‹ Mémoires de Martin et Guillaume Du Bellay (volume 4)Chapitre 148 sur 258 · Le fort du Penon défendait le col de Roncevaux · texte numérisé non relu

Le fort du Penon défendait le col de Roncevaux

Sept. 1521] PREMIER LIVRE. 155

estonnez se rendirent bagues sauves : dedans estaient environ cinquante Espagnols, desquels estoit capitaine un Espagnol nommé Montdragon.

Estant le chasteau entre ses mains, faignit mondit seigneur l'amiral de prendre le chemin de Pampelune; mais deux jours après tourna bride avecques son armée, marchant à travers les montagnes, où il fallut un jour entier que les gens de cheval allassent à pied. Et environ le soir arriva à un quart de lieue près de Maye, où toute nuict feit asseoir son artillerie et feit tirer quelques coups de canon, afin de donner opinion aux ennemis qu'il se vouloit arrester là. Mais cependant les lansquenets prindrent autre chemin, de sorte que luy, suivant lesdits lansquenets, au soir arriva en un village prez Sainct-Jean-de-Luz, un quart de lieue deçà l'eaue, nommé Estaigne 1 , auquel lieu séjourna son camp deux jours. Le mardy devant le jour, chacun se trouva en bataille, auquel ordre on marcha au travers les montagnes jusques à un village nommé Biriatte 2 ; mais, estimans en ce lieu passer l'eaue, trouvèrent bon nombre d'Espagnols, lesquels, pour la difficulté des lieux, on ne pouvoit nombrer.

La cause pour laquelle mondit seigneur l'amiral faisoit faire toutes ces ruses estoit pour tenir l'ennemy en incertitude, afin de surprendre Fontarabie 8 . Or estoient les ennemis delà la rivière de Behaubie*, et

1. Ascain, près de la Nivelle, arr. de Bayonne (Basses-Pyrénées.)

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