Ms. Ed. : qui en mourut... de quoy
2. Ms. : Car il fault entendre que la ville n'estoit nullement remparée et la muraille estoit bien foible. Mais ceulx de dedans avoient espérance sus des maisons quilz avoient flanquées et percées. Les Suisses, etc.
Mars-avril 1522] DEUXIÈME LIVRE. 221
deffences. Tellement que lesdits hommes d'armes, leur ayans faict abandonner la brèche, pensèrent ville gaignée ; mais ils trouvèrent une trenchée par le dedans bien flanquée, où s'estoient retirez ceux de la ville, qui d'arrivée tuèrent et blessèrent beaucoup desdits gens d'armes à coups d'arquebouze. Finablement\ ayans coullé le long de ladite trenchée, trouvèrent des maisons par lesquelles ils passèrent après les avoir rompues, et gaignerent le derrière des ennemis ; lesquels, se trouvans saisis par derrière, se mirent en fuitte. Les Suisses, voyans la ville forcée, entrèrent dedans, et mirent tout au fil de l'espée. Le comte Philippe Tourniel et peu d'autres avec luy eurent la vie sauve, et presque tous (hors mis ledit comte) furent pendus et estranglez, après avoir confessé les cruautez qu'ils avoient commises aux François : comme de leur avoir mangé le cueur, leur ouvrir le ventre tous vifs et dedans faire manger l'avoine à leurs chevaux, avecques plusieurs autres inhumanitez.
Apres icelle exécution, arrivèrent le mareschal de Foix, le capitaine Bayar et le comte Petre de Navarre, lesquels (comme j'ay dit) venoient de France. Eux assemblez, délibérèrent de lever tout le pais de l'Omeline de la main des ennemis; parquoy prindrent le chemin de Vigeve^, auquel lieu estans arrivez, ceux de la ville se mirent entre leurs mains ; le chasteau se fit battre, mais ce fut peu, car le lendemain il se rendit bagues sauves. Le seigneur de Lautrec, adverty que noz ennemis se vouloient assembler, sçavoir est l'ar-