‹ Mémoires de M. de La Rochefoucauld, duc de Doudeauville$h6$iDe la Seconde Restauration à la mort de Louis XVIII, 1815- septembre 1824Chapitre 26 sur 93 · CI-: QUE FAIT LE GOUVERNEMENT · texte numérisé non relu

CI-: QUE FAIT LE GOUVERNEMENT

seul nous appartient et l'avenir est entre les mains de M. le duc de Richelieu; oui, noire avenir, celui de la France, de la monarchie, de la religion, du roi, de la légitimité. 11 peut encore en décider, et la reconnaissance peut faire place au désespoir.

« Des exagérés sont, sans doute, des hommes dangereux qu'il faut comprimer; mais ils ne peuvent jamais former un parti tel qu'il soit utile de les proscrire. Tenir la balance égale entre tous les partis est une théorie spécieuse d'une impossible exécution. En effet, ne devrait-on pas, d'après ce système, chercher également, dans chaque parti, les éléments du gouvernement; c'est-à-dire prendre, pour soutenir l'autorité, des hommes dont le but sera constamment de renverser tout pouvoir qui n'est pas le leur?

« Les royalistes, sous un ministre aussi royaliste que M. le duc de Richelieu, seront-ils réduits à s'appeler un parti? Et ne craindra-t-on pas de regarder comme ennemis, ceux dont toutes les pensées, tous les sentiments sont au roi et à son légitime successeur? Se croira-l-on forcé de les opprimer, permis de les proscrire, pour régner avec des hommes véritablement de parti et qui, n'ayant qu'à gagner à de nouveaux troubles, voudront constamment tout ce qui pourra nous y conduire? Les royalistes doivent être les principaux éléments de tout gouvernement sage; ils sont les soutiens du trùne; qu'ils soient donc les amis de M. le duc de Richelieu, qu'ils deviennent ses auxiliaires, et qu'il fasse d'eux l'Ame de son gouvernement! Vouloir marcher sans eux, c'est exposer la ïrance à des malheurs inévitables, et prendre sur soi une effrayante responsabilité. Quo M. le duc de Ri-

u. Il

chelieu marche à leur tète; ils le suivront avec confiance, sans jamais' l'abandonner, et alors il jugera si de pareils auxiliaires doivent être dédaignés!

« Comment un ministère peut-il gouverner, sous un gouvernement représentatif, sans une majorité toujours assurée; et où la trouvera-t-il, si ce n'est chez les royalistes.

« La loi des élections a conduit la France sur les bords d'un abîme; il n'est pas un homme sage qui n'en convienne. En proposer une autre paraîtrait le gage le plus indispensable à donner à ceux qui ne veulent que le salut de la France.

« Par qui la vérité arrivera-t-elle au trône, si ce n'est par celui sur les intentions duquel on n'osera jamais élever aucun soupçon, quelque ténébreux que paraisse notre avenir? »

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