‹ Mémoires de Martin et Guillaume Du Bellay (volume 4)Chapitre 127 sur 258 · Sancy, arr. de Briey (Meurthe-et-Moselle · texte numérisé non relu

Sancy, arr. de Briey (Meurthe-et-Moselle

4. Le comte de Nassau entra dans Bouillon le 4 ou 5 août. Voir les Fragments de la première Ogdoade , p. 46; Mémoires de Fleuranges y chap. lxxvii.

5. Tout de suite après la prise de Bouillon fut négociée une trêve de huit jours qui, le 17 août, fut prolongée de six semaines. [Fragments de la première Ogdoade, p. 46, n. 2.)

bien en son esprit une autre guerre que celle qu'il avoit menée jusques à ce jour, car si c estoit seulement contre ceux de la Marche, pourquoy, les ayant presque ruinez, a-il demandé tresve, luy estant vainqueur? Ayant une armée suffisante pour deffaire ledit messire Robert, pourquoy tous les jours la renforçoit-il 1 ? Doncques le Roy, entendant bien les desseins de l'Empereur, et par iceux cognoissant luy estre la guerre déclarée, commença à lever une armée. Et toutesfois ne voulut rien innover sans premièrement en advertir le roy d'Angleterre, son amy et allié. Et pour ce faict luy envoya ambassadeurs, pour luy remonstrer le trouble que faisoit l'Empereur et l'armée qu'il avoit mise sus, le priant vouloir tenir le party de luy qui estoit assailly, suivant les traittez faits entre eux à leur abouchement faict à Ardres 2 . Le roy d'Angleterre, ayant aussi eu lettres de l'Empereur, escrivit à tous deux qu'ils ne commençassent légèrement une si grosse guerre; aussi ledit roy d'Angleterre s'efforça de faire croire au Roy, nostre maistre, que la guerre ne luy estoit autrement dénoncée, qu'il ne la divertist en obéissant aux conditions demandées

1. Ces deux phrases sont littéralement traduites du latin de Guillaume du Bellay. (Fragments de la première Ogdoade, p. 49.) Ce qui suit est un résumé des p. 51-52.

2. François I er envoya d'abord (vers le 10 avril) à Henry VIII une réponse au « défi » qu'il avait reçu de l'Empereur. Voir Journal de Barrillon, t. II, p. 181 et la note; Letters and Papers, t. III, part, i, n° 1323. Le 24 mai suivant, il dépêcha le s r de Montpezat, en apparence pour s'enquérir de l'état de santé du roi d'Angleterre, en réalité pour solliciter une alliance franco-anglaise. (Letters and Papers, t. III, part, i, n" 1323, 1303-1304.) — Tout le passage est traduit de Guillaume du Bellay, loc. cit.

son camp, prenant le chemin de Fleuranges 1 , qpi est une place appartenante audit de la Marche, à quatre lieues près de Mets, dedans laquelle s'estoit mis le seigneur de Jamets, second fils dudit messire Robert, délibéré d'y mourir ou de garder la place; mais au bout de trois jours fut trahy par les Âllemans qui estoient dedans à sa soulde et fut livré entre les mains dudit de Nansau, lequel le feit mener prisonnier à Namur, en seure garde, et les Âllemans prindrent la soulde de l'Empereur 2 . Après avoir rasé ladite place de Fleuranges, s'en alla à Sansy 3 , autre place estant à ceux de la Marche, où il feit le semblable. Ce faict, à grandes journées s'en alla à Bouillon, chef principal du duché, dedans laquelle place il avoit intelligences, par le moyen desquelles luy fut rendue 4 . Après cela, messire Robert de la Marche voyant toutes les forces d'Allemagne sur ses bras, trouva moyen d'obtenir une tresve de l'Empereur pour six sepmaines, par le moyen de Francisque de Serkingen, son ami et frère juré 5 .

Discours sur V armée du Ray. — Beaucoup de raisons mouvoient le Roy à penser que l'Empereur avoit

1. Fleuranges, à 4 kil. au sud-est de Thionville et à un peu plus de quatre lieues de Metz. G. du Bellay dit huit.

2. Fleuranges fut prise le 14 juin. Voir les fragments de la première Ogdoade et les textes cités en notes, p. 44-45; les Mémoires de Fleuranges, chap. lxxvi.

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