Le sieur de Montpezat fut dépêché le 24 mai et retourna
gneur d'Emery, qu'il eust à la vuider contre luy; et qu'il n'eust à faire la guerre à l'Empereur et mesmes envoiroit faire deffences à tous ses subjets qu'ils n'eussent en ce cas à porter faveur ny ayde audit messire Robert : ce qu'il feit. Qui fut cause que le vingt-deuxiesme du mois de mars, l'an mil cinq cens vingt et un^ ledit messire Robert de la Marche retira son armée et la licentia, pensant estre à la fin de la guerre ; et quant à ce que ledit gentilhomme demandoit que le Roy eust à faire nouveaux traitiez avec l'Empereur, cela ne se pouvoit faire sans en advertir le Pape, parce que, par alliances d'entre Sa Saincteté et luy, il ne pouvoit riens conclure de nouveau sans l'en advertir, et qui luy en escriroit, puis, sa response ouye, volontiers entendroit à toutes bonnes raisons.
Différend sur le royaume de Naples. — Il est certain que le Roy avoit un traitté^ avec la saincteté du Pape pour le recouvrement du royaume de Naples, au cas que l'Empereur fauldroit à ce qui estoit promis par le traitté de Noyon, duquel peu devant est faicte mention ; qui estoit de faire une pension au Roy tous les ans pour ledit royaume. Mais l'Empereur avoit
le 4 juin. Voir Brewer, op. cit., t. III, part, i, n°» 1323, 1303- 1304; Bibl. nat., ms. fr. 2980, fol. 58-59.
1. C'est la date donnée également par Guillaume du Bellay, Fragments de la première Ogdoade, p. 40. Mais il ne présente pas cette retraite comme une conséquence de la mission de Montpezat, et le récit de Martin est, ici encore, particulièrement confus.
2. Le 22 octobre 1519, un traité secret avait été signé, à Amboise, entre François P' et Léon X. Sur la politique du Pape, voir l'ouvrage de Francesco Nitti, Leone X et la sua politica^ Florence, 1892, p. 258-261.
failly, tant pour Naples que Navarre, dequoy le Roy
ne pouvoit avoir la raison, sans entrer en guerre avec
ledit Empereur; et maintenant s'accorder avec luy,
c'estoit contrevenir à leur alliance. Aussi que le Pape
et le Roy estoient alliez pour la deffence d'Italie, et
estoient les Vénitiens sur le poinct d'entrer en ladite
ligue. Parquoy le Roy envoya devers Sa Saincteté, pour
sçavoir quand il luy plairoit mettre l'entreprise de
Naples à exécution. Au gentilhomme envoyé de la
part du Roy^, le Pape feit grand recueil, et luy bailla
la liste des gens de cheval et de pied et artillerie qu'il
estoit besoin d'avoir pour ladite exécution, et luy
devoit le Roy faire response dedans vingt-deux jours.
Le terme se passa, et mesmes un mois d'avantage,
chose qui meit le Pape en soupeçon, qu'onques
depuis on ne luy sceut lever du cerveau, que desja le
Roy n'eust faict quelques traittez sans son sceu et à son
desavantage, et mesmes disoit que le Roy ne s'estoit
aquitté de faire conclure ladite ligue de la deffence
d'Italie aux Vénitiens. Aussi se plaignoit le Pape que,
peu de temps devant, estoit entré dedans les terres de
l'Eglise un nombre d'Espagnols contre lesquels il
avoit esté contrainct de faire levée de Suisses, dequoy
le Roy devoit payer les fraits par moitié, ce qu'il avoit
faict pour le premier mois, mais les autres non^.
Toutes ces occasions mirent le Pape en telle per-
1. François Gréen, sieur de Saint-Marsault, que François I" envoya à Rome au mois d'octobre 1520 et qui revint à la cour en février 1521. Il devait tenter, par l'appât de la conquête du royaume de Naples, de transformer le traité défensif de 1519 en un traité d'alliance offensive, mais il ne réussit pas dans sa mission. Voir F. Nitti, op. cit., p. 240 et suiv.