CXX DE LA COMPOSITION DES MÉMOIRES
N** 8. — « Au camp de Charleroy, le 16** jaio, à 5 beures ^
c Quand j'ai reçu vos lettres j*étaisdans une furieuse peine. Elles me mettent un peu en repos et me font espérer que les premières nouvelles que vous m'enverrez seront bonnes. Je ne les recevrai de longtemps. Car je pars demain pour entrer dans le pa^fs ennemi, et si avant que tout le commerce nous sera ôté avec la France pour quelques jours. Vous saurez par où il faudra m'écrire. Je vous prie de ne perdre aucune occasion * de le faire et d*ètre bien assurée de mon amitié. »
Si on veut savoir quelle maladie a eue le Dauphin, on n'a qu'à le demander aux Lettres en vers que Ch. Robinet, le continuateur de la Muse de Loret, adresse chaque semaine à Madame, c'est-à-dire au public. D'après la lettre du 19 juin, la Reine, en revenant à Compiègne,
Y trouva le teint de lys
De notre Dauphin, son cher fils.
Caché sous un malin nuage
Qui couvrait tout son beau visage,
Et qu*a valent formé ces deux soeurs
Dont partout Ton craint les laideurs.
Une note imprimée en marge nomme la rougeole et la petite vérole.
Nous n'avons pas de lettre du Roi à la maréchale , du 16 juin au 28 juillet. Louis XIV reste à l'armée jusqu'à ce que les places de Tournay et de Douai soient prises, la première le 25 juin, la seconde le 6 juillet. Le 8 juillet,