‹ Mémoires de Martin et Guillaume Du Bellay (volume 4)Chapitre 138 sur 258 · Philippe d'Arduca · texte numérisé non relu

Philippe d'Arduca

2. La lettre de Franz de Sickingen est du 21 août; le s r de Montmort y répondit le même jour (Bibl. nat., ms. fr. 3092, fol. 120 et 121); le texte en est reproduit dans Y Histoire de Bayart (éd. Roman), p. 438-439.

ville; puis ayant planté son artillerie aux lieux qu'il veit les plus commodes pour offencer les assiégez, tout à un coup feit deux batteries : Tune de la prairie qui tire vers la porte de Reims» l'autre de la montagne qui regarde vers Ivoy. Des pièces qui estoient à la prairie on battoit par derrière et par la plante des pieds ceux qui estoient à la deffence de la batterie qui se faisoit vers la montagne, par dessus toute la ville, estant la rivière entre deux. Noz gens de pied qui estoient nouvellement levez et sans estre aguerris s'estonnerent, de sorte que voyans ce qu'ils n'avoient jamais expérimenté contraignirent le seigneur de Montmort de demander composition; et, pour cest effect, fut envoyé un trompette pour obtenir du comte qu'il eust à superseder la batterrie, cependant qu'ils pourraient venir à quelque bon accord : chose qui ne fut accordée audit trompette. Parquoy le seigneur de Montmort et celuy de Lassigny y allèrent en personne et feirent composition telle que chaque homme d'armes s'en irait sur un courtault et sans armes et les archers et gens de pied sans armes et à pied un baston en la main; chose qui fut trouvée mauvaise par le Roy, attendu qu'ils s'estoient faits forts de bien garder la place, et aussi que les deux lieutenans du Roy estoient ensemble sortis au camp de l'ennemy pour parlamenter, chose non usitée parmy les hommes qui font profession des armes 1 .

1. Mouzon capitula le 29 août. Le sieur de Montmort rejeta sur la mutinerie des gens de pied la responsabilité de la capitulation. Voir les lettres du maréchal de Châtillon et du duc d'Alençon à François I tr , 1 er et 3 septembre. (Bibl. nat., ms.

Siège de Mesieres. — Telle fut la composition de Mouzon, qui donna un merveilleux cueur à l'ennemy, estimant faire le semblable aux autres places; mais ils furent deceus de leur folle opinion. Car, ayant laissé le bastard de Nansau à la garde dudit Mouzon, prist son chemin pour aller assiéger Mesieres, où il trouva le seigneur de Bayar 1 , homme expérimenté et sans peur, lequel le Roy y avoit envoyé son lieutenant gênerai. Aussi peu de jours après 2 y entra messire Anne, seigneur de Montmorency, jeune homme de grand cueur, désirant donner à cognoistre à son maistre l'envie qu'il avoit de luy faire service, lequel amena avecques luy beaucoup de jeunesse de la cour, gens de bonne volonté, et entre autres Claude, seigneur d'Annebault 3 , le seigneur de Lucé 4 , le seigneur de Villeclair 5 et plusieurs autres, chose qui donna grand asseurance aux soldats qui estoient dedans. Avec ledit Bayar y avoit la compagnie de cent hommes d'armes du duc Antoine de Lorreine, de laquelle comf1*. 2967, fol. 32-33, 18, 6.) Les lettres du 3 septembre sont reproduites dans Y Histoire de Bat/art (éd. Roman), p. 439-441.

Page 1