des meubles trouvés : 1° dans une maison située à Compiègne, rue du Paon, paroisse Saint-Jacques; 2° dans la maison du Soupizeau, paroisse de Saint-Sauveur de Geromesnil, èsquelles maisons faisoit résidence messire Louis-Auguste Le Pelletier, chevalier, seigneur de Liancourt, Lortille, (ilatigny et autres lieux, lieutenant général des armées du Roi, décédé au Soupizeau le %ï mai 1769. Lesdits inventaires dressés à la requête de Marie-Jeanne-Françoise Maresse, sa veuve, et en présence de leurs six enfants ou de leurs représentants.

Dans cet inventaire se trouve portée une argenterie importante.

Parmi les habits on peut citer : un habit de gros de Xaples gris de lin, garni de brandebourgs d'or, une veste de gros de Naples garnie d'un galon d'or, — prisé 200 livres.

Un habit et culotte de velours jioir, une veste de drap dor. — prisé 75 livres. Un habit de drap bleu à boutonnières d'or.

L'n habit et sa veste de petit uniforme, un autre habit et la veste de grand uniforme de Lieutenant général des armées du Roi, • — prisés ensendjle 120 livres.

Une housse de selle et ses chaperons de velours vert garnis de galons d'or — 50 livres.

L^n Avitz-choura doublé de fourrure.

Dans les remises se trouvaient les voitures suivantes : - Une voiture allemande à 4 places, peinte en bleu, dorée sur ses filets, garnie de velours d'Utrecht cramoisi. i)risée avec les harnais — 500 livres.

IMKCI'.S .HÎSTiriC.AIIVI'.S. !?.♦

l iir ,uilir \oiliiic ;i!lciii;iii(l(r u^iii'iiii! (In v<'I(>lirs vcri. 10(1 livres.

l'il Clllliolcl llKMlll- MIT IdlItrill'S S(»ll|KMll(*S — 2.")(> liviV'S.

Une ciiiii'^c (Ir |»(»s|c pcinlc en iii;i irmi, doi'ôn sur lo corps. (I<)iil»l(' (le vciniirs, avec :i «^-iaccs (îI 2 laiilcnirs de ciiivrc. L'avnnl- Iraiii iTîinii do son siri^n* de coclior cl d'iiiK' lioiissr de drap jaune à ;,^d<>n lilcii. — le joui, prise iiOO livres.

La hililiollirtpic coidcnail (\o. rK»iidircii\ \<iluiiics ayant Irail à riiislnirc cl snrloul à iliisloirc (!(> l-'rancc. la |iliipart des lions anlenrs du siècle (U^ Louis \IV , lieaucoup de classiqiu^s lalins cl d'ouvi-aiicos inililaircs et quclipu's livres siu- la religion.

/ /Juin 1769. — Lettre du duc de ('lioiseul à Mme Le Pellelior, pour linrormer « (juc le Roy, voulant donner une nouvelle preuve de la justice qu'il a toujours rendue aux anciens services de son mari », a accordé à elle une pension de 3 OOQ livres sur les fonds de l'artillerie, cl une autre de 2 000 livres sur les fonds du ¥■ denier, à repartir entre ses enfants.

• /"'• avril I 779. — Brevet de la pension de 3 000 livres, signé du Roi cl contresigné Gravier de \'ergennes.

1756. — Preuves de noblesse faites par Louis-François, chevalier Le Pelletier de Glatigny, pour entrer à l'École militaire.

1 763-1816. — 7 brevets des grades conférés au chevalier Le Pelletier de Glatigny, depuis celui de lieutenant en second dans la brigade de Loyauté du corps de l'artillerie {14 février 1763), jusqu'à celui de maréchal de camp accordé le 2 2 mai 1816.

15 avril 178.2. — Mémoire, signé Darçon, sur les opérations du siège de Gibraltar au moyen de batteries flottantes, et notes sur la journée du 13 septembre 1782, où ce projet échoua.

9 janvier 1783. — Acte de naissance de Louis, fils de Louis- François Le Pelletier de Glatigny. Registres de la ville de Crépy (Oise).

