Roccasparviera, sur U Stura (Piémont
2. Jean de Bouliers, éla de Riez; son frère est Antobe de Bouliers, sieur de Centallo, Démonte et Roccaspanriera.
3. Sur la mission du sieur de Langey en Allemagne, voir V.-L. Bourrilly, Guillaume du Bellay, p. 219-220.
JqIb ISMI sixième livri. $k
devant nostre Sainct Père, car luy ou tes gens en avoient par toute Allemagne semé des doubles si divers et différends les uns des autres, et desguisez selon qu'ils les estimoient devoir estre agréables à ceux ausquels ils les envoyoient, qu'il y en avoit autant de •oiies comme il y a de sectes en ta loy de Mahomet ^ Aux protestants en avoient esté envoyez qui parloient d'eux en sorte qu'à les lire il sembloit plustost qu'autrement, que l'Empereur eust esté leur intercesseur envers nostre Sainct Père. Et d'avantage ledit seigneur avoit escrit unes lettres à aucuns d'eux, sçachant qu'il W publiroit à tous les autres, par laquelle il luy faisoit à içavoir que par deux ou trois fois il avoit eu longues et privées communications avec nostre Sainct Père et aucuns des cardinaux, tels que ledit Sainct Père y avoit voulu appeler. Elsquelles communications il leur avoit déclaré les causes mouvantes iceux protestants en certains principaux poincls à dissentir de l'Eglise romaine, et tellement leur avoit faict cognoistre lesdittes causes n'estre estrangées de la raison, que ja il estoit en espérance de remporter dudict Sainct Père
i. On trouvera la plupart de ces pièces réunies dans le Recueil tt aucune» lectres et etcripiurea par lesquelles se comprend la vérité des choses passées entre la Magesté de l'Empereur, Charles cinquiesme, et Francoys, roy de France, premier de ce nom y et dont par icelles se peult tesmoigner, justiffier et clerement cognoistre que ledict roy de France est seul occasion de la guerre présentement meue au grand regret et déplaisir de Sadicte Magesté, non tant seulement pour le fait particulier ttieelle, mai* encoires plus pour les grans maulx et inconvénient apparent à ceste cause à la republicque chrestienne. — Imprimé en la ville d'Anvers le xxviii* jour de juing, l'an M CCCCC WXVI, par la vehre de Martin Lempereur, imprimenr, in-4*.
!• MÉMOIllIS DB CUTLLAUm DU BELLAY. [Jnm 15M
approbation et conHrmalioo d'iceux articles si, sur le poinct de la conclusion, ne luy fust arrivée de la nouvelle inopinée comment le camp du Roy estoit devant Yeroeil, ville dependente du duobé de Milan, et prett à passer outre audit duché ; qui auroit esté cause que, sans attendre la conclusion de nostre Saind Père, force luy auroit esté prendre congé de Sa Saincteté, faire unir ses forces en diligence et tourner droict la teste contre Tennemy, à bien grand regret d'avoir laissé ceste œuvre imparfaicte, mais en espérance que, bientost avec leur bonne ayde, dont en si juste et saincte cause il les requeroit, sans les taxer ne coUiser, mais le tout remettant à leur discrétion, il auroit repoulsé son ennemy, violateur de paix et interrupteur de toutes sainctes et bonne entreprises, pour incontinant aller reprendre ses brisées et parachever ce qu'il avoit encommencé.
Aux ecclésiastiques avoient esté envoyez des doubles de laditte protestation desguisez en autre manière. Car ores que pour le contentement d'iceux ecclésiastiques il y feist quelque mention de la doctrine luthérienne, c'estoit si sobrement qu'il n'y eust chose qui deust offenser la partie protestante. Envers chacune des parties usoient les Impériaux de cest art ; et pour animer toutes les deux avoient faict courir le bruit qu'en France tous AUemans avoient esté bannis du royaume à son de trompe et que tous subjects du Boy qui se trouvoient avoir hanté en Allemagne cstoient indifféremment exécutez à mort cruelle comme luteriens hereticques. Par ce moyen incitoient les protetUos contre le Roy, comme persécuteur de leur doctrine, et les autres, comme contre celuy qui tous
Juin 1536] SixiÉid uvmi. 47
iet peaaftt à une balance. Et d'avaulage leur avoieot aux uns et autres donné à entendre que le Roy indubitablement ne faisoit la guerre tant pour sa propre ou particulière querelle, comme pour intelligence qu'il a voit au Turc et en intention de divertir les forces et de TEmpereur et de FEropire, cependant que ledit Turc ennemy de nostre foy par autre costé les invaderoit. Et trouvèrent des evesques à leur dévotion, lesquels ou par malignité, ou qu'ils fussent ainsi persuadez, osèrent le faire publier et parla bouche des prescheurs et par attaches imprimées aux portes des églises de lei'rs diocèses. Et pour comble de la persuation, feirent imprimer avecques privilège impérial (afin