S«D-Dainiano, à 8 kil. au sud-ouest d'AtU
2. Osare Maggi, aapolitain au s«nrice de Cbarlet-Qdnt, gouveroeur de Volpiano (1535-1555). Voir Rraniâroc, Œmvrtm^ t. 1, p. 309.
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ville, lequel ert au droict de Tegliie Noitre Dame, tirant vers la Douaire, et fut le marché conclu entre eux. La nuict que ledit soldat devoit livrer sa marchandise escbeut à son esquadre son rang de faire b garde audit boullevert, parquoy meit ordre qu'il ne mena à saditte garde que deux ou trois soldats les plus malotrus qu'il eust atin de plus aisément parvenir à son entreprise. César de Naples partit de Vulpian, qui D*e8t qu'à sept petits mille de Turin, accompagné de dix eoieigiies de gens de pied et deux ou trois cens chevaux. Estant arrivé au boullevert, le soldat luy bailla le signal du lieu où il devoit planter ses eschelles, ce qu'il feit en telle diligence, qu'avant que l'alarme fiist à la ville ils entrèrent dnq enseignes dedans ledit boullevert, car les soldats qui estoient à la garde aveoques ledit caporal s'estoient sauvez à la fuitte entre la muraille de la ville et la douve qui est de t«rre. Or, est il qu'à la muraille y avoit une porte pour entrer dudit boulevert dedans la ville, laquelle estoit ouverte, de quoy l'ennemy, pour l'obscurité de la nuict, n'eut cognoissance : qui fut cause de b salvation de la ville et des hommes qui estoient dedans, car cependant que l'ennemy s'amusoit à dresser les échelles a la muraille pour entrer dedans la ville, l'alarme se donna.
Le seigneur de Boutieres, qui estoit gouverneur et lieutenant du Roy dedans Turin, s'estoit amusé la pluspart de la nuict à jouer au tablier, sortant de la salle pour se retirer en sa chambre, ouit l'alarme ; par quoy, ayant seulement avecques luy les Suysses de sa garde et quelque petit nombre de gentilshommes qui l'accompagnoient, sortit en la rue, où il trouva le
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{leuple fuyaotf qui luy dit : < Monsieur, sauvez-vous, les ennemis sont dedans! » Pour cest effroy ne laissa ledit seigneur de Boutieres à marcher droict au bastion, auquel lieu estant arrivé une hallebarde au poing, sans autres armes, accompagné des citadins, lesquels avoient bonne volonté de faire leur devoir, et à ceste occasion avoient prins les armes, donna droict à la porte du boullevert, laquelle il trouva cncores ouv^te, mais de la poincte de la hallebarde la ferma, de sorte qu'un gentilhomme sien parent, qui avoit marché le premier, fut enfermé dedans le boullevert avecques les ennemis. Les Impériaux, qui desja avoient chaîné l'artillerie qu'ils trouvèrent dedans le boullevert, bracquerent une coulevrine bastarde droict à la porte et, y met tans le feu, fauU cerent laditte porte, et, passant le boullet rasibus du seigneur de Boutieres, qui tenoit la porte, ttia un gentilhomme estant auprès de luy. Ce temps pendant les citadins avoient gaigné le hault de l'église et à toute diligence jettoient les tuilles à la ruelle, car il fault entendre qu'entre l'église et la muraille de la ville n'y a qu'une ruelle de sept ou huict pieds de large ; parquoy elle fut remplie desdittes tuilles pour donner espaulle et servir de rempart à la porte dudit boullevert.
Durant ce temps, le capitaine Wartis, navarrois, ayant charge de deux enseignes de gens de pied, après avoir pourveu a la garde de son boullevert et autres lieux de la ville nécessaires, craignant que par autre lieu on fust assailly, avecques deux cens arqucbuziers arriva au combat, où, après avoir gaigné le hault des tours et de la muraille, feit si bieo son
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devoir à coofM d'arquebuse et d*arqaebaie à croq, qu'il ooiitraigtiil les ennemis d'abandonoer le boullevert avecques leur confusion et perte, car il mourut des leurs environ le nombre de sept à huict vingts. Le adkbt qui avoitMaict la menée fut prins, pendu et ettranglé; si est ce que tousjours il maintint que ce quUl avoit faict estoit par le commandement dudit •eigneur de Boutieres, pensant prendre les ennemis à la pipée, mais, qu'ayant oublié le jour que se devoit faire l'exécution et n'ajant pourveu à son faict, luy en faisoit porter la pénitence; toutesfois je pense assurément qu'il disoit ces propos pour alonger sa vie, car ledit seigneur de Boutieres n'estoit pour avoir mis en oublj un faict de si grande importance.