« Le Jeudi neuf Janvier 1783 est né en légitime mariage et a été baptisé par Messire Louis Capitain, prêtre, chanoine de la cathédrale de Soissons, avec l'agrément et en présence de Messire Etienne Le Tellier, curé de cette paroisse, Louis fils de Mes-

IMKCKS JUSTIFICATIVKS. 181

.s//v lAniis-Fi-durois Le l'cllcticr di; iiliill(jnii , chevalier, c.ipihiiiHî comiii;iimI;iiiI <lii coips loyjil (ry\rlillcri(.' , vX de Diiiiic (iciieviève- CiillicriiK* Lcviciix. son rpoiis(\ ses pèi'c, et iiirrc. Le parrain a été M. Loiiis-Picrrc-.M.iiir I.cviciix, (ioiiscillfr du Hoy, Hcceveur pai'liiMilicr «les Finances de IKIcclion de, Crrpy-(Mi-\'aIois, ayeiil du <(Mé nialcrtiel, cf la niari'aino Dame Marie-Jeannc^Françoise Maresse, V(mivc de Messife I.ouis-Auii^ush^ Le Pellelier, cliovalier, seif,'neui' de Liancourt et aulres lieux, Lieuleiiaul g'énéral des armées du Roy, Inspecteur général du corps royal d'Artillerie, ayeule du côté paternel, laquelle suivant son consentement par énil . dalé du quatorze; décembi-e dernier, signé Maresse Le PelIeli(M', et resté es mains de M. le curé, a été représentée \nn' Dame Louise-Luce-Rose Lonvilliers de Poincy, épouse de Messirc Antoine Le Pelletier de Liancourt, chevalier de Tordre Royal et militaire de Saint-Louis, Seigneur et Vicomte de Villers-Hellon, qui ont signé avec nous.

Ainsi signé : Levicux, Lonvillier Le Pelletier, Capitain, Ducrocq, Leiebvre et Le Tellier, curé de Saint-Denis.

(Extrait des registres de la paroisse de Saint-Denis de Crépy.)

1789. — Copie de la lettre adressée à Mgr le Garde des Sceaux par la majeure partie de l'Ordre de la Noblesse du Bailliage de Crépy-en-Valois, relativement à ses motifs de représentations, à opposer aux prétentions et réserves annoncées par M. le duc d'Orléans, sur la nomination du vrai député de l'Ordre aux États Généraux.

Monseigneur,

Quelle pourrait être l'espérance de la Nation sur des États Généraux tenus pour le rétablissement de l'ordre et de la justice, si, même avant quils soient assemblés, des hommes puissans, secondés par ceux que des motifs personnels leur attachent, parvenaient à supplanter, dans l'Assemblée de la Nation, des hommes d'un rang inférieur, que le vœu presque général y aurait appelés, et si ces mêmes hommes puissans pouvaient abuser, pour réussir dans leurs projets, d'un piège dans lequel la franchise naturelle de la noblesse la fera toujours tomber.

C'est, Monseigneur, ce que l'on verrait arriver si M. le Duc

d'Orlrans se présentait aux États Généraux comme député de la Noblesse du Valois.

Il est à propos, Monseigneur, pour vous mettre au fait de la réclamation de tous les gentilshommes de cette province qui ont pu se réunir, de faire passer sous vos yeux quelques détails sur l'assemblée de leur Ordre.

Après avoir rempli les premières formalités prescrites par le règlement, l'Ordre de la Xoljlesse, composé de vingt-trois membres, a passé à la nomination de son député. A peine avait-on parlé d'y procéder que M. le Comte de Mazancourt a demandé à haute voix la nomination de M. le Duc d'Orléans, eu égard à ce qu'il était seigneur apanagiste du Valois, nomination qui flatterait, beaucoup Son Altesse.