de mieux authoriser l'impression) unes lettres de deffiance contenant le nom du herault, la datte et lieu de la présentation d'icelle faicte au Roy en grosse assistance de ses princes et barons; par laquelle deffiance ledit herault, en présentant au Roy une espée, d'un costé forgée à flambes et de l'autre esmaillée de rouge, luy auroit déclaré l'interprétation de ceste espée, qui estoit signifiance de guerre mortelle à feu et à sang, que l'Empereur, son maistre, luy denonçoit, au cas qu'il ne se retirast et despartist de l'infâme, malheureuse et damnable alliance et conspiration qu'il avoit faite avec le Turc, à l'encontre des chrestiens et de la religion chrestienne. Laquelle deffiance, en ceste sorte publiée par toute la Germanie, il est incroyable combien de gens elle avoit esmeu contre le Roy, car il y en avoit bien peu qui ne creussent certainement que l'Empereur l'eust envoyée telle. Or, n'estoit il pas à présumer qu'un tel prince l'eust envoyée telle et à autre tel prince qu'est un Roy de France, s'il n'eust
A MtMOrRES DE GUILLAUlfB DU BELLAY. (Join 1586
esté bien informé au vray que ledit seigneur Roy eust faiot oeste conspiration avec le Turc. Advint d'avantage qu'au mesme temps se levèrent aucuns boutefeux, lesquels allans de nuict par païs bnislerent plusieurs bourgades et villes champestres en Allemagne, et firent les Impériaux courir le bruict qu'iceux boutefeux estoient par le Roy attiltrez et envoyez pour ce faire; tellement qu'à l'occasion de cestes et autres persuasions, ceux qui auparavant ne se vouloient noouvoir du paKs avant que faire monstre couroient volontairement chercher les capitaines pour les mener à la guerre contre le Roy; chose qui beaucoup servit au comte de Nansau, pour faire mettre ensemble les lansquenets que peu après il mena en Picardie. Rcstoit encores à dresser l'autre camp, lequel, ainsi que j'ay dit cy dessus, l'Empereur avoit délibéré de faire descendre en Champagne au plus fort des autres afbires, et lequel sans grande despense de l'Empereur eust esté prest, à poinct nommé, si par la prévoyance dont usa le Roy d'envoyer veoir en Allemagne quels troubles et tragédies on luy avoit excitées, n'y eust esté remédié.
En ceste persuasion contre le Roy trouva ledit seigneur de Langey toute la Germanie. Et s*adressant à ceux ausquels il avoit plus de foy et desquels il avoit plus tiré de secours es autres affaires qu'auparavant il y avoit conduits et négociez pour le service du Roy, ils pensoient avoir faict beaucoup pour luy, de tant se bazarder seulement que de ne l'encuser aux gens de l'Empereur ou du Roy Ferdinand, son frère, el de luy conseiller qu'il se retirast en diligence sans passer outre; et à la venté, allant plus avant, il luy eust
Juin 1638) SlXltME LIVll. 49
esté, de jour, impossible de faire cberoin sans estre oogoeu ou arresté pour suspect, et de nuict luy esloienl les chemins aussi mal seurs, à cause que depuis soleil couché ju8(|ues au jour, tous les palsans faisoieat le guet aux champs à rencontre des boutekmi «( oe taiasoient passer ailans ne venans sans parler à eux. A ceste cause, trouvant un sien particulier amy et serviteur du KoyS qui fut content de le retirer et tenir eu sa maison cadié pour quelques jours, cependant qu*il essayeroit dextremeot et feroit preuve de la volonté d*aucuns autres personnages qui avoient plus de puissance et autliorité à luy tenir la main et moyeoner que la vérité des choses fust cogneue, pour oster et abolir ceste sinistre opinion que Ton avoit dudit seigneur Hoy, conclut et arresta d*user de ce conseil ; et par luy en list tenter deux entre les autres et de propos en autre les conduire si avant que de luy dire qu'ils desiroient merveilleusement ouir parler quelqu'un, qui de tous ces afTaires dont Ton faisoit un si grand bruit leur sceust compter au long à la vérité, car il leur estoit bien dur à croire que Dieu eust si avant abandonné le Roy. Et alors iceluy personnage, après foy prise et baillée entre eux trois, se descouvrit à eux que le seigneur de Laogey estoit en sa maison, inoo-
1. Il est difficile de déterminer en qael lien et chez qui s'arrêta GuilUame du Bellay. Après avoir supposé qu'il était allé jusqu'à Tubingen, où il avait des relations et même un parent, le aieur de la Fosse (voir V.-L. Bourrilly, op. cit., p. 210-220), nous inclinerions plutdt à croire qu'il se cacha i Strasbourg, chez Jacob Stnrm, un des principaux personnages du conseil de la ville. — Voir les lettres de Guillaume du Bellay k son frère Jean, 4 juin iS36, et à François !«% BAle, 12 août 1536. (Bibl. nat., Dupay 369, fol. 61, 22.)
