‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissementsChapitre 97 sur 280 · DE LA EESTITUTION DES TEXTES · texte numérisé non relu

DE LA EESTITUTION DES TEXTES

L'année 1666, aTec \tê textes que nous avons retroarés et raj^proehés, est de beaneonp la phis riche et la ptns Intéressante : les réflexions y abondent, et le dernier rédacteur qni a sn mettre en ordre des faits et des idées laissés, depuis les Feuillets primitifs du Roi, dans une étrange confusion, avait largement de quoi choisir. Les parties de texte qu'il a élaguées et que nous avons reproduites isolément, prouvent la fécondité, sinon la vigueur et la Justesse d'esprit de eeux qui avaient tenn la plume avant lui.

Un travail analogue, mais moins étendu et moins curieux, nous est offert pour Tannée 1667. Il y a eu au moins trois rédactions successives, et nous ne sommes pas assuré, eomme nous l'avons été pour 1 666 , que la troisième soit hi dernière : elle présente encore, en effet , assez peu d'ordre; elle est tantôt maigre, tantôt emphatique et creuse. Le récit des faits , qui sont plus nombreux depuis l'ouverture de la campagne de Flandre, manque de couleur; les réflexions n'ont pas gagné en solidité. Il ne faut pas demander si elles sont, comme en t€66, exclusivement monarehiques ; elles ont encore pour bat la glorification des qualités et l'atténuatioci des fautes royales.

U est regrettable que le texte primitif, le texte A, ne nous soit pas arrivé entier. Les nombreuses parties qui en restent

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prouvent qu'il suivait de près le Journal du Roi ; elles en pro* cèdent directement. Nous aurons plus d'une fois occasion de remarquer que certaines idées du Journal, omises dans les autres rédactions, avaient trouvé place dans le texte A. La même observation était à faire pour le premier texte de 1666. Seulement, en 1667, il y a moins de désordre, moins de redondance et de remplissage.

Ce premier texte était cependant*plus développé que les deux suivants : car le second et le troisième, tous deux complets, n'ont chacun que six cahiers; le premier en avait peutêtre le double. Le début du texte A, comprenant deux cahiers, nous manque. Voici les autres, d'après le même Msc, in-f», Suppl. Fr. 2381, 1. 111. Us portent en tête un u** d'ordre. Ils sont tous d'une même écriture , longue, irrégulière et courue, ressemblant un peu h celle de Louis XIV; ils pourraient être de la main du secrétaire Rose. Quant à l'écriture véritable du Roi , il y en a des traces seulement dans le 6* cahier; nous les relèverons. Voici donc les cahiers numérotés: 8, f« «66-372; 4, f^ 324-831; S, P* 382-839; 6, {•• 171- 178; 7, f»» 840-347 ; 8, f»* 348-355; et 9, f» 366-364. Il semble que le 6* cahier, malgré la concordance parfaite d'écriture, appartienne à un texte plus ancien que les cahiers 4 et 6, puisque le T 171 r* contient un essai fort raturé de développement, qu'on relit, mis au net, au v* du f^ 830. Le 6* cahier s'achève donc avec ce qui faisait primitivement le début du 6«. Toutefois, le 6* se renoue intimement au 7*; celui-ci commence au milieu d'une phrase, dont les premiers mots achèvent le cahier précédent, f* 178 v"". « Avant que de me déclarer ouvertement contre la maison d'Autriche, il eût été bon d'être assuré des Suédois; mais, de l'autre... >, fo 340 r"". Les cahiers paraissent complets, chacun en 8 f°'; le dernier en a 9. Pour le 7% je suppose que les i^ 343-347 doivent venir à la suite des f»* 840-342, bien que les faits qui y sont développés ne soient pas Juxtaposés de cette manlèredans lesrédactions suivantes, pas plusque dans le Jour-

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liai. A ces 9 cahiers, qui porteotchacun ud numéro» j*ajoiiterai QD fragment isolé, extraitdu t. lMsc.,f^ 124-131, formant aussi no cahier de 8 f**, qui semble appartenir à cette rédaction primitive. Il est tout entier consacré au développement d'une réflexion mentionnée dans le Journal, énoncée, aussi sur un f^ à part à la suite du Journal : « S'il faut que le Prince parie à tout le monde. 9tir les communications familières des princes.» Cette idée figure dans les textes postérieurs, B et G^ de 1667 ; elle sera reprise en 1668. La forme est seulement un peu différente dans le texte primitif (f<» 124-131 du 1. 1). Si nous attribuons à ce fragment le rang de 10* cahier, comme nous ne touchons pas avec lui au terme des textes B et G, on doit supposer que le texte primitif, pour embrasser le sujet entier, a eu encore environ 2 cahiers, soit 1 3 en tout, à peu près le double de l'espace occupé par les textes pos« térieurs.