On lui a représenté C|ue les intentions du Roi étaient que les suffrages fussent libres; en effet, ils ne devaient pas même être sollicités. M. de Mazancourt demanda cjuc la nomination du prince fût au moins faite par acclamation, ce qui n'étant pas conforme au règlement, ne devait être cju'hommage au prince. Alors l'Ordre, disposé à faire ce c|ui pouvait être agréable à S. A. S. dans ce qui ne gênerait pas la liberté des individus votans. s'est prêté aux désirs du comte de Mazancourt, en proclamant le prince comme député; mais sans tirer à conséquence, quant à l'effet. On ne s'attendait plus à de nouvelles demandes, et l'on allait nommer le vrai député dans la forme prescrite, lorsque M. de Mazancourt, sentant que la nomination illégale de Son Altesse ne remplirait pas les vues de ce prince, a prié que l'on donnât à sa nomination la forme légale, sous le spécieux prétexte que la nomination étant contraire aux règlemens, elle était censée n'avoir pas eu lieu; mais comme l'assemblée voulait être maîtresse de son choix, cette demande fut rejetée. Alors M. de Mazancourt dit : « Messieurs, je suis chargé de la procuration de M. le Duc cVOrléaiis, et de son refus en cas de nomination; ainsi, vouspouvcz le nommer, sans que cela tire à conséquence ». Alors, sur la pai'ole de ce gentilhomme, on a fait une nomination par scrutin, comme il la désirait ; mais pour la forme seulement; puis, regardant cette nomination du prince comme absolument nulle, par le refus du fondé de procuration, condition sans laquelle le prince n'eût pas été nommé , on a procédé à la nomination du vrai député; les voix s'étant trouvé partagées au scrutin également entre M. le marquis de Mazancourt et M. le chevalier le Pelletier, on a recommencé, et le plus grand nombre s'est réuni pour M. le chevalier le Pelletier. Ce gentilhomme.

l'iiiciis .msTiricA'iiVKs. i8:i

(■i';iiL;ii;iiil i|iu' s;i siiiih'- ne lui pcniiil pus de suivre loiilrs 1rs «t|)('M':il ions (les l'Unis ( i(''ii<''i'im\. :i prié r()i-(li'<' de lui doiiiicr un supph'niil. Le scriiliii ;i élu M. le iu;ii'(|iiis de .Mii/.ancoiirl.

I/Ordic. I iMiKpiilIc di' M. le coimIc di' .M;i/.;iiic(»iii-| , nji p;is <lciii;iiidr (pi'il lïd pris ;iclr sur l<' clLiiiip du relus ipi'il ;i\;iil iiol ili('' pour le prime; ileTd rcLfardi' eoiiiiiie dés()i)liye;inl . el pour le prince, el i)oiir son cliari^'é de procurai ion, de prendre plus de préciuilion v\ le procès-verbal a élé sii^'-né, sans ((u'aucuii d<'s Lfeulilslioninies se soil aper(;u (pi'ou eul laissi'- au i)rinre le moyen d'éluder le relus l'ail eu son nom.

Tous les procès-\('rliau\ liuis. les Irois ()i-dres se soni r('-iinis. ou y a l'ail leclurc des nominal ions; le nom du prince n'y a pas été prononcé; les députés, le suppléaid même, ont prêté un nouveau S(>rinenl dans celle asseniljlée : pas lin mot de M. le duc d'Orléans. \a) |)rocès-v(M-|jal de cette dernière assemblée ne l'ail aucune nuMition de sou élection; preuve certaine ([u'il n"(''lait l)as regardé comme déj)ulé. Peut-êlre eùt-il été à propos, dans cette asseml)lée de clôture, de faire lecture des procès-verbaux des trois Ordres. Cette lecture a été proposée, mais rejetée par le grand bailli et le secrétaire de l'Ordre. On n'a pas cherché à en pénétrer la raison; puis on s'est séjjaré.

\'oilà, Monseignein-. un exposé fidèle de ce qui s'est passé à Crépy, relativemeid à l'élection du député.

