‹ Mémoires de M. le comte de VaublancChapitre 7 sur 36 · J72 MÉMOIRES · texte numérisé non relu

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pensif, le comble de Tabsurdité humaine; il voulut que le roi ertt le droit de paix et de guerre, et qu'il pût commaudfT les armées; il s'opposa à la loi sur l'émigration; il combattit la démarcation d(; la France en départements; il demanda, la chose la plus importante , que le roi p»H prendre ces ministres parmi les députés. Il succomba dans toutes ces questions, et toujours devant de misérables petits rivaux. Ainsi donc la vérit<ible gloire de ^lirabeau lut d'avoir soutenu les princi|)es monarchiques; mais les discours écrits et qu'il lisait a la tribune ne répondaient point à la force des discours destructeurs qu'il prononça d'abord. J'entends dire tous les jours qu'il Taisait ce qu'on appelle si ridiculement improviser. Non , il n'improvisait pas, excepté dans les discours véhéments et courts dont plusieurs ont produit tant de mal. Dans les autres occasions il lisait les discours écrits par Clavière , iJumont de Genève , Ramon et un autre dont le nom m'est échappé , qui depuis ce temps fut secrétaire du prince de Kaunitz. On sait qu'il avait promis au roi et à la reine de soutenir leur cause chancelante ; il débuta franchement par quelques discours. Interrompu un jour par la troupe agglomérée des factieux , il s'écria, en les regardant avec hauteur: aSi/ence! les trente voix! ï) Mots énergiques et éloquents, qui désignaient leur petit nombre et leur déclaraient la guerre.

Quelques jours après cette déclaration, il eut l'imprudence d'aller à la société des jacobins et d'y parler suivant les vrais principes du gouvernement; il succomba devant Alexandre de Lameth , qui l'accabla en lui opposant les déclamations démagogiques. Sa force fut dans leur déraison et dans les applaudissements d'une multitude de factieux ; car d'ailleurs personne ne parlait plus mal que cet Alexandre. 11 était verbeux et traînant , et empruntait toute sa force de la démence qui l'applaudissait.

L'abbé Maury fut le constant antagoniste de Mirabeau. Il avait raisoQ de le combattre lorsqu'il détruisait la monarchie , mais

a aurait di\ le soutenir lorsqu'il revenait aux bons principes. Maury parlait beaucoup, avec facilité; il ne lisait jamais; mais son élocution, ses pestes, le ton de sa voix annonçaient rarement une profonde conviction de ce qu'il disait. Il semblait ne parler que pour "remplir un devoir qu'il s'était' imposé. Sa physionomie peu expressive ajoutait à cet air d'indifférence.

Cazalès, au contraire, ne parlait qu'avec une véhémence inspirée par de profonds sentiments. Ses gestes , son ton de voix, toute sa personne étaient d'accord avec cette conviction, et pénétraient les cœurs de toutes les persoinies qui l'entendaient. Malheureusement il parla très-rarement ; mais du moins ne fit-il pas la cruelle faute des cinq cents députés qui s'absentaient toujours; il resta constamment à son poste.

On a souvent examiné si Mirabeau aurait pu relever la monarchie si kl mort ne l'avait arrêté. Non , il n'aurait pu y réussir par rAssemblée. On ne persuade jamais des Français pour le bien : il l'avait éprouvé; on les entraîne aisément au mal : il l'éprouva aussi. Mais il était capable d'action. On ne peut mettre des bornes au pouvoir d'un homme dominé par une énergique volonté. Cependant, pour agir avec succès, il faut une position qui donne de l'autorité. Tous les hommes qui, dans l'antiquité, ont été assez forts pour renverser ou soutenir les lois , commandaient des armées ou étaient à la tète du gouvernement. C'est ainsi que Cromwoll parvint à la |)uissance , et ainsi des princes d'Orange , et de même de Bonaparte. Mirabeau n'aurait pu être ministre : une loi faite par des imbéciles défendait au roi de le nommer. Il n'aurait pu conunander les armées. Je ne conçois qu'un seul moyen : c'eiU été d'entraîner T.ouis XVI h une action constante et vigoureuse, connue le connétable de Kichejnont entraîna Charles VII. Mais quelle différence entre ces deux rois! Charles, à quinze ans, avait instruit la France et l'Europe de la résolution la plus magnanime, de la résolution de ne jamais pardonner au puissant duc de Bourgogne la mort du dur d'OrK ans.

