Ms. : tant d'un costé que d'autre
5. Le traité de Noyon fut signé le 13 août 1516. Voir le texte dans les Ordonnances, t. I, n° 88.
mois le roy catholique devoit rendre le royaume de Navarre à monseigneur Henry d'Àlebret, lequel avoit esté usurpé sur son père par le roy d'Arragon, grand père maternel dudit roy catholique, ou bien recompenser ledit roy de Navarre, dedans ledit temps, à son contentement. Quant au royaume de Naples, ledit Charles d'Autriche en devoit faire une pension (ce me semble) de cent cinquante mille ducats 1 ; mais il ne s'est rien faict ny de l'un ny de l'autre. Et là fut conclu le mariage entre ledit Charles d'Autriche et Louise, fille aisnée du Roy 2 , encores que par cy devant eust esté traitté le mariage de luy et de madame Renée de France, soeur de la roine. Et pour jurer lesdits traitiez faits à Noyon, fut envoyé de la part dudit Charles d'Autriche le comte du Reu 3 , grand maistre d'Espagne, lequel trouva le Roy à Paris, qui envoya son Ordre audit prince Charles d'Autriche et ledit prince le sien au Roy pour signe d'amitié; et fut conclu une veue entre les deux princes à Cambray.
1. Charles s'engageait à payer 100 9 000 écos jusqu'à l'accomplissement do mariage et 50,000 écns depuis ce moment jusqu'à la naissance du premier enfant (cette dernière somme représentait le douaire promis à sa future femme par le roi d'Espagne).
2. Louise de France, fille aînée du Roi, née à Amboise le 19 août 1515, morte le 25 septembre 1517.
3. Adrien de Croy, sieur de Rœux, Beaurain, etc., chevalier de la Toison d'or (1505), conseiller et chambellan de Maximilien, grand maître d'hôtel de Charles-Quint. Il arriva à Paris le 28 janvier 1517. Voir le récit de sa réception dans le Journal d'un bourgeois de Paris, p. 46-48. Il venait chercher la ratification du traité non de Noyon, mais de Bruxelles, conclu le 3 décembre de l'année précédente entre François V et Maximilien. Voir le texte dans les Ordonnances, U I, n* 97.
1511 . — Mort du roy Ferdinand d'Arragon. — Au mesme temps 1 mourut Ferdinand, roy d'Ârragon, qu'on appeloit Jean Gippon 2 , ayeul maternel de Charles d'Autriche, parquoy ledit Charles, pour recueillir la succession, s'embarqua pour aller en Espagne, qui fut cause de rompre l'entrevue des deux princes.
Naissance de monseigneur le dauphin François, fils du roy François. — A ceste occasion, le Roy, qui se préparait pour aller à Cambray 3 , changea son dessein et reprint son chemin à Blois et de Blois à Amboise 4 , auquel lieu, peu de temps après, acoucha la royne Claude 'de son fils aisné, au mois de février mille cinq cens XVII 5 ; lequel le seigneur Laurens de Medicis, nepveu du pape Léon, au nom dudit Pape, tint sur lesfons
1. Le 23 janvier 1516 (et non 1517). La nouvelle parvint à François I er à Tarascon, le 3 février suivant.
2. Nous ignorons l'origine et le sens de ce sobriquet. Le mot grippon, qui paraît faire allusion à la politique avide du roi d'Aragon, a été imaginé par un éditeur très postérieur, l'abbé Lambert.
3. Malgré l'absence des deux souverains, les conférences de Cambrai eurent lieu. [Journal de Barrillon, t. I, p. 263-272.) Elles aboutirent au traité du 11 mars 1517. (Dumont, Corps diplomatique, t. IV, partie i, p. 228.)
4. Le Roi quitta Paris le 19 mai, fit un long voyage par la Picardie (mai-juillet), la Normandie (juillet-octobre), et, après être allé à Moulins assister au baptême du fils du connétable de Bourbon (début de novembre), il fut à Blois dans les derniers jours du mois et à Amboise seulement le 10 décembre
5. Ms. : à la fin de février. Exactement le 28 février 1518. Voir Journal de Louise de Savoie, p. 90, et A. Leone, In nascita di un Delfino di Francia (28 febbraio 1517-18), 1900. Le baptême eut lieu le 25 avril suivant. Voir Journal de Barrillon, t. II, p. 85; Marino Sanuto, Diarii, t. XXV, col. 397, 405-411.
et fut nommé François. Audit baptesme furent faictes les plus grandes magnificences, tant en joustes 1 , escarmouches, batailles faintes qu'assiegemens de places, qu'on eust veu du vivant des hommes.
Mariage du seigneur Laurens de Medieis avec madame Magdelaine de Boulongne, père et mère de la raine Catherine. — Le Roy, pour confirmer l'amitié entre ledit Pape et luy, donna à Laurens de Medieis, duc d'Urbin, en mariage une sienne cousine 2 , fille et héritière du feu comte de Boulongne et de la sœur de feu François de Bourbon, comte de Yendosme, qui estoit mort à Vercel au retour du roy Charles, de Naples 8 . Audit baptesme vint présenter son service au Roy le prince d'Orenge 4 en grande equippage, lequel s'en alla mal content et se retira au service de Charles d'Autriche, roy d'Espagne. Peu de temps devant, le Roy fit reedifier la ville de Teroûenne 5 et en fit gouverneur le bastard de Moreul, seigneur du Fresnoy 6 .
Secours envoyé en Danemarc. — En ce mesme temps, ou peu après, le Roy depescha messire Gaston de