V. t. I, p. 39. — [Toute la terre en inquiélade
La terre, le monde, l'univers, ne cessent en effet de s'inquiéter, d'être troublés de tout ce que fait Louis XIV ; c'est un Jupiter Olympien. Plusieurs expressions analogues à celleci reviennent bien des fois.
Une réflexion sensée, mais fort ordinaire, est comprise dans l'article suivant, qui aurait pu figurer dans plus d'un développement.
V. t. I, p. 48. — Ce n'eit pas assez de penser anx affaires présentes, il 8*en faut préparer pour l'avenir. Les desseins que l'on prend à la b&te ne sont jamais bien digérés. Quand on y pense avant le temps , on a le loisir de les diriger (?).
Voici la nouvelle étrangère, qui est seule intéressante.
V.t.lfp. 41. — Le prince d'Orange, renonçantaux Intérêts d'Angleterre, s'est absolument abandonné au gouvernement des états qui l'ont adopté et lui ont 6lé ses ancleni» offleiers, et lui en ont donné de nouveaux. Il m'a fait aussi témoigner qu'il voulait 6tre mon serviteur comme ses pères l'avaient été.
Cette nouvelle est parmi les articles du 15 mai. La résolu-* tien des états de Hollande qui charge De Witt, le conseiller pensionnaire, de la surintendance de l'éducation du prince, âgé alors de seize ans, est des 10 et 15 avril. Sa grand'mère, la princesse Amélie d'Orange, s'était laissé jouer par le parti républicain et français. On éloignait du prince tous ceux qui étaient suspects d'attachement pour l'Angleterre ; il ne put
148 MÉMOIRES DE L*ÀNNÉE 1666.
obtenir de conserver son gouverneur, le seigneur de Nassau- Zuilestein, son oncle, c Enfant d'État > , il dut se résigner au changement qu'il avait essayé de conjurer en suppliant le comte d'Estrades, l'ambassadeur de Louis XIV. Louis XIV écrivit bientôt à son ambassadeur le 6 mai : « Je ne doute pas que le nouveau gouverneur cherchera à inculquer dans ce jeune esprit de bons sentiments pour ma couronne, tels que je puis les désirer. » Mais déjà d^Estrades avait bien jugé le futur ennemi de la France : « Il est fort dissimulé, écrivait-il à De Lionne le 32 avriU et n'oublie rien pour parvenir à ses fins\ • Je ne me rappelle pas que les Mémoires aient nulle part utilisé ce curieux article.
Une réflexion hardie accompagnait Tarticle sur la réforme de Tordre de Citeaux.
V. 1. 1« p. 47. ~ [Réflexion de rinutililé des moines. Ceux qui serronl pour ies âmes, les distinguer. Double mal arrive de la dissolution des moines : la difformité et le scandale public. L'attrait pour faire entrer plusieurs personnes dans cette profession, inutile par soi, stérile pour le bien d'un État...]
Elle se continue encore pendant quelques lignes, auxquelles nous renvoyons. Négligée par le rédacteur quand il a développé Taffaire qui regardait Tordre de Citeaux, elle lui reviendra sous la plume dans les Mémoires de 1667, à propos des vœux de religion. Elle sera même là mieux à sa place. Étendue, et comme noyée dans de longues phrases, elle n'aura plus la vivacité et le ton âpre de ce premier jet.
1. V. le début du 2* vol. de Guillaume lll ei LouU XIV, par le baron de Groveftins, 18&5, ln-8*.
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