‹ Mémoires de LouvetChapitre 14 sur 109 · XXVI PIERRE LOUVET · texte numérisé non relu

XXVI PIERRE LOUVET

ancienne, relative à Louvet, conservée dans les riches archives du château de Troussures, est ainsi Ubellée : «.... Au registre de la Trinité commencé en 1612, f* 22, v**, il est dit (Pierre Louvet) âgé de 8 ans, à la garde de Jacques Lorain, demeurant à Saint-Jacques; a été reçu le 14 février 1622 '. De l'Hôtel commun de la Trinité, il fut mis, par la charité particulière de M*" Nicolas Tristan, lieutenant civil du comté, à l'instruction au collège. Servit ensuite de garçon à l'archidiacre Tristan durant sa licence, puis se mit à courir le païs... »

Il faut croire que Louvet montra dès son plus jeune âge des aptitudes particulières pour l'étude qui le firent distinguer par son protecteur, et sa longue carrière, toute de labeur, n'a été que la continuation d'une jeunesse studieuse. Comme on le verra plus loin, ces dons naturels étaient accompagnés d'excellentes qualités du cœur et la reconnaissance n'était pas une des moindres vertus de cet honnête travailleur. Un demi-siècle après, Louvet n'avait point oublié ses bienfaiteurs; il s'exprime ainsi dans la dédicace de l'un de ses ouvrages à Léonor Tristan * :

... Je dois avouer par une confession autant sincère qu'elle doit estre publique, que je dois mes meilleures estudes aux soins favorables de vostre bonté & si j'ay quelque rayon de connoissance dans les belles Sciences, je Tay tiré de Monsieur l'Archidiacre vostre frère, comme d'une source inépuisable lors que j'essayois de profiter de ces grandes leçons de Sagesse qu'il donnoit dans la Sorbonne enseignant la Philosophie.

Louvet fit ainsi ses études classiques à Beauvais et sa philosophie ^ Paris. Depuis lors, et pendant presque toute sa vie, il se mit véri — tablement à <( courir le païs ».

primitive adoptée pour cet établissement hospitalier, une chapelle appelée chapelle de la Trinité. (Comm. de M. Vuilhorgne.)

1 . La rédaction de cette note est assez confuse. Si Pierre Louvet est entré à la Trinité en 1622, Agé de 8 ans, il serait donc né en 1614 ? — Faut-il lire que c'est à Tâge de 8 ans qu'il fut mis au collège?? Quoi qu'il en soit, il est certain que cette note se rapporte à Pierre Louvet, médecin et historiograplie.

2. Léonor Tristan, grand bailli de la ville et comté de Beauvais et Claude Tristan, doaeur en Sorbonne et archidiacre de cette même ville, étaient fils de Nicolas Tristan, lieutenant-civil du comté de Beauvais, mort en 1648, âgé de 70 ans.

XXVm PIERRE LOUVET

avec celles de régent secondaire, jusqu'en 165 1. Il avait voué un culte à la ville de Sisteron, qu'il appelle, à différentes reprises, sa seconde patrie. Dans le langage précieux du temps, il exposait ainsi, quatone ans plus tard ', les raisons qui avaient déterminé son choix. Elles paraîtront sans doute quelque peu hyperboliques ; mais lorsque l'on connaîtra mieux notre personnage on ne doutera pas de sa sincérité.

Si j*ay choisi ma demeure à Sisteron, ce n'a pas esté pour Taspreté des Montagnes, ça esté l'ambition que j'avois d'acquérir quelque renom pannylc monde, & comme je me voyois beaucoup inférieur en cela, j'ay cru que la réputation de cette si célèbre ville qu'on peut appeler une escole et une pépinière de bons esprits, me Ta fait faire afin de profiter, parmy tant de bonnes testes, de quoy pouvoir un jour paroistre & à n'en point dissimuler la vérité, c'est là où j'ay le plus profité dans mes études, parmy la conversation des aussi célèbres Prédicateurs qui soient en France, des sçavans Magistrats qui mériteraient d'estre dans des Cours souveraines, de tant de Fameux Advocats qui font tous les jours paroitre à l'envy qui fera mieux retentir le barreau ; & en un mot de tant d'honorables personnes qui font profession des belles lettres, & qui composeroient une aussi belle Académie des bons esprits qu'autre ville qui soit en France.

Il établit donc sa maison à Sisteron ; sa femme et ses enfants y séjournaient pendant ses nombreuses absences.

Louveta dû se marier vers 1647, il épousa Marguerite Achard, dont la famille paraît être originaire des Hautes-Alpes *. Une partie des

ron relatifs aux fonctions de Louvet comme régent du collège. Une des plus curieuses de ces pièces est le bail passé entre le consulat de Sisteron et Louvet pour la régence du collège pendant l'année 1644-45. Louvet s'engage « de bien et duement exercer ladite charge de régent avec tout le soin et dilligence requize et nécessére, et faire lecture publique aux lettres luimaiMes et sellon la capacité des cscolliers dans ledit coUègc à tous les jours et heures acoustumées et à toute personne qui les voudront enthendre, soit de la ville ou estrangers, sans rien prandre d'iceux pour les dites lectures publiques... et ce pour et moyennant le gaige de deux cens nonnante quatre livres de l'ordonnance paiable carton par carton... à la charge et condition que le dit M« Louvet .sera tenu prandre pour la seconde classe M^' Pierre Monjesî>e, pour la troisième M^" Anihoine Revel, et pour la quatrième M^ Pierre Planchon... ausquelz pairra les gaiges à l'acoustumée moyennant la susdite sonmie aussi carton par carton... »

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