ANNE-MARIE-LOUISE D'ORLÉANS
par la grâce de Dieu souveraine des Dombes, princesse de
La Roche-sur- Yon, dauphine d'Auvergne, duchesse de
Montpensier, de Saint-Fargeau et de Châtellerauh,
marquise de Méziéres, comtesse de Mortain
et d'Eu, vicomtesse d'Auge et de
Domfront, baronne de Beaujolais,
première pair de France, etc.
Mademoiselle,
Ce n'est pas faire un présent à votre Altesse Royale que de lui présenter cet ouvrage, il lui appartient trop pour oser se montrer au jour sous un autre appui que le vôtre et il serait mal soutenu si\ ayant à se produire dans le monde, il y cherchait un moindre asile. En lui offrant /'Histoire du Beaujolais, je lui offre un fruit de son domaine et lui paye un tribut de ses propres biens. Ce que j'y ai mis du mien nia longtemps fait appréhender de l'exposer à la princesse du monde la plus éclairée, et la témérité de mon entre-
prise ne m est pas si bien cachée que je ne nie la reproche souvent en secret. Mais les vives lumières de votre esprit qui faisaient vwn appréhension ont fait ma résolution et ma hardiesse; elles m sont pas de celles qui ne font qu éblouir et découvrir les taches, ce sont des brillants qui purifient en éclairant et qui fortifient les faibles. Flatté de Pespérame de quelqu'une de ces influences favorables, fui osé chercher votre protection; je sais, Mademoiselle, que si votre Altesse Royale me fait l'honneur d'agréer ce petit travail, un àe ses regards le mettra au-dessus de toute la censure, et il ne se trouvera personne qui entreprenne de condamner ce quelle aura imk favoriser de son approbation. Un ouvrage n'est jamais mieux appuyé que quand vous le soutemT^, vos raisons sont extraoràinairement fortes, et vos paroles donnent tant de Jiouvelles grâas à vos raisons quune chose devient imontestable quand vous emplose\ votre éloquence pour en découvrir les beautés ou pour en cacljer les défauts. Ce privilège singulier vient de la splendeur de votre esprit qui jette des lumières si éclatantes et si vives que les yeux de toute l'Europe ne les sauraient soutenir. Mais il vient aussi de cette générosité, que le sang, qui a passé par les veines de tant de rois pour venir jusqu'à vous, a rendu inséparable de votre personne ; cette vertu vous est devenue si fiaturelk que, pour suivre l'excellence de toutes ses maximes, votre Altesse Royale n'a besoin que de se laisser aller an penchant de cette noble inclination qui Fanime. Plusieurs sont obliges de se vaincre pour faire quelquefois de Ixjnnes actions, mais Elle a besoin, an contraire, de se surmonter incessamment avant que de ncn point faire à toute heure, et, au lieu que très souvent les actes généreux ne sortent des princes de la terre que
ne um rosà qui tombe goutte à goutte, on les voit couler sans ruption de votre cœur, comme une rivière qui tient à sa ce et cette source demeure inépuisable. L'attrait de cette honte est le crayon de celle de Dieu, et se tient exposée aux yeux de r la Frafwe m'a ôté la vue de ma faiblesse. En vous offrant production de mes études, je ne doute pas qu'il ne s'y trouve défauts, afin de vous laisser la gloire de les pardonner, mais y en aura jamais dans la vénération et dans la parfaite fidéivec laquelle je suis.
Mademoiselle,
DE VOTRE Altesse Royale,
le très hwuhk, très obéissant et très fidèle serviteur,
Pierre Louvet.
Les notes précédées des lettres B, C, D, G, J, L, T, V, sont soit des variantes, soit des notes marginales provenant des manuscrits signalés dans rintroduction.
H, ms. de la Bibliothèque nationale.
C, ms. de M. le vicomte de Charpin-Feugerolles.
D, ms. de feu M. le comte Douglas.
G, ms. de M. Léon Galle.
J, ms. des RR. PP. Jésuites de Lyon.
L, ms. de la bibliothèque de la ville de Lyon.
T, ms. de M. H. de Tcrrebasse.
V, ms, de la bibliothèque de la ville de Lyon, fonds Coste.
ou IL ESI' TRAITÉ DE L'ORIGINE DU PAYS ET DE SES SEIGNEURS, TANT DE LA MAISON ET DU NOM DE BEAUJEU aUE DE BOURBON.