Jean-Prançoia d'Almaigne, prince de Sligliano
7. Bien qu'il ne portit pas officiellement le titre de marquis
OeL t&S6) milTIÉMI UVKI. tS7
goesr Jean Paule de Gère, romain, le seigneur Ceaar Pregoae, genevob, le seigneur Hannibat de Gofizague, oomto de Lanyvolare, manlouan, et autres en très grand nombre. Lesquels assemblez, il feit en la présence de eux lire depuis un bout jusques à Pautre le procès du malbeureux homme qui avoit empoisonné feu monsieur le Dauphin, avec les interrogatoires, confessions, confrontations et autres solennités accoustumées en procès criminel. Après que la lecture dudit procès fut parachevée et que tous les assistans, au moins ceux qui peuvent selon la loy opiner en matières criminelles, eurent donné leur advis de cest énorme et misérable cas, les juges procédèrent à la condemnation et l'arrest exécuté, qui fut d*estre tiré à quatre chevaux*. .
Le Boy séjourna encores à Lion quelques jours et feit avant qu'en desloger délivrer le payement à tous ses gens de guerre, donna congé à ceux dont il n'avoit plus que faire, comme aux lansquenets et Suisses, retenant seulement six mille lansquenets du régiment du comte Guillaume de Fustemberg et tous les capitaines suisses, ausquels il donna estât pour vivre et s'entretenir en son royaume; aux malades et blessez d*iceux lansquenets et Suisses il feit assigner logis et délivrer argent outre leur solde, pour les faire penser et guérir. De ceux qu'il retint, il envoya les uns en
de VigeTtoo, il doit s'agir ici de Pomponio Trirulce, qui éuit gooTemeor de Lyon.
1. Voir le texte de l'arrêt en date da 7 octobre : BtbI. nat., Dupuy 507, fol. 308, et dans la Cronique du roy Françoys premier, p. 184-189, avec la reproduction de l'arrêt, le récit du supplice.
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garnison en Picardie, les autres après ie duc de Touteville, comte de S. Paul, pour le renforcer et cfaastier aucuns Savoisiens qui s'estoient cslevez sur un faux bruit qu'on avoit faict semer entre eux que l'Empereur avoit donné et gaigné la bataille contre le Roy. Le comte de S. Paul feit telle diligence en sa charge qu*il remist en Pobeissancc du Roy toute la Savoyeet Tarantaise et chastia ceux qui avoient esté cause de Tcmotion, de sorte que depuis elle a esté obéissante au Roy, sans y avoir jamais révolte ny tumulte.
Arrivée du roy cCEscosêe. — Le Roy, dès lors qu'il eut donné ordre à Lion pour toutes les frontières de son royaume, deslogea de Lion, et sur le chemin au hault de la montagne de Tarare, entre ledit lieu de Tarare et S. Saphorin, où y a un lieu qui s'appelle la Chappelle S auquel lieu estant là au disner, le vint trouver le roy d'Escosse, lequel ainsi comme j'ay dict en autre endroit, ayant eu nouvelles de la descente de TEmpereur es pals du Roy, avoit faict faire en ses pals discrétion de seize mille hommes pour venir au secours dudit seigneur, et ce sans requeste ny sceu d'iceluy; et ja s'estoit ledit roy d'Escosse emtxarqué par deux fois, mais avoit esté repoussé par vent contraire, finablement et sans difficulté, arriva jusques en Normandie avecques aucuns de ses navires et print terre au havre de Dieppe. Là il oït nouvelles que l'Empereur et le Roy estoient sur le point de se donner la bataille, et à ceste cause pour n'y faillir il print la poète; mais sur le chemin il eut nouvelles de la retraitte de TEm-
1. I^ chapelle, dans la comin. de Neulise, cant. de Saint- Syrophorien-de-Lay, arr. de Roanne (Loire). François i* y était le 13 octobre.
Ott. IftM) aUlTtÈHK UVRM. 189
pereur, qui fut occasion qu'il modéra la diligence de tes potlea, pour suratlendrt* son Irain qui venoit après Iny ; mais le Roj eovoia au devaut de luy pour le ha»ter et qu*il latssast venir son train apK's, et trouva ledict roY d*Eseo68e ainsi que j'ay dict cy devant à ladilte Chappelle, auquel lieu il fut grandement recueilly du Boy et après plusieurs autres propos luy demanda l'une de ses filles en mariage.
Le Roy, enoores qu'il sceust très bien combien il seroit diffictile de le faire trouver bon au roy d*Angleterre, aussi qu'il luy sembloit aucunement faire tort à la Hlle de Veodosme qu'il avoit desja comme future royne d*Escosae adoptée en tille, n'osa purement esoonduire lediet roy, considérant la franche volonté dont il avoit usé envers luy, considérant aussi l'ancienne alliance des deux royaumes de France et d'Escossc et que le père dudit roy estoit mort en bataille pour le parly du feu roy Lois douziesme, ne luy voulut aussi plainement accorder, mais remist la cliose en délibération d*enlre eux deux, après que ledit roy auroit veu la dame. Et tant pour ceste cause que pour autres deux urgentes raisons dont j'ay parlé, avoil depesché par cy devant le seigneur de la Pommcraye devers le roy d'Ài^leterre, ainsi qu'avez veu par cy devant en ces Mémoires. Encores sur le chemin arrivèrent devers le Hoy les ambassadeurs des Ligues de Suisse, à la reqneale et «ix despens des estats de la comté de Bourgongne, pour le supplier qu'il fust content de n'innover ou entreprendre rien en laditte comté; ce que ledict seigneur Roy leur accorda pour un an, voulant bien en ceste part gratifier à messieurs des Ligues, combien que par plusieurs il en fust dissuadé,
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lesquels estoieot d'advis qu*ii y devoit envoier kê bandes du comte Guillaume, pour là s'yveroer et cependant y faire fortitier quelque place, pour la tenir parcy après en subjcction.
