Château-en-Porcien, cant., arr. de flethel lArdennes
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d'armes de la compagnie du seigneur Bayar; lesquels, ayans la nuict passé par la garde des ennemis, feirent telle diligence qu'ils vindrent trouver le Roy à Troye en Champagne, auquel ils feirent entendre bien par le menu r estât de sa place de Mesieres et le besoing qu'ils avoient mesmement d'hommes *. Le Roy, l'ayant entendu, les redepescha, pour leur faire entendre que de brief il leur donnerait secours, et quand et quand pour exécuter sa promesse, partit à grandes journées pour se retirer à Reims, où le veindrent trouver la plus part de ses capitaines pour là délibérer du faict de sa guerre, et entre autres le duc d'Àlançon, le seigneur d'Or val, le mareschal de Ghabannes, qui rêvenoit de Callaiz, où il s'estoit trouvé avecques le chancelier du Prat et les députez de l'Empereur et du roy d'Angleterre, pensant (comme j'ay dit cy dessus) esteindre le feu allumé entre ces deux grands princes. Aussi s'y trouva le mareschal de Ghastillon, par le conseil duquel la plus grande part des choses se conduisoient, le seigneur de Telligny, seneschal de Rouargue, le seigneur Galiot, seigneur d'Assié, seneschal d'Armignac et grand maistre de l'artillerie de
1. François I er quitta Troyes le 16 septembre pour gagner Reims, où il était le 19. C'est donc vers le milieu de septembre que doit se placer la démarche de Maubuisson et de Brignac. Peut-être est-ce à cette demande de secours que se rapportent les deux lettres de Montmorency adressées à M. de Châtillon et à Robertet « ce mardy » et « mercredy » [17 et 18 septembre ?]. (Bibl. nat., mss. fr. 2962, fol. 18, 2963, fol. 23.) Le 13 septembre, le duc d'Àlençon écrit au Roi de Reims : « Les gentilshommes présents porteurs sont sortis de Mézières ceste nuit et ont apporté nouvelles. » (Bibl. nat., ms. fr. 3059, fol. 106.)
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France. Le lendemain s'y trouva le comte de Sainct-
Pol 9 capitaine gênerai de six mille hommes de pied,
qui estoient au Pont-Favergy, quatre lieues près de
Reims, auquel le Roy commanda de faire trouver le
lendemain ses bandes mi-chemin dudit Pont-Favergy
et Reims, chose qui fut exécutée. Ce faict, ledit comte
se retira en son logis, auquel ayant refreschy ses gens
quatre ou cinq heures partit pour aller à Attigny avec
ses bandes, qui est sur la rivière d'Aisne à huict lieues
près de Mesieres ; où, estant arrivé au poinct du jour, feit
séjourner ses gens jusques à la nuict, qu'il feit partir
le seigneur de Lorges avec les mille hommes desquels
il avoit la charge et quelque charroy de vins et autres
amonitions.
Ravitaillement de Mesieres. — Et leur bailla pour escorte quatre cens hommes d'armes conduicts par le seigneur de Telligny, que le Roy avoit ordonné mareschai de son camp, et par le baillif de Gaen, lieutenant de monsieur d'Alançon ; et luy avec le reste, tant de gens de pied que de gens de cheval, marcha pour les soustenir jusques à deux lieues près de Mesieres 1 . La gendarmerie, laquelle avoit conduit ledit seigneur de Lorges en seureté dedans Mesieres avecques toutes les munitions, estant de retour, se retira ledit comte avecques toute sa trouppe à Reteil, ville sur la rivière d'Aisne. Cependant arrivèrent les Suisses où estoit le Roy, au devant desquels alla le seigneur de la Tri-
1. Le sieur de Lorges entra dans Mézières le lundi 23 septembre. Le lendemain, de Saint-Thierry, près Reims, François I er en envoyait la nouvelle à ses ambassadeurs à Calais. (Arch. nat., J665. Cf. Fragments de la première Ogdoade, p. 109, et la note.)
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mouille et le seigneur de Sedan et plusieurs autres. Il faut retourner au siège de Mesieres.
Le premier jour d'octobre 1 , ceux de Mesieres, d'allégresse du secours qui leur estoit venu, commencèrent à tirer plus souvent qu'au précédant; les Impériaux au contraire commencèrent à faire toutes choses plus négligemment qu'ils n'a voient accoustumé et à perdre l'espérance de prendre la ville; toutesfois, craignant que l'on pensast qu'ils fussent refroidis, ils envoyèrent un trompette aux assiégez leur demander s'il y avoit homme qui vousist entreprendre de donner un coup de lance et que de leur costé le comte d'Aiguemont* se trouvèrent prest en l'isle de Mesieres. Le seigneur de Montmorency se présenta pour estre champion qui délivrerait le comte d'Aiguemont, asseurant de se trouver au lieu et heure ditte. Le seigneur de Lorges, pensant estre chose honteuse qu'un homme d'armes françois fut provoqué par un Âlleman et qu'on laissast l'homme de pied François comme n'estant pareil à l' Alleman, demanda aussi s'il y avoit homme qui vousist combattre de la picque et qu'il serait le champion pour l'attendre; le seigneur de Vaudray 8 , surnommé
i. Cette date, reproduite par Martin du Bellay d'après le récit de Guillaume [Fragments, p. 112), est inexacte. Les combats singuliers dont il va être question sont du 24 septembre. Voir P. Laurent, op. cit., p. 15-16.
