Voir aux Pièces justificatives
CAMPAGNKS DH SON nHANn-PKHr-:. 5
ICi'tl. lialiiillr pi-rs Sc<l;in, dite liahiillc de l;i .M;irlVM', sir^'rs de N(Mircli:\l<';iii (Ml Lorraine, tic Mercd'iir, dl'lpiiml, dr \U\v siir- Moselh;, ilciiiii'cmonl, Dicuze, Joiivt!li(% du cliAlcau de (>liaiivirr pr^s de Laufîros, de Salins, l)ataille donnée au duc de Lorraines sur la ('(>sl(* de Disnic.
lOi-J. nalaillc d'Iloncourf, sous M. \v romle de (Juiche.
\GV.\. Balaillc de Rocroy, coiuniaud»'' par .M. le due d'Anguien, siège de Tlii(jnville.
i&'ti. Bataille des Montagnes-Noires, sièges de Philipsbourg, Vuormes, Landau, Maïance et Spire.
IGÎi). Bataille de Nordlingue, où il y eut dix-sept commissaires d'artillerie tués ou blessés et douze olFiriei-s subalternes. Le Pelletier y reçut un coup d'arquebuzade à la cuisse gauche et cstans resté sur le champ de bataille, trois cens chevaux lui passèrent sur le corps.
1646. Sièges de Courtray, de Lannoy et de Dunkerque.
16 i7. Sièges de la Bassez et de Lins où fut tué M. de Gassion le 5 mai 1617.
1648. Sièges d'Ypres, du château d'Estrées, bataille de Lens.
16 i9. Guerre de Paris, armée du Roy commandée par M. le comte d'Harcourt, sièges de Cambray et de Condé en Haineau.
1C50. Siège de Rethel, bataille de Sompuis en Champagne, siège de Bellegardé en Bourgogne.
1632. Siège d'Étampes, combat de Blôneau, bataille du faubourg Saint-Antoine, siège de Vervins.
1653. Sièges de Mouzon, de Bellegardé en Bourgogne pour la seconde fois, et de Sainte-Menehout.
1654. Siège de Stenay, le Roy y estans.
1635. Sièges de Landrecies, de Condé et de Saint-Guillain.
1636. Sièges de Valenciennes, de la Capelle et de la Fère.
1657. Sièges de Mardick, la Mothe-aux-Bois et Saint- Venant.
1658. Siège de Dunkerque et bataille des Dunes, où fut tué M. le maréchal d'Hocquincourt.
1663. Siège de Marsal.
1664, 1665 et 1666. La Paix.
1667. Guerre de Flandres, sièges de Douay, Courtray. Tournay, Oudenarde, l'Isle en Flandres.
1672. Guerre de Hollande, sièges de Buvick, Vezel, Orsoy, Rimbergue. Doësbourg, Nimègue, Utreckt, Dendeskan, Crèvecœur, Bommel, Anvers, Frise, Zudersen, fort de Skin, Grave.
1673. Siège de Maestrickt, où le Roy commandait en personne.
1674. Bataille de Sénef.
1675. Sièges de Condé, Bouchait! et Ayre.
1677. Sièges de Valenciennes, des ville et citadelle de Cambray.
1678. Sièges de Gand et d'Ypres.
1679. La Paix ou trêve pour vingt ans. Le Pelletier resta en activité de service jusqu'à sa mort survenue en 1689.
On voit par là qu'il a servy Tespace de cinquante-quatre ans, et qu'il s'est trouvé à 75 sièges, à 11 batailles et plusieurs autres occasions de guerre.
Il a épousé, en 1649 ', Françoise Chariot, d'une bonne famille de Rheims establie à Paris; son père, Pierre Chariot, seigneur d'Ouville, étoit commissaire ordinaire de l'artillerie. Quand on passa le contrai , le notaire ayant demandé à Le Pelletier sur quoy il assignoil le douaire de sa femme, celui-cy qui n'avoit pas beaucoup de biens répondit que c'étoit sur la garde de son épée.
Ce fut luy qui le premier s'établit en Picardie en acheptant, le o juillet 1668, du" sieur de Laistre, garde d'artillerie, une maison avec quelques terres situées à Saint-Sauveur, près Verberie en Valois. Il voulut avoir une habitation dans ce païs, à proximité de Paris, où il étoit obligé de demeurer pour rexercice de sa charge, afin d'y retirer ses équipages aii sortir de la guerre. Ses descendants s'y sont accrus et y ont acquis ce qu'ils y ont à présent.
Quelques avantures qui luy sont arrivées paroissent assez singulières pour être rapportées icy.