Nouvelles venues au Hoy. — Aussi luy vindrent lettres de Rome, par lesquelles il estoit donné advertissement comme nostre S. Père, de son propre mouvement, avoit proposé en consistoire le decez de feu monseigneur le Dauphin, que Dieu absolve, remon»trant luy sembler estre raisonnable, pour les mérites du Roy et de ses prédécesseurs envers le S. Siège apostolique, qu'on luy tist faire obsèques solennelles, c'est à sçavoir, comme ils les font pour la mort d'un cardinal*. Et que sur ce y avoit esté quelque dispute, disans aucuns de messieurs les cardinaux que par le pape Alexandre, pour la mort du fils du roy Ferdinand d'Arragon, avoit bien esté faict le semblable, mais que ledit Alexandre, pour estre Espagnol, avoit ce faict plus par affection particulière à sa patrie que par advis et délibération du consistoire ; fînablement, un chacun se réduisit à la volonté dudit Saincl Père et furent lesdittes obsèques honnorablement faittes en la chapelle papale.
Aussi sur le chemin vindrent nouvelles au Roy de l'arrivée de l'Empereur en Espagne, lequel en son passage avoit eu beaucoup a souffrir à cause du mauvais temps qui Tavoit accueilly sur la mer, en aoiie qu*outre deux navires qui luy estoient periet à la
i. Voir la letu*e de l'ëyèqiue de Màcon, ambatsadenr de France à Rome, au chancelier Dubourg, 18 septembre 1696 (Bibl. nat., Dupuy 303, fol. 35-36).
Nov. fSSS) BVtnftMK LIYM. 341
veue du port de Gennes* esquelles estoit son escuirie en Tune et son buffet en l'autre, il avoit perdu six de ses galleres et en icelles bon nombre de gens de bien ; et que ledit seigneur Empereur, ce nonobstant, perseveroH m» son accoustumée braverie, menassant de bientost retourner en France avecques plus grande et puissante armée qu'il n'avoit encores faict. D'autre oosté, vindrent nouvelles que les Normans s'estoient derechef rencontrez sur la mer avec les Espagnols venans du Pérou et a voient faicl gros butin sur eux, qu*on n*estimoit moindre de deux cens mille escus. Luy vindrent aussi lettres d'Allemagne, comme l'Empereur y avoit envoyé retenir des capitaines pour lever geos au temps nouveau et des propos que les Impériaux faisoient semer à son grand desavantage et avantage dudit Empereur, mesmement en desguisant la mort de feu mondit seigneur le Dauphin. De Romme et de plusieurs autres endroicts d'Italie, il avoit pareil advertissement. Aussi peu de temps après eut nouvelles de la mort du duc Alexandre de Florence* ; et du oosté de Picardie eut advertissement que les Hen- Duyers oommençoient à courir et faire butin en la frontière et que ja ils estoient bon nombre de gens ensemble.
Mort du mareschal de la Marche. — Parquoy pour adviser à ce qui seroit à faire sur toutes les nouvelles dessusdites, aussi pour la conclusion du mariage d'Escosse, le Roy print son chemin par Amboise et Blois
1. Le dac Alexandre bit assassiné dans la nuit du 5 au 6 jan* ▼ier 1537. Voir une leUre de l'érèque de MAcon au chancelier Dubourg, Il janvier 1537 ^Bibl. nat., Dupuy 303, fol. 24).
S4; MltMOIRES DB MARTIN DU BBLLAT. [Nov -déc 1536
pour venir à Paris. Auquel lieu d*Amboise* luy vint faire la révérence monseigneur le marcschal de la Marche, auquel le Roy, pour le grand service qu*il luy avoit faict dedans Peronne, feit grand recueil; mais partant de là ledit mareschal pour aller à Sedan, parce que nouvellement messire Robert de lu Marche, son père, estoit trespassé, par les chemins fut prins d'une fièvre dont il mourut à Longeumeau, cinq lieues de Paris, qui fut grand dommage, pour avoir esté en son temps gentil chevalier et grand homnoe de guerre^.
Mariage du roy d'Escosse avec madame MagdaUine, — Finablement, le Roy passant à Blois', fut conclu le mariage du roy d'Ësoosse avec madame Magdaleine, et là furent fiancez et remises les nopces à faire à Paris; auquel lieu arrivé, par advis de son Conseil, donna provision requise à toutes choses. En Allemagne, il escrivit lettres aux Estats de l'Empire^, leur raconptant au vray comme il estoit allé de la mort dudit feu seigneur Dauphin et leur offrant de rechef de soubsmettre à leur jugement ses droicts prétendus au duché de Milan, source et origine de toute oeste guerre. A