Le seigneur de Humieres estant en Albe adverty du hasard auquel avoit esté la ville de Turin, voyant aussi la mauvaise volonté en laquelle estoient les lansquenets et estant tombé malade d'une tievre, laquelle desja luy avoit duré sept ou huict jours, n'ayant liomme sur lequel il se peult reposer pour les partialitez et querelles qui estoient en son camp (car le seigneur César Frcgose, qui avoit chaîne de mener l'avant garde, et le seigneur Jean Paule de Cere, qui estoit colonnel de l'infanterie italienne, estoient en querelle, aussi estoit le seigneur Hannibal de Gonzague, comte de Lanivolare, et le seigneur de Brissac), mesmes estant adverty que du camp impérial estoient partis six mille Espagnols et douze cens chevaux, qui estoient entrez dedans Montcalier, et craignant que pendant qu'il feroit sa demeure il advint inconvénient à Turin, qui estoit assez mal pourveue d'hommes, après avoir laissé dedans Albe le seigneur
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Julies UreioS cousin du seigneur Jeau Paule, chef de laditte place, avecques mille hommes de pied soubs sa charge, et le capitaioe Artiguedieu, gascon, avec cinq cens hommes et cinq cens estans soubs la diarge du seigneur Pierre Strozzy et dedans Quieras le seigneur Gesar Fregose avec tel nombre d'hommes qu'il voulut choisir, délibéra avecques le reste de Tar» mée de dresser la teste vers l'ennemy, le pensant surprendre à Monlcallier. De quoy le marquis du Guast adverty retira audit lieu de Montcallier tout le reste de son armée qui estoit en campagne, chose qui fut cause de rompre l'entreprise dudit seigneur de Humieres; lequel, ayant esté adverty que le desseing dudit marquis estoit d'aller surprendre Pignerol tÊÊtz mal pourveue d'hommes, considérant que s'il pouvoit la surprendre il osteroit le moyen à oestre armée de se pouvoir retirer et d'avoir secours en gar^ dant le pas de Suze, par l'advis des capitaines au partir d'Albe, le xiij* jour d'aoust', print le chemin de Quieras ; et cependant envoya le comte Francisque de Pontreme pour en extrême diligence entrer dedans Pignerol avecques cent ou six vingts chevaux légers et deux cens arquebusiers à cheval, faisant marcher après luy en toute diligence le colonnel du seigneur Gabriel d'Ariminy. Puis depescha le seigneur d'AU
1. Giulio Orsini, fils de Mario Orsini et de Virginia délia Rovere, né en 1511; il était entré au service de Françob i** dès 1525. Son grand<père était le frère de la grtnd'mère de Jean Paul da Ceri.
2. Voir les lettres du sieur de Humieres à François I", d'Alht, 2 et 10 août, et la réponse du roi (à des lettres des 13 et 17 août) (Bibl. nat., ms. fr. 173S7, fol. 52-53, 55-57; 3036, fol. 54).
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legre et le seigneur de Lastigny, ayant charge chacun do mille hommes de pied françois* pour entrer dedans Turin; aussi depescha les bandes d*Aramonl, qui estoietit de mille liommes de pied, pour se mettre dedans Quieras, outre les huict cens hommes que devoit avoir le cheralier Assal, qui en estoit gouverneur ; aussi envoya dedans Savillan le capitaine Jean de Turin ayant chaiige de mille italiens ; et ayant ainsi pourveu à toutes les duMes cy dessus, print son chemin aveoques ses bnsquenets et le reste de son armée pour se retirer au marquisat de Saluées et là attendre des nouvelles du Roy et le payement de ses lans- Quencts*
Sur son chemin arriva devant une petite ville nommée Busqué ^ laquelle ayant faict refus d'obéir, commanda de faire marcher Tarlillerie, dont il estoit mal equippé, pour en avoir laissé la pluspart dedans les places qu*il avoit pourveues; mais, après avoir faict tirer quelques coups de canon, le comte Hannibal de Lanyvolare ne voulant attendre que la bresche fut raisonnable, aveoques quelques nombre d'Italiens qui estoient soubs sa charge, donna un assault duquel ib furent repoussez et fut ledit comte frappé d'une arquebuzade dont il mourut, et fut son corps porté à Pignerol.
Noz gens repoussez de Tassault et Tannée de Tennemy logée à Poirin plus forte que la nostre, d'autant que leurs lansquenets de secours estoient arrivez, fiit coficlud d'abandonner Busqué et, suivant la première délibération, nostre armée print son chemin à