De quchjiic iiLinurc (jiron <'nvis.'i(^<î Icschosr-s, on \tv fM-iit voir qu'un seul iiutcurdes malheurs de î»uis XVI et des nôlre«: (m; fui le vertueux Louis XVI. S'il lui victime de ses vertus, eombieu de nullions d'hommes eu furent aussi victimes et le seront encore, avant que puisse se refermer l'aljîuje (juil a creusé sous la France!

l*armi les causes nombreuses qui le perdirent, il faut compter la malheureuse éducation (}ui l'éloigna de toute «espèce d'action militaire. Je me raj)pelle que, dans les premiers jours du Consulat , après une revue des troupes faite par Bonaparte sur la place des Tuileries, j'en parlai à M. Suard, de l'Académie française, et je lui dis que Bonaparte montrait ainsi qu'il était toujours prêt à se défendre l'épee a la main. « Kh bien ! me répondit naïvement ]M . Suard , nous pensions différemment , nous autres; nous voulions que le roi n'eût rien en lui de militaire, et qu'il n'en portât jamais l'habit. » Eu parlant ainsi , cet homme d'esprit empmntait le langage de Ihumainc philosophie, et rappelait la grande faute commise dans l'éducation de Louis XVI. Elle fut fortifiée par l'habitude, et, tiuidis que nous voyons un jeune laboureur braver la mort en mettant l'uniforme , d'aveugles pédagogues imposaient à un prince l'obligation de nejamais porter l'habit militaire.

Nous eûmes en 1792 une forte preuve de l'abattement sous lequel peut gémir une àme royale froissée par une si détestable éducation. M. de Narbonue, ministre de la guerre, détermina le roi, avec bien de la peine, à passer en revue trois excellents bataillons de la garde nationale de Paris. Il ét^iit à pied , en habit de soie , avec la bourse noire et les bas de soie blancs. Après la revue, un notaire, qui, je crois, se nommait Chaudron , sortit des rangs et dit au roi : « Sire , la garde nationale serait bien honorée de voir Votre ISIajesté porter son uniforme. — Sire, dit aussitôt M. de Tsarbonue, ayez la bonté de faire cette promesse. Avec cet uniforme , à la tète de ces trois bataillons de braves, vous détniirez le repaire

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des jocobins. » Le roi, après iiiUMnimitc de réflexion, répondit : " .rexaiTiinenti dans mon conseil si la ('.(institution me |)erniet de porter l'habit de garde national. » Cette nj)onse me rappelle celle que me lit le comte d'Artois lorsque je lui dis combien il serait utile À la monarchie et à la grandeur de la France de donner à nos régiments des noms de nos ptovinces; il me répondit sérieusement que la Charte ne le permettait pas.