LetexteBa6cahiersaut.IIIduMsc.,^*227-276;le !•% f 22T ; le 2% ^ 235; le 8% ^243 ; le 4% r 261 ; le 5% ^ 259 ; le 6«, f^ 267, tousde 8 f^« G'est une écriture de copie, longue et large, d'abord assez mauvaise; récriture change un peu dans les dernières pages du 6* cahier. On voit le travail du correcteur sur ees pages, dont les phrases sont longues, traînantes, sans vigueur; quelquefois la disposition générale est changée. Il y a beaucoup d'additions et de retranchements ; les corrections se multiptfent vers la fin. Les changements opérés ici sont la base de la troisième et dernière rédaction.

Le textcGestécritdelaméme main; c'est une très-belle copie, presque sanscorreotion, en 6 cahiers, chacun de 8 Î^,U III du Use. , f^ 2/7-323. On y reconnaît, en deux ou trois endroits, des mots changés de la main de Louis XIY , ce que nous n'a'vions pas vu , nous nous le rappelons, sur le texte définitif de Tannée 1666. Une dernière retouche, dans le genre de celle qu'a subie te texte de 1666, n'aurait pas été inutile à celui-ci. Il n'y a trace nulle part d'un dernier travail vraiment définitif.

f 14 IrïEMOClIBS POUR 1<(67«

Cmt ce troisième texte qw Téditeyr de 1806 a adopté (t. II des OEuvres de Louis XIV ^ p. 960-389). Il rdève, en outre, quelques variantes empruotées aux textes préeédents, et fait suivre sa rédaction d'an assez long mor-» eean , qoe nous reconnaissons dans 1^ cahiers S et 4 de la première composition. Nous sommes bien forcé, fHite de mieux, de prendre comme base ce iftéme texte C, que nous interpréterons à l'aide des deux compositions antérieures. Mous formerons, comme pour l'année 1666, un Supplément ou Appendice des morceaux les plus importants, les plus bngs, ou les plus chargés de corrections, qui ne peuvent pas prendre rang seulement, à titre de variantes, au bas des pages.

Il est un morceau isolé, qui n'a place dans aucun de cet trois textes, et que l'éditeur de 1806 a arbitrairement intercalé au milieu du texte C, qu*il copie : il s'agit de la donation officielle du duché de Yaujours à mademoiselle de la Yallière^ et de réflexions développées sur les favorites des rois. Ce fragment, très-curieux, est en double dans le t. III du Msc. C'est d'abord un brouillon, écrit de la même naain dont nous avons déjà signalé quelques pages remarquables dans les Mémoires de 1666, au sujet des prétentions et des biens du clergé (V. n"" 19 du Supplément aux Mémoires de cette année p. 76 et suiv.); au sujet < du libertinage des gens de guerre et des diverses conditions de la société » (V. n* 80 du même Supplément, p. 139 et suiv.) : la même main fait les principales corrections des divers textes de 1 666. Cet écrivain n'est autre pour nous que M. de P^igny, dont nous tirons un morceau hardi sur les bénéfices de rÉglise , qui s'adapte aux Mémoires de 1662. L'écriture ne ressemble en rien à celle des textes A, B et G. Les lignes sont Irès-serrées ; les lettres plus rapprochées les unes des autres. C'est la main qui se montre dans les corrections des textes de 1667, comme dans celles de 1666. Le brouillon occupe deux f^, singulièrement juxtaposés dans le volume Mae* C'est

RESTITUTION DES TEXTES. Si S

d*abord le f» 376, pais le f» S76, placé pour la reliure, on ne sait pourquoi» avant Tautre dont il est la eootinuation. Outre le brouillon, on a, f» d73 et 374, une copie de ces mêmes pages, d'une assez belle écriture ayant quelques traits communs avec celle de Périgny ; c'en est comme une imitation soignée. On la retrouvera dans la table des câblera de 1661. Elle se rapproche de réerlture du texte définitif des Mémoires de 1666. Cette copie n*a que peu de cofrectiont.

Nous trouverons à ce fragment, tout à fait à la ftn des Mémoires de 1 666, une place plus convenable que celle que lui a attribuée Tédlteur de 1806.

L'analyse ou table que nous plaçons en avant du texte se ressent peut-être un peu des allures indécises, fncertaines de la composition elle-même. Nous avons fait effort pour en bien saisir les divisions générales, sans prêter au rédacteur un esprit plus logique et plus rigoureux que celui qu'il a montré en effet : autrement, c'eût été substituer à son travail un autre travail purement artificiel. Autant que possible, nous empruntons les termes de l'analyse aux Feuillets ou au Journal du Roi.

Les Mémoires de 1667, tels que nous les présentons, doivent leur nouveauté d'aspect et leur intérêt, moins au texte G déjà connu , que nous rectifions seulement en quelques endroits , qu'aux parties des textes antérieurs qui nous fournissent les Variantes et le Supplément. Par les parties nouvelles, on se fera mieux une idée de l'influence qu'exerçaient sur lerédaeteor les Feuillets el le Journal; ellesajoutent aussi certainement à \m valeur poUUqiie et littéraire de l'ensemble de cette étrange covnpoaltioo.

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