LA COUR DU LOUVRE
c( Gomme ^ il y aura lieu de faire un grand nombre de beaux appartements dans toute l'étendue du grand dessein du Louvre, je proposai à M. Golbert d'en faire à la manière de toutes les nations célèbres qui sont au monde, à l'italienne, à l'allemande, à la turque, à la persane, à la manière du Mogol, du roi de Siam, de la Chine, etc. ; non seulement à cause de la beauté que causerait cette diversité si curieuse et si étrange, mais afin que, quand il viendrait des ambassadeurs de tous ces pays-là, ils pussent dire que la France est comme l'abrégé du monde, et qu'ils se retrouvassent en quelque façon chez eux, après s'en être éloignés de tant de lieues. 11 trouva cette pensée digne d'être exécutée; comme aussi une autre idée à peu près semblable, que le Roi eut, dans ses divertissements, des danses et de la musique telles qu'on en donne au Grand Seigneur, au Sophi, au Mogol, au roi de la Ghine, etc. Dans cette vue M. de La Groix, que M. Golbert avait envoyé dans tous ces pays-là pour y apprendre les langues ^, en avait apporté quantité d'instructions et d'aventures, avec les instruments particuliers à ces peuples : ce qui aurait sans doute eu lieu, si ce palais immense avait reçu son entière perfection. »
Jacques-François Blondel, Architecture française, t. IV (1756), p. 9.