‹ Mémoires de Martin et Guillaume du Bellay; (volume 3)Chapitre 86 sur 223 · Ms. : espérance · texte numérisé non relu

Ms. : espérance

3. Philippe II, sieur de Croy, premier duc d'Arschot, comte de Porcien, mort en 1549, après avoir servi Charles-Quint.

4. Jacques de Luxembourg, sieur de Fiennes, chevalier de la Toison d'or, gouverneur général de Flandre et d'Artois, mort en 1530.

5. Tournay ne fut rendue au comte de Nassau que le 16 décembre. Martin suit ici encore fidèlement et même traduit Guillaume du Bellay, qui donne les mêmes chiffres (sauf 1,200 chevaux). [Fragments^ p. 74-75.)

la guerre dénoncée entre le Roy et l'Empereur ; mais, après la prise de Sainct Amand et de Mortaigne, combien que l'Empereur niast que ce fust par son commandement et adveu, mais que c'estoient querelles particulières entre mondit seigneur cardinal de Bourbon et le seigneur de Liques, le Roy, ne se voulant laisser abuser, ne voulut faillir à diligenter de se préparer à la deffence, tenant la guerre pour déclarée. Le temps s'approchoit que les ambassadeurs se dévoient assembler à Callaiz, où furent ordonnez pour la part du Roy Antoine du Prat, chancelier de France, et Jean de Selva, pour gens de robbe longue, et Jacques de Chabannes, mareschal de France, pour robbe courte ^. Prise de Ardres. — Durant ce temps, les Bourguignons vindrent assiéger Ardres, laquelle, pour n'estre deffensable, leur fut rendue^; puis estant par eux ruinée à fleur de terre, délibérèrent en faire semblable à Terouenne, ayans espérance sur une intelligence qu'ils y avoient; mais la trahison fut descouverte par des lettres que l'on trouva qu'une vieille femme portoit aux ennemis et furent les traistres punis selon leur mérite^. On ne laissa à faire des rencontres, tant d'une part que d'autre, et entre autres en fut faicte

1. Les instructions données à ces ambassadeurs et datées de Dijon, 19 juillet, sont reproduites dans le /oMT-na/c^e 5arri7Zon, t. II, p. 192-203.

2. Les Impériaux entrèrent dans la ville le 9 septembre. Voir à ce sujet les Fragments de la première Ogdoade, p. 79 et 80, et les lettres de François P' au duc de Vendôme, de celui-ci et de La Fayette à François I", citées en notes.

3. Sur l'attaque contre Thérouanne, voir les Fragments de la première Ogdoade, p. 80-82, que Martin du Bellay se contente de résumer.

une par le seigneur de Telligny, contre six cens Bourguignons qui estoient entrez en ce royaume pour faire butin, dont la plus part furent tuez, et les autres pris prisonniers. Pendant le Roy manda venir devers luy les princes de son sang avecques les autres capitaines, en sa ville de Reims, pour sur les affaires de la guerre avoir advis*.

Parlement de Callaiz. — Le mareschal de Chabannes et ses compagnons se rendirent à Callaiz ^ pour traitter des differens des deux maistres; mais les députez de la part de l'Empereur demeurèrent tousjours sur leur haulteur, demandans des choses desraisonnables comme la restitution du duché de Bourgongne et d'abolir l'hommage que devoit l'Empereur pour ses Pais Bas à la couronne de France, disans n'estre raisonnable qu'un Empereur portast la foy à un roy de France. A ceste occasion, le parlement fut délaissé sans nulle conclusion et chacun se retira en son lieu.