Ul 4
50 MtMOlRES DB GUILLAUMB DU BELLAY. (Juin OU
gDeu de toutes f)ersoniie8 fors que de iuy ; si ft*aooordereol ensemble qu'ils le viendroient veoir et orroient oe qu'il voudroit dire. En autre lieu je pourray faire venir à propos de les nommer, afin de ne frustrer la mémoire de leur bienfaict et service; mais à présent ne vueil je les nommer, pour ne les rendre oportuns au maltalent de qui n*a pris plaisir en oe qu'ils en feirent.
Arrivez qu'ils furent, cncorcs qu'il semblast bien à leurs paroles et contenance qu'ils n'adjousiassent foy aux plus énormes articles mis sus au Roy, si est ce qu'ils Iuy donnoient le tort en aucunes choses, et autres en récitèrent esquelles plusieurs grands personnages non de ictère et téméraire créance le Iuy donnoient pareillement. A tous Icsdits articles leur respondit ledit soigneur de Langey, de manière qu'ils en demourercnt aatisfaicts et furent bien d'advis qu'aussi demoureroient plusieurs autres si on leur avoit de inesme respondu ; qui fut cause que ledit Langey rédigea les responses qu'il leur avoit faictes par escript, et trouva moyen de les faire secrettement imprimer et publier par toute la Germanie, tant en latin qu'en alleman et depuis en francois, afin qu'en plus de lieux elles fussent leues et la vérité cogneue '. Aussi pour taire cogrioistre aux protestans combien ils e&toient abusez en la persua-
1. Double d'une lettre eteripte par uitg êervitrur du Roy très chreatieii à umg êeeretaire alemant^ «on amy, auquel il respomd à Ma demamde $ur le» querelle» et di/fereiu entre l' Empereur et ledict âeigneur Roy; par laquelle il appert évidemment lequel de» iUux a e»ti aggretteur autant en la première quen la prt" aênt« guerre. — Au bout d'icelle e»t adjoustée urne arkrt 4» roMtmmguiniti d'entre le» maison» de France, Auttnckt^ thttrgomgne, MUmm 01 Savoy* : par laquelle il appert evidëmmêmt qm trient
Juin i&se) nxiÉm uviii. m
siou qu'ils avoieni sur U ieUre que leur ■ voit TEoipereur escrite, et sur les doubles de la protestation dudit seigneur, il les feit de mot à mot translater à la vérité, et imprimer en aileman et publier |>ar toute l'ÂUemagne : chose qui diminua beaucoup de Taflection qu*ioeux protestans avoient desja mise à TEmpereur, mais ne leur osta encores b mauvaise volonté que tant les ecclésiastiques qu'eux port oient au Hoy. Car, nonobstant que aux dessusdits personnages ledit Langey eust faict conster véritablement par lettres du seigneur de I^idekerke, ambassadeur de l'Empereur, escrites et signées de sa main, qu'enoores il estoit en ta cour du Roy, qui estoit pour confuter ceste deffîance de guerre imprimée, et leur eust aussi montré lettres qu'il avoit d'aucuns marchans allemans, escrites à Lion de fresche datte, pleines de contentement et satisfaction qu'ils avoient du bon trailtement que leur faisoit le Roy en leurs affaires, et dont ils remercioient ledit de Langey, comme celuy qui les avoit introduits et recommandez, qui estoit assez pour prouver ceste nouvelle de bannissement controuvée, si est ce qu'au populaire qui plus avoit esté persuadé n'estoit venue ceste oognoissance du contraire.
aujoitrd'hmi à la tuecession dettUcten maisons^ io-8*, s. 1., n. d. — Les antres publications de caractère officiel que GuillaanM du Bellaj répandit en Allemagne à cette époque sont recueillies dans Exemplum rrspontionis christianisaimi Galliarum régis ad protettaùoHem qua Caetarta Majestas Homae in eum inveeta est. Adj'ecta $umt et alia lectu non indigna, quae ad tOrUuque principii aliorumque causant plenius ac certius cognoteendam vekememter facere (si légère non gravaberis) facile intelUges. Ea veraa pagella reeensentur. Amno M ÛXXXy/, mente auguato, inV, s. 1. (BibL nat., Lb**64).