Un homme eut alors une grande influence; ce futLafayctte. Nous l'avons vu commandant général de la garde nationale de Paris. Tandis qu'il était membre de l'Assemblée constituante, il avait une très-grande popularité ; elle provenait de ce qu'il était passe en Amérique dans le temps où la France était encore en paix avec l'Angleterre. 11 y avait conjbattu pour la clause de ces contrées révoltées contre l'Angleterre. Dès les premiers jours de l'Assemblée constituante il l'ut opposé à la cour, ainsi que dans les deux assemblées des notables. Il se signala par ce mot tant répété • « L'insurrection est le plus saint des devoirs. » 11 proposa cette Déclaration des droits de l'homme, si ridicule, si incohérente, si fausse dans tous ses points, et qui fut abandonnée par la Convention elle-même, par la constitution directoriale, par Bonaparte, par Louis X\ 111, ei enfin par les Chambres après la révolution de 1830. Mais, quand elle parut, elle fut regardée comme l'acte sacramentel de la grandeur et de la prospérité des peuples; elle reçut un culte religieux ; elle servait de texte et d'argument dans tous les débats politiques , et les controverses qu'elle ramenait sans cesse ne pouvaient encore ouvrir les yeux sur son absurdité. Il fallut que Bonaparte, cleve à l'empire par des victoires , renversât cette Déclaration des droits de l'homme et sa chimérique égalité, en couvTant de cordons la poitrine de ceux qui l'avaient servi, et en les décorant de titres cent fois plus nombreux que roux contre lesquels on avait tant déclamé avant et pendant la Révolution.

Le plus grand reproche qu'on ait fait à Lafayotte est son

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iii.iclion pnuJniit l;i nuit du Ooclohn;. CVt.iit pondant son sommeil, h Vt'rs.iillcs, que des f.'u;ti«Mi\ cnvnliiss;jient Ut ji.il.iis du roi et clirrcli.'iicnt l.i reine dans tous les appiirtcnjenls pour l'égorger. Cet attentat ne serait pas arrivé si I^fayette a\ait passé la nuit au château , et peut-être le roi n'aurait pas été dès le lendeni.iin traîné captif à Paris.

11 y a quelque apparence que Lalayette était instruit de la fuite du roi en 17D1 , et qu'il aurait pu renipéclier sil lavait voulu. Lorsqu'il envoya des aides de camp pour l'arrêter, le roi avait une avance si considérable qu'il serait arrivé à Montmédy, comme il le voulait, s'il n'avait pas été reconnu eu route.

A la lin de 1792, Lafayette commandait une armée qui faisait éclater ouvertement une haine violente contre les jacobins^ maîtres alors de Paris. Les régiments de cette armée, leurs colonels et des généraux adressèrent à la chambre des Députés les adresses les plus énergiques contre les factieux. Elles étaient secondées par la voix d'un grand nombre de provinces et de leur administrateur. Si Lafayette avait eu un de ces caractères vigoureux que nous trouvons dans notre ancienne histoire , il aurait marché sur Paris avec trois ou quatre mille hommes ; il y aurait treuvé trois bataillons excellents de garde nationale, plusieurs régiments suisses et un grand nombre de bons citoyens prêts à braver tous les périls pour le soutien du trône, et bien plus encore pour écraser une faction qui menaçait à la fois la vie et les propriétés de tous les hommes qui ne se déclaraient pas en sa faveur. La présence de Lafayette aurait enhardi la majorité des Députés , et il aurait pu facilement la conduire avec le roi à Compiègne ou à Rouen ; il n'aurait eu contre lui qu'une faible populace.

Pendant la plus grande fermentation , j'avais osé déclarer à la tribune que j e ferais incessamment la demande de cette translation. Quels moments pour la monarchie! Quelle gloire pour Lafayelte s'il avait eu cette noble audace que presque

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toute la FraïKîe atttMidait do lui ! Il se borna à venir seul parler à l'Assemblée au nom de son armée, et, dès ce jour, le drapeau royaliste, qu'il portait de travers , mais qu'il portait, s'inclina devant les factieux et n'eut que de faibles moments de résistance. Nous vîmes alors le^ scènes les plus honteuses : l'acquittement des soldats rebcîles de Chàteau-\ ieux, les promenades des faubourgs dans la chambre des Députés, portant, oseraije le dire? de vieilles culottes au bout des piques, afin de bien constater leur beau titre de Sans- Culot te a. La faction demanda un décret d'accusation contre plusieurs ministres du roi et enfin contre Lafayette. La rap;e était extrême contre lui. Les royalistes de la Chambre le défendirent avec la plus grande fermeté; je prononçai un discours très-étendu en répondant à ses nombreux accusateurs. Après mon discours , deux cents membres de la gauche passèrent de notre coté , et un appel nominal constata cette grande majorité, (l'était encore un de ces moments heureux dont Lafayette aurait pu profiter; mais la terrible journée du 10 août vint terminer nos différends. La faible probité du roi et l'incertitude de son général firent pencher la balance en faveur des factieux.

