Corrigé dans le ms. : au-dessus
3. Une montre de la compagnie Imbercourt, en date du 23 août 1515 (Bibl. nat., ms. fr. 21509, fol. 891), donne parmi les archers Robert de Beauvais et parmi les hommes d'armes Louis de Hellancourt.
verent des chevaulx du royaume gaignez de mille à douze cens^ Ce faict, noz gens, craignans les Suisses qui estoient à Gosny- avec leurs prisonniers et chevaulx, se retirèrent à Fossan, attendans le passage de nostre armée.
Passage du Roy. — Les Suisses, advertis que les François estoient passez en la plaine et leur cavalerie deffaicte, et que le Roy avoit desja gaigné le hault de la montaigne au dessus de Sainct-Pol^, par un lieu où jamais armée n'avoit passé, abandonnèrent Gosny et tous les passages pour se retirer vers Milan, se venant joindre avec eux le cardinal de Sion'^, qui estoit à Pignerol^ avec une partie de ses forces, estant en ladite armée légat du Pape et député de Maximilian, esleu empereur. Parquoy le Roy, sans empeschement, paracheva son passage et vint loger audit lieu de Gosny, dont les Suisses estoient deslogez le jour précédant. Pendant ce temps, messire Emar de Prie, envoyé du Roy par autre costé, avec l'ayde des Genevois, prit
i. Sur cette affaire de Villafranca, qui eut lieu le 13 août, voir Y Histoire du chevalier sans peur et sans reproche (éd. Roman, p. 371-380); Mémoires de Fleuranges, chap. xlix; Journal de Barrillon, t. I, p. 79-80.
2. Coni, sur la Stura, au confluent du Gesso. Les Suisses s'étaient déjà repliés sur Saluées.
3. Saint-Paul, sur l'Ubaye, arr. de Barcelonnette, au pied du col de Larche (Hautes-Alpes).
4. Mathieu Schinner, évêque de Sion (1500), cardinal (1511), légat - gouverneur à Milan après l'expulsion des Français (1513). Après Marignan, il leva une nouvelle armée, qu'il amena à Maximilien Sforza, mais il ne put empêcher la signature de la paix entre François I" et les Suisses (novembre 1516). Il se retira ensuite à Rome, où il mourut, le 2 octobre 1522.
5. Pignerol, sur le Chisone, à 25 kil. au sud-ouest de Turin.
la ville d'Alexandrie, et la mist en l'obéissance du Roy par le moyen d'aucuns de la part de Guelfe^ qui estoient dedans. Le Roy, voyant toutes choses prospérer en son entreprise, marcha de Cosny droit à Carmagnolles^, de Carmagnolles à MoncalUer^, auquel lieu il passa le Pau; où vint au devant de luy le duc de Savoye*, son oncle, frère de madame Louise de Savoye, sa mère, qui estoit demeurée régente en France, lequel le conduisit à Thurin, où il fut receu en grande magnificence ; puis, sans faire séjour, marcha droit à Chivas^, dont les Suisses ne faisoient que de desloger, ayans saccagé la ville et bruslé le chasteau, et de là à Vercel^, qui estoit le chemin que prenoient les Suisses pour leur retraitte, ne leur donnant le loisir de reprendre leurs esprits, jusques à ce qu'il les eust remis dedans la ville de Milan. Le Roy, partant de Vercel, s'en alla àNoare"', dont luy furent présentées les clefs et l'obéissance, et d'icelle fut fait gouverneur le mareschal de Ghabannes ; auquel lieu arrivèrent les bandes noires, qui estoient six mille Allemans, nourris et aguerris ensemble depuis vingt ans, que le duc de Gueldres a voit amenés au service du Roy, de quoy avoit la charge, soubs ledit duc,
1. Le parti guelfe, hostile aux Impériaux, qui avaient pour eux les Gibelins.
2. Carmagnola, sur la rive droite du Pô, entre Racconigi et Carignan, à une trentaine de kil. au sud de Turin.