Quelle a été la surprise de ciuelciues-uns de ces membres, lorscju'ayant occasion de voir le procès-verbal tel c|u'il a été laissé au greffe, ils y ont lu en marge, à l'endroit où il est question de M. le duc d'Orléans, le mot absent, sans ciu'il fût question du refus du prince. Ce mot ne semblait d'abord présenter rien d'essentiel: mais il formait en effet une erreur importante, en dénaturant le sens, et en rendant au prince, pour le présenter aux Ktats Généraux comme député delà Noblesse du Valois, un droit cpi'il avait perdu par son refus, et qui ne faisait plus de M. le chevalier le Pelletier c{u'un suppléant. Mais à cpioi peut servir ce mot ajouté en marge? ne faudrait-il pas, pour cpi'il eût quelcpie valeur, i)uisciu'il aide à faire un changement essentiel, qu'il fût approuvé par l'Ordre? 11 l'a été, nous dira-ton; mais de qui? Du grand bailli, c{ui, de tout temps, fut attaché au [jrince, et demeure dans son palais, et du secrétaire, dont le père a joui de la confiance d'un des princes de cette maison, cjui tous deux ont mis les lettres initiales de leurs noms : appellera-ton cela le consentement de tout l'Ordre?

Instruit des changements faibi siiu son procès-verbal, f[ui n'a

18 i MEMOIRES DE L.-A. LE PELLETIER.

point été rédigé selon ses vues, et de l'intention où l'on est de s'en faire un titre, l'Ordre de la noblesse, fidèle à la justice autant qu'aux lois, a voulu donner à M. le chevalier le Pelletier toute l'assurance qu'il devait avoir dans la qualité de seul député de son Ordre. En conséquence, suivant le règlement du Roi, qui enjoint de soumettre au grand bailli toutes les dilTlcultés qui pourraient survenir dans les assemblées pour les nominations des députés, il a présenté h M. de Saint-Elix, grand bailli du Valois, sa réclamation, et M. le grand bailli, au grand étonnement de l'Ordre, a répondu, au lieu de juger la question, que M. le duc d'Orléans s'en tenait à la copie qu'il avait du procèsverbal, et Cjuil se croyait maître encore d'accepter ou de refuser. On n'avait pas demandé à M. le baron de Saint-Elix ce que pensait M. le duc d'Orléans, on en était sûr. On était certain que le prince voulait tirer avantage de la confiance trop aveugle de notre Ordre. La réclamation de la noblesse adressée au grand bailli a été signée par tous les Nobles qui se sont trouvés à portée; et plusieurs autres gentilshommes qui se trouvaient trop éloignés pour y apposer leur nom, y ont adhéré par des lettres ou des certificats cjue l'on peut produire.

Il ne manque donc rien. Monseigneur, à cette réclamation, pour que vous ayez la bonté de l'accueillir; l'Ordre de la noblesse de ce bailliage se flatte que vous voudrez bien ordonner que, sans avoir égard aux termes employés sans son aveu dans son procès-verbal, M. le chevalier le Pelletier sera regardé comme seul député de son Ordre, attendu le refus de M. le duc d'Orléans.

Nous sommes avec respect. Monseigneur, vos très humbles, etc.

Signé :

De Maintenant, de Péhu, chevalier; L'Huillier de la

Chapelle, Billeheust de Saint-George, le Comte de

BouRsoNNE, Du Boulet Desbrosses de Sery, Du

Boulet de Téramini, Benoist d'Ésmare, Bretaut,

Les noms de MM. de Néret et de Saint-Julien, qui sont sur la réclamation adressée à M. le grand Bailli, se trouveraient aussi au bas de ce Mémoire si ces Messieurs n'étaient actuellement ab sens. "

On peut aussi produire des lettres et certificats de Messieurs le Marquis de Nicolaï et le comte de Janson, qui confirment l'exposé des faits ci-dessus énoncés.

l'IlK'.llS .irsTlFICATlVHS. 185

Copie (TiiiK^ Icllrc remises le 8 iiuii à (M-liii de Mossi(Mjrs <lo rOnli'c (le la ii<)l)l('ss(! (|iii pivsidail la coiimiissioii élal)li(! pour la vrrilicalioii des |)()nv()irs des (l(''piil(''s, })ar M. le (;lH;vali(!r le Pelleller de (daligny, ca[»ilaine commandant îiu corps royal de rartillerie.