Au 10 août 1792 comme au 27 juillet 1830, la couronne avait des moyens immenses ; non-seulement elle ne sut pas en profiter , mais encore elle les tourna contre elle-même.

Après la chute du trône , le décret d'accusation fut porté contre Lafayette. L'Assemblée envoya des commissaires à sou armée; il sortit de France avec un grand nombre de généraux et d'officiers fidèles à sa cause. Parmi eux étaient cinq ou six membres de c€tte Assemblée constituante , cause de tant de malheurs et de la catastrophe qui précipita dans un abîme Louis XVI et sa famille, et qui bouleversa la France et rKurope.

Tandis que Lafayette et sa petite troupe s'avançaient hors de nos frontières , les officiers qui étaient à l'avant-garde craignirent de marcher vers les postes autrichiens. Ils arrêtèrent un homme du pays; ils lui promirent une forte récompense,

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s'il les coiiduis.'iit lUt la niaiiicro (pi'ils indiquaient. Ot hoi résista ; on le menaça , mais il l'ut ferme dans sa résistance.

f.afayellc entendit ces débats et marcha vers les officiers qui contestaient avec Thomme qu'ils avaient arrêté. Il fut t«'inoin de la résistance; il y trouva une belle occasion de manifester encore cette belle théorie des droits de Thomme, et après avoir fait par ses principes tant de mal à la France, il en lit autant a ses compagnons d'armes : il laissa le guide s'en aller tranq'iillcment, et il tomba avec sa petite troupe dans les postes ennemis.

Je tiens cette anecdote curieuse de M. de la Tour-Maubourg , frère de l'ancien et honorable ministre de la guerre , qui s'est acquis une si belle renommée. M. de I^ Tour-Alaubourg prenait occasion de ce récit pour peindre le caractère de Lafayette , toujours incertain et faible dans ses actions i)olitiques , et toujours inébranlable dans les prétendus principes qu'il avait enfoncés dans sa tête. Tel il a été pendant toute la Révolution, et tel il fut encore en juillet 1830.

Lorsque je défendis le général I.afayctte, j'entrai dans la Chambre à travers une multitude féroce qui m'annonçait la mort si j'osais parler en faveur de ce général. .Te commençai mon discours par le récit de cette belle circonstance, et j'ajoutai que les menaces ne feraient que fortifier ma résolution et augmenter l'énergie de mes paroles. Je remplissais un devoir sacré, puisque je défendais le général nommé par Louis XVI, et qui seul encore était dans la position de pouvoir combattre pour ce malheureux prince. Eh bien ! j'eus le plaisir, pendant toute la Restauration , d'entendre les bons royalistes me reprocher cette défense comme une action indigne. J'aurais été amèrement pénétré de ce reproche si je n'avais pas su que ces braves gens, ces honnêtes gen?, que l'on désignait si bien par le nom de circonspects , avaient résolu de toujours mal raisonner, de parler comme s'ils étaient méchants, d'aller toujours contre les intérêts de la royauté, dont ils font leur idole sans la connaître, et de saper ainsi insensiblement la monar-

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chiiv VMc pnuvjut bien .ilors s'ccrier qiif de tels uniis étiiicul hii'ii |)lus diiii{;oreii\ pour t'Ilo que ses ennemis. ï/idiolisnie de ees hommes a toujours grandi et toujours travaillé dans le chemin qui leur était tracé par les libéraux, lis n'ont jamais été autre chose que les esclaves de cette peur que les libéraux savaient si bien faire entrer dans leurs cœurs , et comm« ceux-ci ne cessaient de me faire l'honneur d'accumuler des reproches contre moi , les braves gens dont je parle ne cessaient de répéter leurs discours.

