‹ Mémoires de Martin et Guillaume du Bellay; (volume 3)Chapitre 200 sur 223 · Voir la lettre de Richard Pace à Henry VIII, du 16 juin · texte numérisé non relu

Voir la lettre de Richard Pace à Henry VIII, du 16 juin

318 MÉMOIRES DE MARTIN DU BELLAY. [Août 1524

faire recevoir honte à leur ennemis, comnne ils feirent; car, estant le duc de Bourbon et le marquis de Pesquaire arrivez devant la ville*, furent si bien recueillis tant par escarmouches qu'à coups de canon qu'ils congneurent bien qu'elle n'estoit despourveue de gens de bien.

Armée du Roy en Provence. — Le Roy, pareillement adverty de l'armée de l'ennemy devant Marceille, feit en toute diligence remettre son armée sus, laquelle en l'année mesmes avoit esté ruinée; et desja avoit envoyé en Suisse faire levée de xiiii mille hommes et six mille lansquenets, sçavoir est trois mille soubs la charge de François, monsieur de Lorraine, et trois mille soubs la charge du duc de Suffolc Rose-Blanche, duquel j'ay parlé en plusieurs de ces Mémoires, et dix mille tant François qu'Italiens, lesquels mis ensemble avec quatorze ou quinze cens hommes d'armes, délibéra d'aller combatre son ennemy devant Marceille, lequel y avoit desja tenu le siège six sepmaines. Pour procéder à laquelle entreprise, le Roy envoya devant le mareschal de Ghabannes, auquel il avoit baillé son avant-garde à mener, pour se saisir de la ville d'Avignon, craignant que l'ennemy ne s'en investist, ce que ledit mareschal exécuta ; puis sentant le Roy approcher, marcha à Salon de Graux ^ à huict lieues d'Avignon et huict de Marseille. Mais le seigneur de Bourbon, se sentant approché de si près avecques telle puissance que celle du Roy, diligenta

1. Le 19 août. Sur le siège de Marseille, voir Mignet, Rivalité de François /*' et de Charles- Quint ^ t. I, p. 522-549.

2. Salon, cant. de l'arr. d'Aix (Bouches-du-Rhône), à proximité de la plaine de la Crau.

Sept. 1524] DEUXIÈME LIVRE. 319

sa retraitte, et pour ce faire feit embarquer sa grosse artillerie pour la mener à Gennes, et feit mettre par pièces la menue pour la porter à dos de mulet, parce que les chemins de sa retraitte estoient presque impossibles pour y conduire charroy*. Le mareschal de Chabannes, se mettant à la suitte, envoya quatre ou cinq cens chevaux, lesquels, arrivans sur la queue de l'ennemy , défirent bon nombre d'hommes et gaignerent un fort grand butin, car chacun pour se sauver laissoit son bagage derrière, et les soldats, n'ayans puissance de porter leurs armes, les laissoient par les chemins. Aussi le mareschal de Montmorency avecques bonne trouppe les suivit jusques par delà Tolon, ne leur donnant loisir de reprendre leur alaine^.

Le Roy, ayant advertissement de leur retraitte, délibéra l'entreprise de Milan, encores que de plusieurs fust diverty, pour estre l'hyver desja prochain, car il estoit la my octobre mille cinq cens vingt quatre, neantmoins voyant son armée preste, et la retraitte dudit de Bourbon, entreprint de luy coupper chemin ou d'arriver en Italie le premier. Et, pour ce faire, incontinant sans autre séjour dressa le reste de son armée en Italie, ayant en sa compagnie le roy de Navarre, le duc d'Alançon, le comte de Sainct Pol, le duc d'Albanie, le duc Claude de Longueville, le mareschal de Chabannes, le mareschal de Montmorency, le mareschal de Foix, le grand maistre Bastar de Savoye, l'amiral Bonnivet, du conseil duquel il usoit plus que

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