5S MÉMOniSS DB GUILLAUm DU BELLAY. [Juin 1S36
Advint si bien que, sur ces erres, les marchans venans des foires de Lion et qui s^estoient hastez pour cstre à temps à celle de Strasbourg arrivèrent les uns après les autres; dont, adverty, ledit Langey tist sçavoir de ses nouvelles en diverses villes, à quelques siens amis et serviteurs du Roy. Et par iceux fisl souvent et à divers jours et en diverses compagnies, es lieux plus hantez et frequens, interroger lesdits marchans quelles nouvelles ils apportoient de France; si rapportèrent lesdits marchans toutes choses confonnes à ce que par cy devant est plus amplement raconté. [Premièrement interrogez sur cestc deffîance, asseurerent qu*au temps de leur deslogement de Lion, il n*y avoit point encores de deffîance entre TËmpereur et le Roy et qu'encores estoient les ambassadeurs de Tun vers l'autre; que tousjours se conlinuoient propos de paix entre eux, mais bien tendoient les actes et démonstrations à la guerre. Plus affermèrent qu'au temps contenu en ccsle deffîance imprimée, faisant mention qu'elle avoit esté signifiée au Roy estant à Lion, ledit seigneur, un mois devant et plus de quinze jours après la datte, avoit tousjours esté aux lieux de S. Cher* et de Sainct Rambert et de Montbrison. Interrogez de ce bannissement, asseurercnt que tout au contraire le Roy leur avoit offert, au cas que la guerre (que Dieu ne voulus!) se vint à rompre entre luy et l'Empereur, ils auroient ce nonobstant telle seureté (|ue ses propres subjccts parmi son royaume. Et davantage, pour ce que les chemins pourroieut par
1. Saint-Chef, cant. de Bônrgoin, arr. de la Toar-da-Pin (laère). François l** demeura à Saint-Chef pendant la première quinzaine d'avril; à Montbrison du milieu d'arril jusqu'aa 16 mai, et du 10 au 20 mai environ i Saint-Rarobert.
Jaio 1536} SIll&ME UVRI. 6$
aventure, à cause de la guerre, estre mal seurs à gens esirangers, apportans aux foires argent en grosses sommes. qu*ils trouveroient en ses coffres à leur commandement, sans se mettre en hazard d'en apporter en France, les cent et les deux cens, voire les quatre et cinq cens mille escus, pour employer au faict de leur aooustumée marchandise et à rendre après la guerre en France, ou en Âllemaigne durant icelle, s'il luj advenoit besoing d*y en employer ; et qu'au surplus il leur auroit usé de telles et si gratieuses offires, qu'ils ne pouvoient sinon grandement s*en louer e» contenter. Interrogez par aucuns protestons deceste grande {lersecutioii que l'on disoit estre faicle en France contre leur doctrine, respondirent estre bien vray que le Roy ne vouloit souffrir aucune mutation es choses ecclesiastia|ues, sinon par bonne et meure délibération des supérieurs et ausquels il touche ; mais qu'au contraire de ceste extrême rigueur et sévérité, il avoit faict publier un edict (et aucuns d'eulx en avoient des transcripts), par lequel il rappelloit et remcttoit en seur accès et jouissance de leurs biens tous ceux qui pour eslre accusez ou souspeçonnez d'avoir attenté ou parlé contre la doctrine ecclésiastique ^ moyennant qu'ils feissent seulement promesse et voeu, chacun es mains de son diocésain, de vivre d'ores en avant en lx)ns chrestiens et soubs la doctrine et obéissance de saincte Eglise'.
Le seigneur de Langey, ce temps pendant ({ue peu
1 . La phrase reste en Fair. Il faut ajouter sans doute avoient esté poursuyvis.
2. Lettres d'abolition octrojées i tous ceux qui abjureront les erreurs et hérésies pour lesquelles ils sont poursuivis dans le délai de six mois, à la réserve des relaps, 31 mai 1536. — Voir
M HtMOniBS DE GUILLAIMB OU BELLAY. (Juillet I&36
à peu s^espandoit la vérité, voyant que toulesfois il ne luy seroit loisible d'aller publicc|uement en tant de lieux qu'il luy eust convenu pour exécuter la charge qu'il avoit du Roy et de niesseigneurs ses enfans, et demander une journée impériale pour faire entendre et exposer leurs droicts et raisons es choses dont entre l'Empereur et eux estoient leurs differens, envoya ses lettres de créance, avecques une sienne bien ample contenant en eflfect la substance de saditte créance, à monseigneur le duc Ixniis de Bavière*, comte Palatin, électeur, à ce que, comme doyen des électeurs séculiers (pour tant aussi qu'il estoit le plus voisin de France), il list à sçavoir aux autres laditte demande et requeste du Roy et mesdits seigneurs ses cnfans, et luy, durant le temps que son messager alla et vint, estoit allé vers les ducs Guillaume et Louis de Bavière', pour repeter d'eux la consignation dessus mentionnée; dont il ne rapporta sinon paroles et excuses assez mal fondées, c'est à sçavoir qu'ils disoient craindre (|ue si alors ils la rendoicnt, estant la guerre ouverte entre l'Empereur et le Roy, ledit seigneur Empereur auroit accasion ou couleur de dire qu'ils auroient baillé argent au Roy pour luy faire la l^uerre. Et outre ce, luy avoit esté dit par iceux ducs (|u'il se retirast de leur pais, pour double (|u'il ne vint à la congnoissance dudit seigneur £m(>ereur ou du roy des Rommains et (|ue commandement leur fust
le Bulletin de la Société de f histoire du Proteeteuaitme fhtutçmi», 1885, p. 166-168.
1. Louis V, dil le Paciflque, né en 1478, duc de Bavière, comte palatin du Rhin, raurt en 1544.
2. Guillaume IV le Conalant (U93-1&50) et Louis, duc de Undthnt (1495-1645).
Aoùl I&36] 81U*M1 UVtl. S6
faict (auquel ils n*06assent désobéir) de le délivrer entre leurs mains.