Siège et prise de Mouzon par les ennemis. — Durant ceste assemblée, l'armée imperialle s'approchoit de Mouzon; parquoy le Roy conclut de là pourveoir, et, pour cest effect, y envoya le seigneur Anne de Mont-

1. C'est seulement à la fin de septembre que le duc de Vendôme fut appelé auprès de François P'.

2. Chabannes avait rejoint ses collègues à Abbeville, le l"août, et tous ensemble étaient arrivés à Calais le 4. Sur ces conférences de Calais, qui durèrent jusqu'au mois de novembre, voir le récit, avec reproduction de pièces diplomatiques, de Barrillon, Journal, t. II, p. 204 et suiv. Cf. A. Spont, les Conférences de Calais (1521), dans les Positions des thèses des élèves de V École des chartes, 1888.

morency, lequel y mena de renfort* (outre la compagnie du seigneur de Montmort^ de cinquante hommes d'armes, y estant gouverneur pour le Roy) le seigneur de Lassigny ^ pour compagnon dudit seigneur de Montmort, ayant charge de mille hommes de pied, le capitaine Piefou avecques pareille charge; et au capitaine La Grange commission de lever au plus tost qu'il pourroit cinq cens hommes; et, pour renforcer la gendarmerie, dix hommes d'armes de la compagnie du duc d'Alançon, dix de celle du mareschal de Chastillon, dix de la compagnie dudit seigneur de Montmorency*. Le capitaine Montclou^, ayant charge d'une des enseignes du seigneur de Piefou, fut mis à la garde de la porte de Reims avecques trente hommes d'armes

1. Le 16 août, Anne de Montmorency introduisit dans la ville un renfort de gendarmerie « à la veue du guect des Bourguignons ». Lettres de Montmorency et du sieur de Silly au duc d'Alençon et au maréchal de Châtillon, vendredi soir 16 août. (Bibl. nat., ms. fr. 2975, fol. 77 et 78.)

2. Louis de Hangest, sieur de Montmort, conseiller et chambellan du roi, gouverneur de Mouzon.

3. Guillaume de Humières, sieur de Lassigny, second fils de Philippe de Humières et de Blanche de Falvy (mariés le 21 juin 1460), capitaine de gens de pied. C'est lui qui est le Lacinius dont il est question dans les Fragments de la première Ogdoade, p. 84-90, et non pas Ogier de Signy.

4. C'est en effet le chiffre donné par le maréchal de Châtillon dans une lettre adressée à François P', de Reims, 13 août, citée dans les Fragments de la première Ogdoade, p. 84, n. 4.

5. Peut-être s'agit-il de ce personnage dont il est question dans le Journal d!un bourgeois de Paris, p. 167-168. L'édition porte Montelon, mais c'est Monclou qu'on lit sur le manuscrit. Cf. Livre de raison de Versoris (éd. Fagniez, § 115); Chronique parisienne de Pierre Driart, dans les Mémoires de la Société de l'Histoire de Paris et de t Ile-de-France, 1895, p. 77.

et le capitaine Razemon avecques l'autre enseigne dudit Piefou, au costé d'ivoy, tirant vers Luxembourg, et avec luy la compagnie du seigneur de Montmort; La Grange eut la charge du boullevert, du costé de la Meuze.

Estant Testât de Mouzon tel que dit est, le comte de Nansau s'estoit campé à Douzy^ gros bourg au dessous duquel la rivière du Cher^, venant d'ivoy^, se descharge dans la Meuze, et est la moitié de la seigneurie* au Roy, à cause de la seigneurie de Mouzon, et l'autre moitié du duché de Bouillon ; duquel lieu les Impériaux, passans la rivière, venoient piller et desrobber sur les terres de l'obéissance du Roy, près de Mouzoh. Parquoy le seigneur de Monmort envoya devers le comte de Nansau pour en faire plaincte ; ledit comte feist responce que c'estoit sans son sceu ny ordonnance et que, si ses gens y estoient rencontrez, il en feit luy mesmes la punition, et qu'il n'entendoit faire la guerre contre le Roy, seulement vouloit séjourner son camp, attendant que la trefve faicte avec ceux de la Marche fut expirée^. Le seigneur de Montmort et la compagnie estant avecques luy trouva la responce raisonnable, mais incontinant il eut autres

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