Le 23 octobre
fS!9] PlEMIIR UVK. 95
deux Majestés et vuider tous leurs differens d'entre eux et leurs alliez 1 . Mais après avoir convenu ensemble quelques jours et avoir si bien acheminé les affaires que l'on esperoit en avoir bonne issue, ledit grand maistre de Boisy tomba en une fièvre continue , de laquelle il mourut*; qui fut cause que les choses eneommencées ne prindrent point de fin, et s'en retourna le seigneur de Chievres en Espagne. Ladite mort Ait cause de grandes guerres, ainsi qu'entendrez cy aprez; car s'ils eussent achevé leur parlement, il est tout certain que la chrestienté fust demourêe en repos pour l'heure; mais ceux qui par après manièrent les affaires n'aimèrent pas le repos de la chrestienté, comme faisoient lesdits de Chievres et le grand maistre.
Ladite année mourut le seigneur de Piennes, surnommé de Halluin, qui estoit gouverneur et lieutenant gênerai du Roy en Picardie 3 , et en son lieu le Roy bailla le gouvernement à Charles, duo de Vendosmois, et le gouvernement de l'Isle-do-Franoe, qu'avoit ledit duc, à François de Bourbon» comte de S.-Pol, son frère 4 .
Ambassade de V amiral Bonnivet en Angleterre, —
1. Sur ces conférences, qui commencèrent le 1" mal 1510, voir les Mémoires de ce qui s'est passé à la journée de Mont* pellier dans Le Glay, op. cit., t. II, p. 450 et aulv.j Fleuranges, Mémoires, chap. lxiv.
2. Le 13 mai 1519, d'après Barri 11 on. (Journal, t. Il, p. 141.)
3. Il dut mourir vers le milieu de 1510, car il est mentionné comme vivant encore dans un acte du l"mai 1510. (Catalogue des actes de François 1* T , n° 1010.)
4. Les lettres de provision en faveur de ce dernier sont datées du 10 décembre 1510. (Arc h. nat., X«80U, fol. 313.)
Ledit an, au mois de septembre ensuivant, le Roy, estant à Àngiers, délibéra de faire plus estroittes alliances avec le roy d'Angleterre, voyant avoir failly de conclure avec l'esleu Empereur; et pour cest effect despescha messire Guillaume Gouffier, seigneur de Bonnivet, amiral de France, accompagné de grand nombre de seigneurs et gens de conseil, pour aller devers ledit roy d'Angleterre 4 , lequel il trouva à Grenuich, maison de plaisir qu'il a sur la Tamise, trois mille au-dessous de Londres; auquel lieu fut pourparlé du mariage de François, dauphin de France, et de madame Marie, fille unique dudit roy d'Angleterre, encores que sa fille eût quatre ans plus que ledit Dauphin; et après avoir séjourné audit lieu six sepmaines et avoir esté grandement festoyé dudit seigneur Roy, tant en chasses, festins, tournois qu'autres déduits, s'en retourna en France, ayant arresté une estroitte alliance entre leurs deux Maj estez 2 ; pour la confirma* tion de laquelle et dudit mariage futur, peu de temps après, le millor Ghamberlan 3 et le prieur de S.-Jean de Hierusalem de Londres 4 vindrent trouver le Roy à
1. Les instructions données au sieur de Bonnivet (qu'accompagnaient Etienne de Poncher, évêque de Paris, François de Rochechouart, sieur de Champdenier, et Nicolas de Neufville, sieur de Villeroy), et datées d'Angers, 25 juillet 1518, sont reproduites dans le Journal de Barrillon, t. II, p. 89-107 ; le texte des pouvoirs, datés du 31 juillet, est dans Rymer, Fœdera, t. VI, partie i, p. 147-159, 169-170.
2. Il y eut six traités ou conventions conclus les 2, 4 et 8 octobre 1518, dont on trouvera le texte dans Rymer, Fœdera, t. VI, partie i, p. 142-145.