Ayant si peu exploicté en cedit voyage, il receut lettres sous les seings et seel du Palatin Electeur avecques aussi fîroide response, sçavoir est qu*il envoyeroit les lettres du Roy et de messeigneurs ses enfans, ensemble celle dudit seigneur de Laogey, contenant la sut>stanc(î de sa charge et créance, au roy des Romains, vicaire gênerai de TEmpire, pour y pourveoir ainsi qu'il jugeroit bon estre. laquelle response receue, ledit de Langey désirant, ores qu'au Roy son nMistre ne fust accordée la journée qu'il demandoit, qu'à tout le moins il fust à tous notoire et manifeste combien grandement s'estoit mis ledit seigneur en son debvoir et à luy ne tenoit que de ses différends ne fust jugé par ceux ausqueis en apparlenoit la cognoissance, escrivit autres lettres de pareille ou approchante subtance aux Electeurs et autres princes de l'Empire, et à chacun d'eux en fist tenir une avecques un double des lettres de créance du Roy et de mesdits seigneurs ses enfans; lesquelles il feit pareillement publier et imprimer par toute la Germanie, de la teneur et manière qui ensuit* :
LsUres de monsieur de Langey aux Electeur» de l'Empire,
Très révérends, très illustres et très excellens princes, etc. Lorsque le Roy très chrestien, mon souverain seigneur et maistre, me depescha pour venir en ceste Germanie, luy et messeigneurs serenissimes, ses enians,
1. On trouve un texte français de cette lettre (avec quelques légères différences de détail) de la main même de Guillaume
56 MâMOIHBS DE GUII liW IW BELLAY. [Aottl 1&S6
•voient tant par le bruii commun qoe par lettres d'aoeons entendu que, promptement, il s'y devoit tenir une journée impériale, cl à cestc cause ro'avoient donné lettres cl créance commune à vous tous, mM dessusdicts seigneurs, et charge de vous requérir et demander en leur nom assignalion d'autre journée impériale, en laquelle il leur fust loisible d'envoyer seurement etsansoflension de personne, ambassadeurs instruicts et informez suffisamment, pour vous exposer et déduire les droicts, noms, raisons et actions qu'ils prétendent, tant en Testât et duché de Milan qu'en autres choses violentement et à tort occupées et retenues sur eux; aussi pour vous approuver et justifier leurs faicts, et devant ce sacrosainct Empire (envers lequel ils veulent et désirent leur splendeur et dignité demourer entière et immaculée) purger et réfuter non point les crimes, mais les calumnies à eux imposées et mises sus.
Arrivé doncques en ceste intention, j'y ay trouvé deux choses contraires ii l'exécution de ma chaire : l'une, que ceste journée dont il avoit en nouvelles ne se tenoii point; l'autre, que je ne trouvoy seurelé de chemins si j'enlreprenoy de vous aller trouver chacun chez soy; et, qui plus est, aucuns personnages, et des plus principaux en degré et authorité, m'ont amiablement, mais à certes, adverty que je n'estoy menacé que de la fin de mes jours, fi j'estoy rencontré où que ce fust en Germanie. Icy me fault confesser vérité, je ne fus petitement esroeu de ceste nouvelle, et non seulement (encores que j'en eusse cause, et le fusse en effect) pour le danger particulier de ma personne, et pour celuy des affaires du Roy, mon maistre, mab aussi, tant pour la nouvelleté que pour l'indignité de la façon de faire, car, en ce me sembloit, outre l'offense faicte
du Bellay à la suite de la lettre adressée à François 1*, de Bile, 12 août 1536 (Bibl. nat., ms. Dupuy 260, fol. 22-2&). Le texte latin est à la suite de VEjrtmpUim defenêiomiêf cité s«/m^, p. SO, n. 1.