Bien différents de ces hommes de la Restauration, les royalistes ont eu une conduite admirable pendant les quatre premières années de la Révolution ; j'en reparlerai avec complaisance dans la suite de ces Mémoires ; je montrerai le courage de Télite des habitants de Paris, des anciens magistrats, des administrateurs de presque tous les départements; j'en accumulerai les [)reuves. Je ne les produis pas ici; mais il m'est iuipossible de ne pas dire que le clief de l'État et ses ministres formaient alors le plus grand obstacle que les royalistes eussent à vaincre. A quoi serviraient ces tristes souvenirs, s'ils ne retraçaient pas leurs devoirs aux rois et à leurs ministres ?

Conclura-t-ou de cette dernière ligne que les royalistes en général n'étaient plus sous la Restauration ce qu'ils avaient été pendant les cinq premières années. On aurait raison ; la faiblesse qui partait d'en haut, plus grande encore peut-être dans les connuencements, fut une cause plus agissante encore pendant la Restauration ; mais, heureusement pour le nom français, la Vendée avait acquis une gloire impérissable ; elle avait montré que parmi des hommes agrestes se trouvaient des âmes fortement trempées. Kn même temps, par un contraste frappant, le plus grand courage avait brillé dans une ville industrieuse accoutumée aux arts sédentaires ; ce fut un vrai phénomène : la ville de Lyon disputa de résolution magnanime avec la glorieuse Vendée.

A la guerre, les succès et les revers dépendent loujoui*s de

l.i position des «irnif'cs; il en est de mî^me en iKililiquo I^ Kraiico, pondant la Hcvolntiori , n'a pas éU-: ce qu'elle pouvait être ; j'en vois une cause dominante : le changement des provinces en déparlomonts. Les noms et les souvenirs anciens étant eiïacc'S, on manquait de point de ralliement. Ix'S noms ridicules tirés des rivières et des montagnes ne présentaient aucun drapeau et ne pouvaient rallier les hommes de caur. I^yon et la Vendée furent des exceptions; mais il ne faut jamais raisonner d'après les exceptions. Tout le reste était dans la stu|>eur de l'esclavage et attendait chaque jour les ordres partis de la capitale. Là des factions se disputaient le pouvoir, et cette grande cité, plus esclave encore que le reste de la France, tremblante sous l'Assemblée qui tremblait elle-même sous l'ascendant delà faction, donnait l'exemple de l'obéissance. Tant que la France sera morcelée, comme elle l'est maintenant, en petites portions, sans noms et sans souvenirs, elle ne produira point ces grandes vertus civiques qui relèvent les empires, à l'instant de leur chute.

Si vous voulez avoir une juste idée du bien que produisaient les états provinciaux , lisez l'excellente Histoire des états du Languedoc par M. le baron Trouvé , ancien préfet dans ces contrées. Vous y verrez avec quel esprit de suite , avec quel travail assidu ces états s'occupaient de toutes les branches de l'administration, et comment ils faisaient rejaillir sur la couronne la gloire de leurs succès. Ils créèrent et augmentèrent ces belles manufectures de draps que Marseille expédiât dans tout l'Orient, et dont les bail us étaient reçus sans être ouverts. Après la Révolution, au contraire, on ne recevait plus un seul de ces ballots sans les ouvrir et les examiner. Triste effet d'une tromperie habituelle, qui, s'enrichissant d'abord aux dépens des Français, voulait s'enrichir plus encore aux dépens de l'étranger. On ne peut lire l'ouvrage de M. le baron Trouvé sans regretter que de pareilles institutions aient été détruites par l'ineptie de la Constituante.

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