‹ Mémoires de Martin et Guillaume du Bellay; (volume 2)Chapitre 55 sur 94 · Hieronimo Doria, cardinal depuis 1529, mort à Géaet en · texte numérisé non relu

Hieronimo Doria, cardinal depuis 1529, mort à Géaet en

Août l&SC) HUmftHB UVII. M

Cettr Pregoee, mais il oe 8*en feit aucune, car il j avoit dedans outre les gens de la ville jusques au nombre de trois mille hommes de guerre, dont y avoit quinze cens lansquenets de ceux que j'ay dit eatre nouvellement descenduz à Trente. Ce voyant, le comte Guy feit retirer chacun en son quartier au lieu qu'il avoit choisi pour loger son camp, environ a un mille de Gennes, entre deux montagnes, sur lefrquellea il avoit assis son guet, et là fut commencé à iaire grand iKNnbre d'eschelles. Puis environ la minuict tout le camp fut en ordonnance sans sonner la trompette oe le tatKHjrin et commença, puis après, à monter à contremont Tune desdittes montagnes avec un grand et incredible travail, car, outre ce que la montais estoit haulte et la noontée roide, le camp ne marchoit point par le chemin frayé, et desja estoient les gens de guerre si mal menez et travaillez de la peine des jours et nuicts passées, avec le default de de vivres qu'ils avoient enduré, joinct qu'ils portoient les escbelles sur leurs espauUes, qu'il y en avoit beaucoup qui d'anban et lasseté se jettoient par terre, comme recreuz et demis morts, et failloit à vive force et par menaces les contraindre à porter les escbelles. Environ deux heures avant le jour ^ arriva l'avant garde au pied des murs de la ville et furent les escbelles dressées, desquelles il ne se trouva que deux faictes à propos, et à vray dire on n'avoit point eu plus de quatre à cinq heures de temps à les faire. Ce nonobstant chacun de ceux qui estoient ordonnez à donner Tassault commencèrent à monter à mont, et les arquebuziers à coups de arqoebuze repoussèrent

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ceux qui se moastroient à la deffenoe sur b muraille, et dura cest assault continuant avecque grande impétuosité jusques environ à une heure et demie de soleil; et si les escbelles eussent esté de mesure, ainsi qu'elles estoient trop courtes, Popinioa est de beaucoup de gens qu'elle eust esté emportée d'assaull. Quoy que soit, le comte Guy voiant que saos autres esdielles il estoit impossible de la gaigner, et que ses gens estoient tuez d'en liault sans qu'il leur fust possible de se revancher, feit sonner la retraite. De ceux de dedans y eut peu de morts, n'aussi beaucoup de blessez; bien y mourut un capitaine de nom de ceux de dehors et y en eut beaucoup d'autres de blessez et de morts, aucuns disent cinquante, aucuns disent cent, entre autres y mourut le seigneur Hector de Carraociole, gentilhomme neapolitian, qui estoit au camp sans charge et fut enterré dedans Gènes, par congé de ceux de la ville, devers les(|uels avoit esté envoyé un trompette pour cest eflfecl. Audit assault se porta vaillamment, entre les autres un porte enseigne du seigneur Cagnin, lequel monta jusques sur la muraille avecques son enseigne, et quoy qu'il y fust mal suivy pour avoir esté les eschelles couKes, ainsi que j'ay dict et (|ue ceux de dedans luy eussent empoingné son enseigne, pensans la luy arracher des poings, il en rapporta toutesfois la haste avecques une partie du taffetas, l'autre partie luy fut arrachée par pièces.

Sonnée que fut la retrailte, le comte feit retourner ses gens par la mesme moiitaigne qu'ils estoient venuz, ce qui fut faict sans aucune contrariété et saos que de la ville sortist homme de pied ne de cheval pour donner sur la queue, sinon quelques uns, estant desja

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iKMire camp arrivé au logis en la plaine d'entre les doux nnontaignes, qui te roonsirerent sous quatre enaeigoes sur le plus hault de Tautre montaigne, le oomle Guy y envoya des arquebusiers pour essayer à les attirer à rescarmouche, mais ils se retirèrent inoontinant. Tout ce jour demeura le comte en sondict camp pour attendre le retour des colonnels du seigneur Gcsar et du seigneur Visoonte et des chevaulx légers qui estoient allei avecques eux en Besaigne, lesquels il avoit mandez pour se revenir joindre aveoques luy, mais ils prindrent autre voiage et tournèrent vers Plaisance par un autre chemin qu'ils n'estoient venuz. Bien arriva le colonnel du comte, qui le jour précédant avoit esté envoie pour donner l'assaut en un mesme temps au costé du palais d'André Dorie', mais l'artillerie des galleres, qui les descouvrit, les contraingnit d'habandonner ceste entreprinse. Ce temps pendant fut mis le feu en quelques villages à l'entour pour se venger des villains, qui avoient mis le feu en leurs pailles.

Le comte, après que son colonnel fut revenu, assembla le conseil et fut advisé, attendu qu'ils n'avoient aucune artillerie pour faire batterie, de ne plus bazarder leurs gens autour de Gennes et sur la minuict deslogea le camp sans son de trompette ny de tabourin. Et tout le lendemain, qui fut le premier jour de septembre, cheminèrent sans arrester jusques à ce qu'ils arrivèrent en certains chasteaux nommez

1. Voir une description du palais de Fa&suolo, que Doria fit reconstruire à partir de 1529, dans Petit, André Doria, p. 132-

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llerma, Taier et Vada*, à bien trente mille de Geones, au pied des grandes montaignes, où ils ne trouvèrent pour les chevaux sinon quel(|ue peu de bled et pour les hommes des châtaignes, car les habitants estoient fuis es montaignes avecques tout leur bagage et leurs provisions; en haine de quoy les soldats brusicrent quelques villages et saccagèrent lesdicts chasteaux, combien que le butin ne fust pas grand. Au lendemain, à une heure de jour, le camp deslc^ea et vint à douze mille de là en un chasteau nommé Visan', et là fut depesché le seigneur de Vanlay, accompagné de vingt chcvaulx légers du seigneur Gesar Fregose, pour aller à Turin advertir le seigneur d*Annebault de la %enue dudit comte et de son camp. Le troisiesme jour, ledit comte marcha quinze mille en avant, jusques à un chasteau nommé Cave, et au lendemain passa la rivière du Tanare à gué et vint à un chasteau nommé Serisolles', à quatre mille de Carmagnolles. Les ennemis, advertiz que le comU: approchoit si fort, abandonnèrent le siège de Turin, faisans courir le bruit qu'ils s'en alloient au devant dudit comte luy présenter la bataille; loutesfois, ils ne luy donnèrent aucun enipeschement et vint le dnquiesme jour du mois loger à Carignan dedans la ville. Le seigneur d'Annebault, voyant le camp desloger, saillit à la queue, avec sept ou huict cens hommes et en passant au long de la tour du pont de Pau (de la prinse de laquelle TËm-

1. Sans doute Lerro», Tagliolo et Orada, dans la rtàHéê é» l'Orba, affluent de la Bonnida.

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