Dans la première quinzaine de mars
2. Binasco, sur la rive droite du Tessin, entre Milan et Pavie.
308 MÉMOIRES DE MARTIN DU BELLAY. [Févr.-mars 1524
à nostre prouffit, car naturellement l'Espagnol craint plus la mort qu'autre nation, et va plus à la guerre par avarice que pour autre occasion; et où il cognoist qu'il y a plus de perte que de gain, peu ou point, il ne se hazardera : je parle de la plus grande part et non de tous*. Et qu'il soit vray, durant ledit temps de la mauvaise guerre, peu d'Espagnols se hazardoient de se jetter en campagne, tellement que nous commencions d'estre en plus grand repos que par devant. Mais les Espagnols ne cessèrent de praticquer jusques à ce que la bonne guerre fust accordée^.
L'armée imperialle estant à Gambelot et la nostre à Vigeve, pour estre si proches, trois jours subsequemment monsieur l'Amiral meit son armée en bataille devant l'ennemy, pensant le provoquer de venir au combat, encores que les Impériaux fussent deux hommes pour un toutesfois le vice-roy de Naples et le duc d'Urbin ne voulurent bazarder ce qu'ils esperoient estre à eux sans combat. Et, pour trouver moyen de nous tirer de Vigeve, marchèrent droict à Sartirague^, dedans laquelle ville estoient le comte Hugues de Pepolo, Boulonnois^, le seigneur Jean de Birague^,
1. On trouve les mêmes réflexions, à peu près dans les mêmes termes, dans les Gestes de Montmorency, fol. 21 v°.
2. Voir à ce sujet les réponses de Bonnivet au connétable de Bourbon, 20 février [1524]. (Bibl. nat., Moreau 774, fol. 58 v"- 59, copie.)