Voir iupra, t. Il, p
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gens, tant de gens de guerre, citadins que pionnier», environ quatre mille cinq cens hommes, et ne fut pardonné ny à femmes religieuses ny enfans, car vous sçavez de quelle gratieuseté usent les lansquenets quand ils sont victorieux ; mesme le capitaine Martin du Bellay, depuis avoir esté prins et amené dehors par la brèche pour le sauver, faillit à estre tué deux ou trois fois des Glevois, et l'eust esté sans le seigneur Distain, qui Taccompagna jusques à la tente du comte de Bures, son père.
Le soir, après la fureur de la tuerie passée, le comte de Bures, lieutenant gênerai pour TEmpereur, feil crier par le camp que tous ceux qui auroient des prisonniers eussent à les amener devant luy, ce qui fut faict. Le seigneur de Villebon fut envoyé à Gravelines et depuis paya dix mille escus pour sa rançon ; le seigneur Martin du Bellay, dès le lendemain, fut mis à trois mille escus et renvoyé sur sa foy, à la charge d'estre de retour dedans dix jours ou envoyer lesdits trois mille escus, et le cautionna le seigneur de Glaion*, gentilhomme de la maison de l'Empereur, qui autrefois avoit esté nourry en France.
Dès le temps que le camp impérial commença de marcher, le Roy avoit commencé à redresser le sien pour secourir S. Paul, espérant à ce que luy a voient promis les fortificateurs qu'elle pourroit bien arrester l'armée imperialle jusques à ce qu'il y arrivast, veu la grande diligence dont il usoit. Et jà estoient partis monseigneur le Dauphin et monseigneur le grand
1. Philippe de SUtrelle, baron de (^âamont, tieur de Gla> jon, grand bailli de CasMl (1546), cheTalier de la Toison d'or (1555), mort en déeembre 1562.
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nnistre avec bon nombre de la noblesse pour aller faire teste à Tennemy ; et après eux faisoient venir à grandes journées les gens de cheval auparavant ordoonei pour aller au Piémont, lesquels sur oeste nouvelle avoietil esté oootremaiidez, quand devers eux arriva un trompette du Roy, lequel estoit party de S. Paul en diligence, inoontinant qu'il veit la ville prinse, et leur compta ceste mal plaisante nouvelle, laquelle du con}roencemeot on voulut tenir secretie, de peur d'estouner le peuple, mais à la fin elle fut déclarée avec telle dextérité que Tioconvenient ne fut trouvé si grand comme fl eust esté, si on eust laissé courir le bruit témérairement par gens qui vont tousjours adjoustans quelque chose à ce qu'ils ont ouy. Mondit seigneur le Dauphin et monsieur le grand maistre voyans que de secourir S. Paul il n'y avoit plus d'ordre, prindrent resolution (ce nonobstant) de marcher en avant au plustost qu'il seroit possible, tant pour obvier au danger des autres places de la frontière que pour se revencher du dommage receu.
Description et prise de Montreul par les ennemys. — Trois jours demoura le camp impérial devant Sainct Paul après la prise de la ville, pendant lequel temps le comte de Bures feit brusier la ville, raser le cbasteau et abbattre la grosse tour pour raison qu'il ne trouva, par Tadvisde son conseil, que ville ne chasteau se puisse mettre en telle fortification que ce soit pour attendre une grosse puissance. Le quatriesme jour, qui fut le XIX de juin, il feit faire les mofistres de ses lansquenets, qui se trouvèrent le nombre de xxn à xxmi mille hommes, cinq ou six mille Wallons et huict mille chevaux, tant Clevois, haults Allemans que m 2ô
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des ordonnuooes des Païs Bas de l'Empereur; le mercredy deslogea le camp et viol l'avantgarde loger à Aucfay les MoynesV au bout du parc de Hedin, et la bataille à Blangy en Ternois, qui fut cause de tenir les François en incertitude du chemin que lesdits Impériaux vouloient prendre ou de Hedin ou de Montreul. Dedans Hedin estoit le seigneur de Sercu avec les cinquaiite hommes d'armes dont il avoit la charge et mille hommes de pied, dont estoit son lieutenant Philippe de Mailly', et le seigneur de Piennes', aussi capitaine de cinquante honmies d'armes, estans avecques lay, et a voient ja très bien rem paré la brèche que le Boy avoit faicte et au demourant estoient fort bien pourveus de toutes choses nécessaires à la garde et deffence d'une place de telle importance. D'autant que Hedin estoit bien pourveu, autant l'estoit mal Montreul, car le seigneur de Canaples, qui en avoit esté ordonné chef, n'y estoit entré que trois ou quatre jours devant avecques mille hommes de pied nouveaux levez et quelque deux cens chevaux des arrierebansde NormaDdie. Or n'estoit alors la ville retranchée, parcjuoy pour la bien pourveoir eust esté besoin d'y avoir au moins six mille hommes de pied et trois cens hommes d'armes. Sur ce, le comte de Bures se délibéra de ne s'amuser à Hedin et print le chemin de Montreul, auquel lieu arrivé assit son camp, une partie vers la porte de Hedin, du
