‹ Mémoires de Martin et Guillaume Du Bellay (volume 4)Chapitre 183 sur 258 · Ms. : On estoit bien adverty qu'il ne s'y faisoit · texte numérisé non relu

Ms. : On estoit bien adverty qu'il ne s'y faisoit

2. Ms. : et, trouvans la poterne ouverte , une partie entra dedens la ville.

224 MÉMOIRES DE MARTIN DU BELLAY. [Avril 1522

guet, qui estoit encores à cheval, les chargea sur la queue, et en défit quelque peu, mais non grand nombre, d'autant qu'ils furent trop tard descouverts. L'arrivée du secours retarda l'assault; aussi le seigneur Prospère Colonne se voyant renforcé des six mille lansquenets, et autres qu'avoit amené le seigneur Francisque Sforce, se trouva assez fort pour se jetter en campagne; parquoy deslogeant de Milan, se vint camper à la Ghartrouse 1 , à trois mille de nostre camp, pour empescher de donner l'assault, sçachant bien qu'il n'estoit raisonnable de le donner, estant si près de nous une telle puissance que la sienne.

Nous fusmes en cest estât six ou sept jours, ayans tous les jours escarmouches et lances rompues ; mais il survint une pluye si extrême que noz vivres qui venoient de POmeline en nostre camp ne peurent plus passer, pour estre le Tesin débordé, et tous les ruisseaux devenus rivières; tellement que le jeudy absolu 2 fusmes contraints de nous retirer à Marignan, et de là à Monche, pour estre secourus de vivres, tant du Laudesan, du Gremonois que du pais des Vénitiens. Au desloger, l'escarmouche fut grosse de ceux de leur camp sur la queue de nostre armée, jamais leur trouppe n'osa sortir hors de leur fort, craignant qu'on leur donnast la bataille.

Journée de la Bicocque. — Les ennemis, voyans nostre armée prendre le chemin de Monche, le jeudy des feries de Pasques, craignans que de là ne vouassions gaigner Milan, s'en allèrent loger à la Bicocque 8 ,

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