‹ Mémoires de LouvetChapitre 38 sur 109 · SA VIE ET SES TRAVAUX LXVII · texte numérisé non relu

SA VIE ET SES TRAVAUX LXVII

tablement doué pour les études historiques. A ces qualités, qui ne suffisent pas pour constituer un historien, se joignaient malheureusement de graves défauts. Sa curiosité était trop souvent sans discernement et ses procédés de critique presque toujours insuffisants. De plus, il ignorait trop l'art de la composition et du style.

« Louvet n'avait à aucun degré conscience de ce qui lui faisait défaut. Il a, sans hésitation, abordé l'histoire locale, provinciale, générale, et la postérité a été sévère pour lui. Certes, il n'est pas permis, à notre époque de critique impitoyable, de dire que cette sévérité ait été injuste, mais il convient de ne pas oublier que presque tous les historiens de son temps méritent les mêmes reproches que lui. Et à l'heure actuelle, dans cette fin de siècle où l'érudition a tant de représentants, où chaque département compte plusieurs « cénacles » d'historiens et d'archéologues, le plus grand nombre de ceux qui se donnent pour mission de nous présenter le tableau du passé sont-ils assurés de lui être supérieurs ou même de posséder les qualités qui furent les siennes? »

Je me plais à espérer que ces quelques pages dans lesquelles j'ai essayé d'entourer d'un peu de lumière la figure si eflfacée de l'historiographe de la Grande Mademoiselle et de faire connaître ses travaux et ses livres, permettront d'accorder à Pierre Louvet une place honorable parmi les annalistes de notre pays.

LÉON Galle.

Montribloud, 21 octobre 1902.

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