Août IM6) SIXIÈME UVRK. S7
an Roy, y ettre «omî offensée la réputation et authorité de ee tMMwaint Empire et de la nation germanique; lesquels ayaos esté par cy devant en estimation de telle grandeur et ezoellenee de cueur et de puissance que de vin<diqaer de toute injure, non seulement eux, mais autruy, qui est eeiuv qui ne s'esmouveroit à commisération de veoir maintenant vostre liberté non que grandeur estre si ravallée, qu'il vous convienne souffrir et comme tacitement oonaentir qu'il y ayt homme à Tappetit duquel il vous (aille ou accepter ou répudier les ambassadeurs des roys et princes? Qui vous puisse ordonner et commander ausquels vous donnerez et ausqnela vous refuserez l'entrée, et vous deffendre encores particulièrement de ne la donner à ceux, la ligue desquels (soient ou François, ou Francogermains) ont descendence des mesmes autheurs de cestuy vostre Empire? Lequel Empire vous a par eux esté concilié, par eux remis et restably des Grecs aux Latins, comme par restitution postliminaire? Et par la libéralité desquels, outre les grandes provinces qu'ils ont par grand travail, sueur et sang acquises à l'enrichissement et ornement de cedit Empire, à la fortification et seureté de vostre liberté, ont davantage esté augmentez les noms et limites de Germanie, et vostredit Empire décoré de l'accession de tant de grosses seigneuries, qu'eux de leur propre et ancien patrimoine a voient et possedoient des deux costez du Rhin? Et lesquels outre tous ces anciens bienfaicts ont tousjours une si grande conjonction à vostredit Empire, par amitié, par acoustumance, et par délibération, que, mesmement entre les plus grands feux de la guerre et plus embrasez qui ayent esté entre leurs Roys et voz Empereurs (comme vous en avez n'a pas longtemps veu l'expérience), la société d'entre vous n'en a jamais esté dissoulte, ne la communication disconlinuée? Estans doncques les choses en ceste sorte, souffririezvous, très révérends et très illustres princes, que par iceux soit deschirée en vous l'observation du droict des
58 MÉMOIRES DK GUUXAUMK DU BELLAY. {Aofti 1536
gent, et de ceax qui avecqnes vous ont telle société en cest Empire qu'ils vous ont acquis, les légats et ambassadeurs fusiient violez; le nom desquels doit estre en telle et si sacrosaincte révérence, qu'ils soient et conversent searemcnt et sans danger entre les armes des ennemis? Si est ce quant au Royi mondit souverain seigneur et maistre, que pour le respect qu'il vous porte, il remet ceste et autres injures insolites et indignitez ii luy faictes entièrement è la volonté de Dieu. Mais quant à mov, qui par luy et mes* dits seigneurs ses enfans ne suis icv envoyé que pour (levant vous (ausquels, ainsi que le droict de l'élection de l'Rmpire, appartient la cognoissancc et jugement des fiefs (|ui en dépendent) déduire les droits qu'ils ont et prétendent en la teneure d'iceluy, et pour en jugement (auquel ils sont déferez et accusez de ne vouloir estre) y faire appcllrr les détenteurs et occupateure d'iceux leurs (Iroicts, des<|uel8 leur est la privation de tant plus gnefve que les ayant ils peuvent (et le tiennent à tiltre honorable) se dire et iiombrer entre les princes duditsaincl Kmpire, je n'ay peu certainement faire le moins, afin que ma légation ne leur fust entièrement infructueuse, que d'exécuter par lettres et messages ce que possible ne m'est sans extrême et apparent danger exécuter de bouche. Et pour ce avoy je adressé les lettres du Roy et de roesfiits seigneurs ses enlans avecques unes miennes contenantes la substance de ma chargea très illustre prince, monseigneur Ixiuis, comte palalin, comme h ccluy auquel, pour estre voisin de France, et la retraite d'autant plus courte, je pouvoy le faire aveoqoes moins de danger en le priant très instamment que ton plaisir fust communiquer sur la requeste desdits seigneurs averques messeigncurs les collègues Electeurs, et antres tels princes ou estais de l'Empire, ausquels il jugeroit en appartenir la cognoissancc, et, par advis et délibération commune d'eux, respondre et faire droict sur icelle. Mais par ses lettres il m'a faict responoe qu'il envoyé-
Août I&36] SIXIÈMI LIVRI. 59
roit le tout au sermÎMime roy Ferdinand, qui le feroit tenir à l'Empereur, son frère, lequel tçauroit très bien comment cesl affaire se devroit gouverner. Surceste sienne response (trta pradens et très illustres princes) qae puis je, ne doibs je espérer et attendre ou de l'Empereur, ou do roy Ferdinand, son frère, sinon qu'ils ayent à supprimer et lettres et créance ?Sçachant que l'un se sent luy mesme revestu de la despouille et enrichy du patrimoine de mesdits souverains seigneurs et prince; sçachant que tous deux en tous leurs faicts et dicts travaillent h mettre le Roy, mon maistre, en sinistre réputation et opinion du monde, et, qae l'accusant maintenant de vouloir outre drc'ct et raison entreprendre sur le duché de Milan, et, auparavant l'avoir tenu et occupé sans tiltre, ils font (ainsi que vous voyez) assiéger et guetter les passages, pour doute qu'estant la vérité des choses, tout au contraire, et n'estant rien de ce qu'ils luy mettent à sus, il ne s'en envoyé justifier et rétorquer ceste mesme accusation ainsi qu'il appartient sur eux. C'est chose certainement seure et constante que l'empereur Maximilian, après cognoissauce de cause et parties ouves en droici, et par l'advis et délibération des princes de cest Empire, receut en foy et hommage, investit et mist en possession le feu roy I^uis decedé, ensemble le Roy, mon maistre, son prochain héritier et gendre, dudit estât et duché de Milan, comme de chose à eux appartenant de propre héritage de leurs ayeux et bisayeux. Et lequel Roy, mondtt souverain seigneur et maistre, non seulement ne refuse de se soubsmettre en la décision de ceste cause au jugement des estats de l'Empire, mais de soy mesme et plusieurs fois l'a demandé» tant s'en fault ne qu'en cestedite matière, ne qu'en celle de Savoye (laquelle aussi vous a esté desguisée) il ait jamais reffusé d'ester à droict. Constitué doncques entre tant de diflîciiltez, et voulant éviter reproche de m'estre si negligentement acquitté de ma chaîne, que, n'ayant eu
