Cariât, arr. d'Aurillac (Cantal
2. Inexact. Morone mourut en 1529, deux ans après le connétable de Bourbon. Peut-être l'évêque d'Autun fut-il chance-
Sept.-oct. 1523] DEUXIÈME LIVRE. 279
le Roy luy pardonna, et le remist en tous ses biens^. Par les choses prédites, on peult facilement recognoistre la grande humanité du Roy, lequel, estant offensé de ceux qui avoient receu les biens et honneurs de luy, ne print vengence d'un seul, ains pardonna à tous ceux qui retournèrent vers luy cherchans miséricorde.
Provision que feit le Roy. — Le Roy, voyant la fuitte de monsieur de Bourbon et craignant que autres fussent de la partie, ne fut conseillé de passer les monts en personne; parquoy manda à monseigneur l'amiral de Bonnivet, messire Guillaume Gouffier, lequel estoit ja près de Vercel avec l'armée, qu'il eust à exécuter l'entreprise du duché de Milan, suivant ce qu'eux deux en avoient conclu^. Et retint près de sa personne le duc d'Alançon, le duc de Vendosmois, le grand maistre Bastar de Savoye, le mareschal de Ghabannes, seigneur de la Palisse, avecques leurs compagnies, chacune de cent hommes d'armes. Et parce qu'il fut adverty que la Motte des Noyers, lequel j'ay dit cy-dessus avoir esté, par monsieur de Bourbon, depesché en Allemagne, marchoit avecques le comte Guillaume de Fustamberg et le comte Félix et leurs regimens de dix ou douze mille lansquenets prenans leur chemin entre la Bourgongne et la Champagne,
lier de Milan pendant l'emprisonnement de Morone (1525- 1526).
1. Les lettres d'abolition en faveur de l'évêque d'Autun sont de mars 1527-1528. (Arch. nat., JJ.243, n« 405.)
2. Voir la lettre par laquelle François l" annonce à Montmorency et à Bonnivet sa résolution, Lyon, 17 septembre 1523. (Bibl. nat., ms. fr. 3897, fol. 244.)
280 MÉMOIRES DE MARTIN DU BELLAY. [Sept. 1523
manda au duc de Guise, qui estoit en Bourgongne, et à monsieur d'Orval, qui estoit en Champagne, qu'ils eussent à pourveoir à leurs frontières et du costé où l'ennemy tourneroit la teste ils eussent à assembler leurs forces ensemble, leur envoyant la compagnie de cent hommes d'armes de monsieur d'Alançon et celle de monsieur de Vendosme de pareil nombre pour les renforcer; retenans près de luy les personnes dudit duc d'Alançon et de Vendosme. Aussi retenoit le mareschal de Chabannes et le grand maistre pour les employer où verroit estre besoing et que les occasions s'offriroient.
Armée du Roy en Italie. — Environ le commencement de septembre mille cinq cens vingt-trois, monsieur l'Amiral ayant eu les nouvelles de la fuitte de monsieur de Bourbon, ensemble le mandement que luy faisoit le Roy d'exécuter l'entreprise de Milan, parce que si le Roy eust marché en personne, luymesme eust conduit l'avant-garde, la bailla pour conduire à monsieur le mareschal de Montmorency et luy print charge de la bataille; ce faict, marcha avecques l'armée droict à Milan. Vous avez ouy cy-devant comme Prospère Colonne avoit fortifié les passages du Tesin, se persuadant d'empescher nostre armée de passer et sur ladite espérance avoit délaissé la fortification de Milan qu'il avoit commencée. Peu devant ce temps, le duc Sforce, lequel faisoit sa demeure à Mouche, un jour partit pour venir à Milan, mais un gentilhomme milannois de sa famille nommé Benedict Visconte^, mal content dudit Sforce, son maistre, parce qu'il luy