1. Auchy-lèft-Hesdin et Blangy-sor-Temoise, CAnt. du Paroq, «rr. de Saint-Pol (Pas-deCalais).
2. Philippe de Mailly, sieur de Saint-iUoy, capitaine de gens de pied.
3. Antoine de Hallwin, sieur de Piennes, genlilboaune de la cltambre.
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ooilé du bat de la ville, autre partie aux GelesUos, tirant le chemin de Teroueniie, autre vers la porte du grand marcbé qui tire à Abbcville; ce faict, planta son artillerie contre le ba» de la ville, une bande à Tendroit de li justice, autre sur un petit hault devers la porte du ^od marché, laquelle battoit le long de la courtine du bas de la ville par dedans, et une autre bande sur un autre hault, où il y a une cliappelie tirant le ch«nin qui va à Beauraio*. Après avoir faict batterie le long d'une grande courtine depuis le portail de devers Hedin, en tirant vers la porte du grand marché, se préparèrent pour donner Tassault; vray est que la brèche estoit raisonnable, mais mal aisée aux ennemis à y venir, à cause des foesez qui estoient plein d*eaux, car eocores qu'ils eussent escoulé les eaues, le marais estoit demouré.
D'autre part, y avoit un grand desavantage pour ceux de dedans, car pour venir à la brèche ils estoient desoouverts de deux bandes de l'artillerie des ennemis, puis estans à leur deffence, estoient encores veuz des deux costez par les lianes et n'avoient l'opportunité de faire traverses pour eux couvrir, aussi le peu de nombre qu'ils avoient n'estoit suffisant pour garder la moitié du bas de la ville ; parquoy Tennemy venant à l'assault, tout le reste de la ville, qui a grand circuit, luy demouroit abandonné. Toutes ces choses considérées, le seigneur de Canaples, par l'advis des capitaines et des soldats qui estoient avec luy, estant à ce solicité par le comte de Bures, feit capitulation telle que tous les gens de guerre sortiroient leurs bagues
i. BeanrainTille, cant. de CampAgne-lès-Hesdin, arr. de Montreoil (Pa«-de-CalAi«).
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sauves et en armes et les babitaos avec ce qu*ils pourroieot emporter de leurs biens sur eux. Jamais le comte de Bures, voyant la ville despourveue de toutes dioaes comme elle estoit, ne leur eust accordé composition si honorable, n*eust esté lu craincte qu'il a voit de ce qui advint, qui estoit que cependant qu'il s'amusoit audit Montreul on meit secours dedans Terouenne d'hommes et de pouldres, car il estoit bien adverty qu'elle en estoit fort despourveue; et si partant de Hedin pour aller audit Montreul il fust allé droict à Terouenne, bien à peine eust on eu le moyen de b secourir comme l'on feit.
RafreschissemerU mis dedans Terouenne. — Messire François de Montmorency, seigneur de la Rochepot, estoit pour lors lieutenant gênerai pour le Roy en Picardie, lequel cognoissant l'importance de Teroueone et qu'il n'y avoit dedans plus hault de vingt dnq ou trente hommes d'armes de la compagnie de monseigneur de Bernyeulles, gouverneur dudit lieu, et pareil nombre de la compagnie de monseigneur de Crequy, son frère aisné, et environ cent hommes de pied et cent morte payes, y envoya soudainement le seigneur de Gany', lieutenant de la compagnie du jeune duc de Yendosmois, avec quarante hommes d'armes de laditte compagnie, le seigneur de Fondras', son heutenanl, avec xx hommes d'armes de la sienne, le fils du seigneur de Dampierre', guidon de monseigneur