60 MÉMOIRES DB GUILLAUME DU BELLAY. (Août 1536
moyen de salisfaire eDtierement, je n'aye, au moins en (|ueli|tic {larlio, KaiiHfairt h mon devoir envers luy et mesdits seigneurs ses enfans, il m'a semblé (très révérends et très cxccllens princes) en espérance de remporter de vous quelque response, et leur pouvoir dire quelle attente de rcIFuge et secours ils peuvent fonder en vostre équité, devoir escrire et envoyer par messager exprès ceste lettre commune à tous vous ensemble et une particulière à chacun, et implorant vostre fov, vous supplier avoir esgard à lu saincte et ancienne conjonction et alliance de noslre royaume et de noz Roys à vostre Empire, à la cognation ancienne et tant souvent renouvellée, k l'amitié jamais interrompue entre noz princes et ceux de vostredit Empire; et qu'il vous plaise considérer quels personnage» vous estes, en quel degré constituez, quel est l'office de coHlc antique et véritablement germanique liberté, quelle chose vous estes tenus faire envers ccsl Empire, envers la mémoire desaulheura et instituteurs d'iceluy, envers l'universelle rcpublicque chreslienne. Ne souffrez (s'il est possible) que ces deux principaux chefs de laditte republique se combattent et affaiblissent l'un l'autre. Considérez qu'en la grandeur et force d'iceux elle peult et doit es|>erer de chercher Mtn accroissement de grandeur et gloire, sa fortilication contre les adversitez et périls, que les ancestres d'eux ont tousjours et par sur tous autres employé leurs biens, puiiuMinces et personnes k Tentretenement, augmentation et prouflit d'îcelle.
Ceste cy est la principale requeste que je vous fay, ainsi que la principale charge que j'ay de mesdiis seigneurs et maistres est de vous requérir, que si par les faoMes accusations intentées contre eux vous avez en voz esprits engendré quelque préjudice de leur cause, vous le vueillez démettre ; et que du costé dont sera le droict, vous souffriez incliner et passer aussi l'opinion de justice. laquelle chose certes j'espero, si ensemble vous réduisez en
Août 1596) SIXiftXB LIVRI. fit
mémoire la déclaration et approbation solennelle de leur ancien et certain dmict héréditaire, par le tesmoi^^ge et Jugement de Tempereur Ma&imilian en la personne du feu roj I..oaia deasusnommé, et le tort que depuis luy feit ledit empereur Maximilian, lequel après avoir extorqué de luy a«t dessus de cent cinquante mille escus, pour luj bailler l'investiture dudit duché, peu de temps après, et par avanture aveeques les mesmes deniers qu'il avoit receuz de luy, assemblant une puissante armée, l'en déposséda vioientemeni. Et l'ayant depuis le Hoy, mon maistre, recou* vert, et ja par plusieurs années possédé à l'encontre de l'occupatcur injuste, vosirc Empereur l'en a pareillement et sans co^oissance de cause spolié ; quoy que le droict yottloet, ainsi que voz ancestres et vous en avez tousjours osé, que le pouvoir et authorité de transférer les fiefs impériaux d'un personnage à l'autre appartienne à la loy et non à l'audace ou volonté de qui que ce soit. Duquel droict et loy, comme ainsi soit qu'à vous proprement et particulièrement appartienne la cognoLssance, vostre plaisir sera de bien délibérer quelle response vous aurez à faire sur la raisonnable requeste de mesdits souverains seigneura et serenissimes princes, lequels vous prient et requièrent ne les avoir en si peu d'estime, que desdaigner à entendre leur droit et raison, aussi bien que des autres princes de cestuy sainct Empire. A moy semble sans point de doubte que, s'il vous souvient bien qui vous estes, c'est à dire, seigneurs et princes de liberté, juges souverains de toutes les choses controverses en ce dit Empire, vous devez envers ledit seigneur Empereur insister ii bon escient si ce que justice leur soit ouverte, leur cause entendue et cogneue, et luy content de se renger à la raison, et obéir k ce que par vous en sera jugé, plustost que de persévérer en l'opinion, suivant laquelle (je ne scay si aveeques la dignité gardée) il se vante de plustost vouloir assembler et unir toutes ses forces et puissance, et les
m MÉMOIRES DB GU1LLAUMI DU BBLLAT. {Aottt 1536
esprouver contre le Roy, que contre le Turc, héréditaire ennemy du sang et nom des chrestiens, et de mieux a3rmer luy abandonner en proye tout ce qu'il laisse de païs derrière soy, que de se permettre demouvoir de ceste intention, et de retourner la teste en arrière de l'invasion une fois entreprise contre un roy, des ancestres et prédécesseurs tiuquel est advenue à la maison d'Autriche Toccasion des ffroi biens et puissance qui principalement l'ont mise et coUoquée en ceste suprême haulteur où maintenant vous la voyez.