Alors qu'il demeuroit quay d'Alençon, dans l'isle Saint- Louis, il sortit un soir avec un homme (le sieur Loyauté de Béthisy) qu'il avoit nommé garde d'artillerie, pour le présenter au Grand Maître qui logeoit à l'arsenal. En passant quay des Célestins il fut enlevé et jeté dans un carroce par des gens masquez qui lui bandèrent les yeux. On le fit longtemps
1. Contrat passé devant Cartier et Ricordeau, notaires à Paris, le dernier jour de janvier 1649.
CAMPAGNES DK SON (iKAND-l'KItH. 1
roiilci' dans Paris itour le di^païscr, après (jMoi on l(^ fil ciilrcr dans nnc maison où des gens nias(|noz vinrent le reconiioisl w, ne luY disant mol ; ils luy servirent cependant à souper de; l'aijon à lui Taire croire (juil n'étoit pas dans une maison du commun. Le lendemain des gens masquez entrèrent dans sa cJKunbre, commencèrent à l'interroger sur ce (ju'il étoit et lui prirent toutes ses lettres. Enfin le jour suivant il entendit un carroce rouler dans la cour et quelques lems après, on fit entrer dans sa chambre une femme masquée qui pleuroit à gros sanglots et à qui on le fit voir, mais elle dit seulement : « Ce n'est pas luy », et le lendemain les gens masquez le remirent les yeux bandez dans un carroce et après l'avoir promené encore bien longtemps, le déposèrent dans la place où il avoil été enlevé.
On a toujours cru que comme il étoit bel homme de guerre et qu'il se mettoit toujours très bien, on l'avoit pvis pour un seigneur du quartier à qui il pouvoit ressembler, et qui avoit eu quelque aventure avec une fille de qualité. La famille avoil sans doute formé le projet d'enlever ce gentilhomme pour le contraindre à épouser la damoiselle épleurée ou l'assassiner s'il refusoit. Ces enlèvements dans le tems des guerres civiles éloient assez fréquents.
Une autre fois que Le Pelletier revenoit de la guerre avec son ami M. de Camlers, commissaire d'artillerie, il apprit à Soissons qu'un capitaine de cavallerie dont la compagnie avoit été réformée à la paix, avoit débauchez une partie de ses cavaliers, et qu'ils s'étoient mis à piller et à voler, de sorte que les chemins n'étoient pas libres et qu'il fesoit très dangereux d'aller plus loin. Plusieurs maréchaussées s'étoient jointes pour prendre ces gens, mais elles avoient été mises en déroute. Néanmoins les deux officiers d'artillerie s'hazardèrent d'aller chez eux voir leurs familles qui étoient à Saint- Sauveur, à sept ou huit lieues de là. Ils laissèrent seulement à Soissons leurs valets et équipages, et résollus et bien montés, connoissant le pais et prêts à se défendre en cas davanture,
ils poursuivirent leur route. Ils n'étoient pas à deux lieues de Soissons qu'ils virent venir de loin deux cavaliers qui avoienl en trousse beaucoup de bardes, et qu'ils reconnurent au portrait qu'on leur avoit fait, pour être le capitaine et son lieutenant. Ils prirent aussitôt la résolution d'attaquer les premiers, voïant bien que s'ils suivoient leur route, ils ne manqueroient point de tomber dans une plus grande bande. Ils allèrent donc jusqu'à ces hommes et tout à coup s'écartant à droite et à gauche de la chaussée, et mettant le pistolet sous la gorge des voleurs, ils les arrestent, leur font mettre pied à terre, et les conduisent à Soissons en les veillant de près. Ce fut une grande joie dans tout le pais que la prise de ces gens-là ; les deux voleurs furent rouez et brûlez, parce qu'ils avbient pris beaucoup de vases sacrez. On m'a dit que cette avanture étoit escrite dans les annales de Soissons ; il y a encore à la maison un sabre de damas et une carabine rayée prise à ce capitaine de cavalerie qui étoit, paroit-il, homme de condition.
Dans le tems que le roy bloquoit la ville de Paris qui étoit révoltée, Pelletier étoit dans l'armée du roy et sa femme à Paris, qui soulTroit de la disette. Il se déguisa en meunier avec quelques-uns de ses domestiques et quelques officiers et porta du bled à sa femme. Il se sauva heureusement, mais plusieurs de sa bande y restèrent.
Michel Le Pelletier mourut à Saint-Sauveur Geromesnil, près Verberie, âgé de soixante-quinze ans, le jour de Noël de l'année 1689, et est enterré dans l'église de Saint-Sauveur, sous les gradins de l'autel de la chapelle de la Vierge '.
Il avoit beaucoup de religion, étoit très charitable, sans hauteur ny faste. Il étoit de belle taille, la figure fort martiale, de beaux cheveux noirs qui devinrent blancs comme la neige à la fin de ses jours et qui étoient très longs et le faisoient remarquer.
1. Celte tombe, sur laquelle ses armes sont sculptées, existe encore.
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Il a laissé dcMix cnfanls, un (ilsa|)p(!lé Lauroiil-Micln;!, né en 16^)5, ol une filh", Calherinc Lo- Peliclicr, née en 1000 el mariée en 1078 à Antoine Bounlaizc, commissaire provincial d'arlillerie au (l(''j)arlem('nl cl commandement de Douay '.
I.Coiilral [)assc le 20 juillet 1078, dcvanl Ucsnolsel Glousicr, notaires à Paris.