A celle lellre élaieiil joinUis les pièces juslificaliv(!s cpii annonccnl ^[\lv, la inajcMire parlie de la noblesse du bailliaj^e de Grépy-cn-Valois regarde M. le chevalier le Pelletier comme devant elre son représentant aux l^^lats (lénéraux.

Monsieur,

C'est avec le plus grand regret rpic je me vois forcé,, par le caractère dont on m'a revêtu, de faire valoir contre uu Prince auguste et cher à la nation le droit de re[)réscnter aux litats Généraux la noblesse du bailliage de Crépy en Valois.

Une omission qui s'est glissée dans la rédaction du procèsverbal a persuadé à M. le Duc d'Orléans qu'il avoit été élu librement et sans condition par la noblesse de Crépy, et quelques membres de l'Ordre ont pu donner lieu à S. A. S. de penser ainsi.

Interprète du vœu de la grande majorité de l'assemblée, je suis chargé d'annoncer à vous. Monsieur, et à la noblesse du Royaume dont vous présidez les représentants, que la nomination de M. le duc d'Orléans n'est pas aussi régulière que S. A. S. paroît le croire, et que la plupart des électeurs étoient, en le nommant, dans la ferme persuasion qu'ils auroient à procéder à l'élection du véritable député de l'Ordre, après l'hommage public et solennel rendu au prince.

Que c'est dans cette confiance que j'ai été nommé, qu'il m'a été ensuite donné un suppléant, M. le marquis de Mazencour, confiance qui a été confirmée par renonciation des pouvoirs, la clôture du procès-verbal, celui de la prestation de serment, où on ne retrouve plus aucune indication, ni aucunes traces de la nomination de S. A. S.

Les pièces justificatives que je joins ici forment les preuves de tout ce que j'avance, je les soumets à des juges qu'il m'est si honorable d'avoir et dont j'attends avec respect la décision.

Le devoir que ma position me prescrit de me conformer aux intentions de la majeure partie de mon Ordre, et de lui prouver

que je n'ai rien négligé pour lui procurer la satisfaction qu'elle se croit en droit d'espérer sur l'irrégularité de son procèsverbal, mon honneur même exige encore cjue je demande qu'il me soit accordé acte que je me suis présenté aux États Généraux, ou qu'il en soit fait une mention particulière sur le procès-verbal de l'Assemblée de la nation.

Je suis avec respect. Monsieur, votre, etc.

Signé : Le chevalier Le Pelletier de Glatigny.

Copie d'une des pièces de production qui accompagnoit celte lettre.

Nous déclarons que ce n'a été que dans l'assurance qu'a doiuié publiquement M. le comte de Mazencour, chargé des pouvoirs de Monseigneur le duc d'Orléans, du refus, non point présumé mais certain de son Altesse, cju'on a procédé à un scrutin purement de l'orme pour nommer Monseigneur le duc d'Orléans, à qui chacun de nous s'est empressé de i^ayer le tribut d'hommage : et que cette dette de respect une fois aecjuittée, il a été proposé de procéder à la nomination du vrai député, ce Cjui a été fait en la personne de M. le chevalier le Pelletier, et de M. le Marquis de Mazencour, comme son suppléant;

Signés : Maintenant , de Péhii. L'IIuillier de la Chajjclle, Benoi^t d' Es- /nars, Du Boulet des Brosses de Serij, Bretaid, Desmars de Rosoy, Du Boulet de Téraminy, Billeheust de Saint-George, témoin non votant parce qu'il était arrivé après le serment de la première assemblée. M. le Marquis de Niculay. MM. les comtes de Janson et de Boursonne, ont. par des lettres ou attestations particulières, conlîrmé le même fait; ainsi que MM. ?\erc't et Saint-Julien, qui ont aussi signé la réclamation adressée à M. le Grand-Bailly, fondée sur la même base. Ainsi de 22 membres dont l'Ordre de la noblesse de ce bailliage était composé, en voici 14, sans comprendre ]\I. le chevalier le Pelletier, cjui ont signé qu'ils le regardoient comme leur véritable député aux États Généraux.