2. Florent d'Egmont, comte de Buren et sieur d'Isselstein, né avant le 28 novembre 1470, chevalier de la Toison d'or (1505), gouverneur d'Arnheim (1509), de Frise (1515), combattit contre le duc de Gueldre et contre la France. U mourut le 24 octobre 1529.
3. Louis de Vaudray, dit le Beau, sieur de Mutigné, bailli d'Aval. D'après le mémoire et la chanson cités par P. Laurent,
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le Beau, du camp impérial, soudain s'y présenta. Le seigneur de Montmorency à cheval, la lance au poing, se trouva sur les rangs au lieu ordonné et le seigneur de Lorges la picque au poing, lesquels trouvèrent leurs deux champions. Le seigneur de Montmorency et le comte d'Àiguemont coururent, le seigneur de Montmorency atteignit au corps de cuirasse du comte d'Aiguemont et le faulça et rompit sa lance sans luy faire autre dommage ; le comte d'Aiguemont, par la faulte de son cheval ou autrement, ne toucha point ou bien peu. Le seigneur de Lorges et de Vaudray donnèrent les coups de picques ordonnez sans gaigner advantage l'un sur l'autre; ce faict, chacun se retira en son lieu. Le jour subséquent, Grand-Jean le Picart, vieil soldat nourry de tout temps au service du Roy aux guerres d'Italie, sous la charge de Molart 1 , mais natif de la Franche Comté, lequel s'estoit retiré au service de l'Empereur depuis peu de temps, pour entendre quels vivres estoient dedans la ville, envoya par un tabourin demander au seigneur de Lorges une bouteillée de vin en signe de leur ancienne cognoissance. Le seigneur de Lorges luy en envoya deux, l'une pleine de vin vieil, l'autre pleine de vin nouveau, et feit mener ledit tabourin en une cave où il y avoit grand nombre de vaisseaulx, mais la plus part remplis d'eaue, pour luy faire entendre qu'ils en avoient
op. cit. y p. 15-16, Vaudray serait mort peu après, probablement de ses blessures.
1. Soffrey Alleman, dit le capitaine Molart, fils aîné de Guigues Alleman et de Marie Grinde, lieutenant général en Dauphiné, capitaine des gentilshommes de la maison du roi, gouverneur de Legnano, capitaine de 1,000 hommes de pied. 11 fut tué à Ravenne (1512).
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abondance. Mais, pour la vérité, il n'y en estoit entré que trois chariots pour leurs secours, qu'avoit amené ledit seigneur de Lorges.
Retraitte du comte de Nansau. — Le comte de Nansau, se voyant hors d'espérance de pouvoir affamer la ville et encores plus de la forcer, attendu le renfort qui estoit entré dedans, et l'armée du Roy si preste qu'elle estoit pour secourir les assiégez, et son armée, laquelle desja commençoit à se ruiner par le long temps qu'il y avoit qu'elle tenoit la campagne, délibéra de faire sa retraitte ; et pour cest effect feit mettre la plus grande part de sa grosse artillerie sur la Meuze pour la conduire à Namur, ville de l'obéissance impériale, afin que plus aisément il peust faire sa retraitte 1 . Ayant mis cest ordre, leva son camp 2 , et, afin de n'estre suivy ny empesché, print son chemin le long des bois, tirant le chemin de Mont-cornet 3 , Ardennes, de Maubert- fontaine* et d'Âubenton* pour aller droit
1. Dès le 25 septembre, Robert de La Marck annonçait à Robertet ces préparatifs : « Depuis lundy dernier de nuict [les ennemis] n'ont point battu Maisières, mais ont faict tirer et mectre hors de leurs tranchées toute leur artillerie, et ainsy que dit ung prestre qui en est venu ce jourd'huy, ilz ont fait charger six des principales' pièces de leur artillerie sur la rivière et le reste sur quatre roues comme ilz l'ont accoustumé de mener par pais ; qui est ung signe de voulloir desloger, et croy que la famine les contrainct de ce faire. » (Bibl. nat., ms. fr. 2963, fol. 199.)
2. Le siège fut levé le vendredi 27 septembre. Il avait duré exactement quatre semaines. Sur l'effet produit, voir les lettres du Roi, du 27 septembre, et de Louise de Savoie, du 28. (Bibl. nat., mss. fr. 2931, fol. 91, 2978, fol. 5.)