D'après Lingard, Histoire d'Angleterre, t. III, p
Or est-il que ledit roy Henry, après avoir obtenu le royaume d'Angleterre par le moyen du roy de France, ainsi qu'avez entendu, descendit avecques une armée en France et vint assiéger Boulongne*; le duc de Suffolc, qui estoit (comme dit est) fugitif en Alemagne, sçachant la guerre déclarée entre le Roy et le roy d'Angleterre, vint au service du Roy avec bon nombre de lansquenets; mais ce pendant fut faict un traitté entre le Roy et le roy d'Angleterre devant Boulongne ; auquel traitté le roy d'Angleterre persista fort à ce que le Roy luy remist entre ses mains ledit duc de Suffolc, chose qu'il ne luy voulut accorder, voulant garder sa foy et sa parolle; bien consentit qu'il s'en iroit habiter hors de ce royaume, et depuis ce temps là, par tous les traittez de paix qui ont esté entre les roys de France et d'Angleterre, cest article y a tousjours esté couché, de sorte que dez que la paix estoit entre les deux royaumes, il s'absentoit, et dez que la guerre commençoit il revenoit au service du Roy, où il a tousjours continué jusques à la bataille de Pavie, qui fut l'an mille cinq cens vingt-quatre, où il mourut, ainsi qu'il sera dit cy après ^.
Henry VII aurait réellement donné cet ordre à son fils ; mais il faut reconnaître que ce dernier ne se pressa pas de l'exécuter, puisqu'il fit décapiter Edmond de La Pôle, non pas « incontinant », mais seulement le 5 avril 1513, c'est-à-dire environ quatre ans après la mort de Henry VII.
1. Il y a ici une confusion évidente : il faut lire sans doute Térouenne et il s'agit de la descente de Henry VIII, en 1513, comme un peu plus loin du traité de Londres (août 1514).
2. Le duc de Suffolk dont il s'agit dans ce paragraphe est Richard de La Pôle et non plus Edmond, comme dans le paragraphe précédent.
Réception de la royne Marie, — Maintenant fault retourner au traitté de mariage d'entre le roy Louis et madame Marie d'Angleterre. Après que les choses furent ainsi accordées, le Roy s'approcha de la Picardie pour recevoir sa femme future, et, arrivé qu'il fut à Abbeville, qui estoit environ le dixiesme jour d'octobre mille cinq cens quatorze ^ envoya monsieur d'Angoulesme à Boulongne pour recueillir ladite dame Marie ^, et avecques luy le duc d'Alançon, le duc de Bourbon, le comte de Vendosme, le comte de Sainct-PoP et le comte de Guise, et la plus part des princes et noblesse qui estoient près de luy; auquel lieu de Boulongne estant arrivée, madite dame Marie fut par lesdits seigneurs recueillie magnifiquement et conduite en grand triomphe jusques à Abbeville, où le Roy alla au devant d'elle. Puis le lendemain'* l'espousa en grande solennité en une église qui est sur la place où l'on vent les denrées. Ce faict, se retira vers Paris pour faire couronner ladite royne à Sainct Denis et faire son entrée à Paris ^, et estoient venus pour accompagner madite dame Marie plusieurs princes et grand seigneurs d'An-