Or tant y a que là où S. M. voudra persévérer en cesteditte sienne volonté, et si une fois il entre hoslillement es piiïs dudit Roy très chreslien, mon maistre, comme il se vante de vouloir faire, et par aventure a desja commencé, il trouvera et luy et messeigneurs ses enfans prests et si grandement equippez à le recueillir hardiment et sans craincte de ses menaces, qu'à l'ayde de Diru ils n'obmettront rien de ce qui appartient à princes vigilans et bons protecteurs et amateurs de leurs subjects et de leur patrie. iMai» aviinl qu'en venir jusques à là, et qu'une telle tem- |>este s'excitast, par laquelle ils cognoissent toute chreslionté estre opportune et exposée au hazard de grande ruine et vastité, ils ont bien voulu vous faire par moy entendre ce que dessus, et vous prier que, pour le devoir du lieu que vous tenez, vous advisiez de trouver la voye •Tobvicr à ceste effusion de sang chrestien, ou, à tout le moins, quelque modération à l'apparence du prochain danger, afin que par ceste leur déclaration, ils puissent consler à vous et à tous autres, que s'ils viennent à la gurrre contre ledit seigneur Empereur, ce ne soit par volontaire délibération, mais par contraincte et par oeceasité de rcpulser injure et se deffendre. A laquelle leur intention et commandement n'ayant peu satisfaire de bouche, eoeores que j'aye prou essayé de moyens, envers plusieurs et diverses personnes, j'ay eu mon dernier rcffuge et recours
AoAt 1536] SlxUtm LIVRE. 63
à retcrilure, très humblement suppliant voê «leellencet, qu'il ne vous soit grief ne moleste de me faire, par ee messager, entendre quelle sera vostre délibération sureeate très équitable demande et requeste.
Très reverens, très illustres, etc. Dieu, tout bon et tout puiannt, vetdUé conserver et bien fortuner voz dessusdittes excellences, et en cest urgent et pesant affaire, qui véritablement touche et appartient à tous, vous inspirer tel advis et conseil que le requièrent et vostre devoir et la neoetaité de la republicque chrestienne.
Ce temps pendant que le seigneur de Langcy feit cesteet autres despechcs, la vérité des choses qui fausemeot avoient esté mises sus au Roy fut espandue par la Germanie, et les calomnies entièrement descouvertes. Et mesmement es villes im{)eriales aucuns des marchans nouvellement retournez de Lion, ainsi que j'ay dit, feirent grandement leur devoir envers le sénat chacun de sa ville de reciter le bon et graticux traittement et les honnestes offres que leur avoit faictes ledit seigneur Roy avant leur parlement de Lion ; chose qui tellement modéra ceste indignation conceue contre luy que de xni mille hommes qu*esperoit le roy Ferdinand faire descendre en Cham^Kigne, et qui plus s'estoicnl mis ensemble par une particulière affection, les uns du butin et les autres de vengeance, que pour le service de luy ne de TEmpereur, son frère, il ne se trouva que le nombre de deux ou trois mille hommes, tous les autres déclarèrent ouvertement que sans paye entière ils ne feroient le serment, et ne le feroient sinon avec ceste exception, qu'ils ne porteroient les armes contre le roy de France en guerre invasive, es pats et seigneuries de Tancienne obéissance de la cou-
64 HtlIOIRES DB GUILLAUME DU BBLLAY. [Juin 1536
ronnc. Ainsi fut cesle levée rompue, et du peu de nombre qui se contentèrent de faire autre serment, les uns passèrent en Italie, les autres s'allèrent joindre avec l'armée du comte de Nansau.
Ordre donné en Pietnoni par monêieur C Amiral devant que se retirer. — En Piémont avoit desja monsieur l'Amiral, ensuivant rordonnance du Roy, assis la garnison dedans la ville de Turin, en laquelle il mist pour chef et lieutenant du Roy messire Claude, seigneur d'Annebault, ayant charge de cinquante hommes d'armes et chevalier de l'ordre du Roy, et Charles de Concis, seigneur de Burie, par cy devant nommé; messire Gabriel, seigneur d'Alegre, avecques sa compagnie de cinquante hommes d'armes ; chevaux légers, le seigneur d'Aussun cent chevaux, le seigneur de Termes cent, le seigneur de Dessé cent. Outre lesquels y demourerent plusieurs gentilshommes de grosse maison, lesquels s'y voulurent enfermer pour acquérir loz et bruit et faire service au Boy et à la chose publicque : entre lesquels furent le seigneur de Piennes, surnommé de HalluinS le comte de Tonnerre', le seigneur de Listenay', Guy Chabot^, fils aisné du seigneur de Jamac, Paul Chabot, seigneur de
i. Antoine de Halluin, sieur de Piennes, fils de Philippe de lUlluin et de Françoise de Bourgogne, gentilhomme de la chambre en 1532; il fut tué au siège de Thérouanne en 1553.
2. François du Bellay, comte de Tonnerre, gentilhomme de la chambre en 1533.