M. le chevalier Le Pelletier a adressé, à M. le duc d'Orléans, copie de la lettre ci-dessus et des litres qui y étoient joints avant de les présenter à M. le Président.

l'IKCKS JUSTIFICATIVES. 18T

(<()|)i(' (le l;i |)i()l(>sliilioii (jiii ii";i pu (Mi'<' si<^nili(M^, ;i\iiiil la (Ircisioii (le l:i cliaiiilx'c <lr la iiohlcssc, aux l'^lals (Iriirraiix, sur l'objcl <iui y (loniie lieu.

Les relards oceasionnés pourles sif.^'iialiues. par réloiifiieiiieiil, (le plusieurs nieiiihres de la noblesse^ du l>ail!iai,'e <\r. (^répy, ont ouipèclK" la préseiilalioii de (wllc pirce, dans le moment le [)lus convenable.

I.e respect des soussignés pour la <iliand)re des Députés de la nol»lesse leur iutei'dit, depuis le jui>:ement qu'elle a porté, de la leur adresser rormellemeni : mais ils ont juii^é devoir cousiyuer dans cet acie déposé cliez

la l'ernie et intime persuasion où ils oui toujours été que la nomination de .Monseigneur le duc d'Orléans ne satislaisoit pas entièrement aux dispositions et à l'esprit du règlement, et que .M. le chevalier Le Pelletier de Glatigny étoit le député nonnué (l'inteulion et de fait.

Les soussignés (jui. par un principe de justice, ont réclamé le titre et les Ibuctions de député de la noblesse du bailliage de (Irépy aux Etats Généraux, en faveur de M. Le Pelletier, seul député qu'ils doivent reconnoître, non seulemeut par la raison que la nomination de Monseigneur le duc d'Orléans leur a été surprise, mais encore à cause du refus public fait, au jiom de S. A. S., par son fondé de procuration, ont cru devoir, par une suite du même principe, sans vouloir cependant porter aucun retard, et encore moins préjudicier aux opérations générales de l'assemblée de la nation et quelque soit leur respect pour le Prince, quelque confiance qu'ils ayeut dans ses lumières et ses intentions palriotiques, protester contre tout ce qu'il dira ou fera en leur nom aux États Généraux, déclarant que M. le chevalier Le Pelletier est le seul f[u'ils ayeut chargé de leurs i)OUvoirs.

Je déclare, couduc ayant été témoin de ce qui a donné lieu à cette protestation, que je la trouve fondée et de ce requis j'ai signé.

DE BiLLEHEUST DE SaINT-GeORGE , DuBOULET DES BlîOSSES DE SeRY, DuBOULET DE TÉRAMIM, le COMTE DE BOUR

SONNE, Breteaut, DE PÉuu (Chevalier), L'Huillier DE LA Chapelle, le comte de Janson, Neret, Desmars DE RozoY, DE MalntenanT; Benoit Desmars, DE Saint-Julien.

L'interprétation donnée à quelques expressions respectueuses de la lettre par laquelle j'avois l'honneur de rendre compte de ma nomination à Monseigneur le duc d'Orléans, a pu faire croire que je ne me considérois que comme suppléant. Cependant le sens de cette même lettre annonçoit assez que je me regardois comme le député de l'Ordre; et pour le confirmer encore, je ne puis qu'adopter les motifs de la Protestation cidessus, en ce qu'ils sont conséquents à mon élection et à la manière dont je l'ai toujours envisagée.

Signé : Le chevalier Le Pelletier de Glatignv.

i4 mars 1789. — Extrait du procès-verbal du ci-devanl bailliage de Crépy, duquel il résulte que M. Le Pelletier de Glatigny a été élu député-suppléant de l'Ordre de la noblesse aux Etats-Généraux. Collationné par le garde des Archives le 28 ventôse an viii.

1 0 septembre 1789. — Extrait du procès-verbal de l'Assemblée nationale. Lecture d'une lettre de M. Le Pelletier de Glatigny député-suppléant de Crépy-en-Valois, par laquelle il offre le prêt gratuit dune somme de 10000 livres.

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