LXIV PIERRE LOUVET
Le petit volume contenant la vie de saint Tyrse et celle des saints Marins et Donat, patrons de Sisteron, n'est point un ouvrage de recherches historiques. C'est un livre de dévotion destiné à stimuler la piété des habitants de Sisteron envers saint Tyrse, principal protecteur de leur cité. Les origines de ce saint personnage sont inconnues. Quelques-uns de ses panégyristes le font naître en B)rthinie, d'autres, plus vraisemblablement, en Espagne, à Tolède, où plusieurs ^lises furent érigées en son honneur. Il avait embrassé la carrière des armes, et fut mis à mort pour la foi à Apollonie de Phrygie, vers l'an 251, sous l'empereur Décius. Son martyre fut accompagné de nombreux prodiges; après avoir subi les plus horribles tourments et lassé ses bourreaux, il eut la tête tranchée. Ses restes furent d'abord déposés à Milet, puis en un lieu proche de Constantinople où une église lui avait été élevée. Longtemps après, une partie de ses reliques fut apportée en Europe ; Limoges et plusieurs villes d'Espagne en possédèrent des fragments. Saint Tyrse était honoré à Cologne et dans le diocèse d'Autun. Comment est-il devenu le patron de Sisteron? Louvet n'apporte aucun éclaircissement sur cette question ; il ne nous dit pas davantage à quelle date remontent les premières manifestations de ce culte en cette ville. La seule explication qu'il présente n'est digne ni d'un historien, ni d'un érudit : « Je ne doute pas, que ce ne soit été quelque inspiration secrète du Saint-Esprit qui Tait fait prendre pour patron à cette ville, à laquelle il semble être légitimement deu selon l'anagrame du nom de Sisteron, qui ne dit autre chose que Son Tyrse. » Plus loin, il assure que Sisteron a possédé le corps de saint Tyrse ; c'est une pieuse et respectable tradition, mais qui n'est appuyée par aucun document.
vm
Pendant les dernières années de sa vie, de 1673 ^ 1680, Louvet fit
preuve d'une activité prodigieuse; outre le Mercure Hollandais , la
' France dans sa splendeur ^ V Histoire de Provence et la Vie de saint Tyrse^ il
exemplaires de sa Vve de S^ Tiers portés par la dite délibération, dont nous en avons distribué un conformément à icéle, y en ayans vingt reliés en bazane et les autres en papier marbre.