a Go, let us go
258 MÉMOIRES DE MARTIN DU RELIAT. [Juin 1523
à monseigneur de Vendosme qu'il avoit charge expresse du Roy de luy dire qu'il n'eust à bazarder la bataille ; et sans cela je pense que mondit seigneur de Vendosme les eust combattis» mais il ne voulut désobéir aux commandemens du Roy. Mondit seigneur de Vendosme, ayant faict retirer l'ennemy, vint loger à Andincton, pour estre lieu propre pour conduire les vivres venans de Montreul, auquel lieu d' Andincton il feit séjour de vin ou x jours, jusques à ce qu'il eust mis vivres dedans Terouenne.
Environ le mois d'avril ensuivant 1523, le Roy, voyant qu'il avoit desja depesché en Italie deux ou trois armées pour le recouvrement de son duché de Milan, dont il ne luy estoit venu aucun proffit, mais ruine pour luy et pour son royaume, délibéra d'y aller en personne; mais craignant qu'en son absence on assaillist les frontières, y voulut pourveoir avant que partir, mesmes à Terouenne que l'an précédant il avoit faict ravitailler (comme je vien de dire), voulant bien de nouveau la pourveoir, afin qu'il se peust ayder en son voyage des forces qu'il avoit en Picardie.
Ravitaillement de Terouenne. — Pour cest effect, ordonna à monsieur de Vendosme mettre ensemble ses forces, et feit lever chevaux et chariots par toutes les élections voisines, et envoya le mareschal de Montmorency pour assister à mondit seigneur de Vendosme, et mener l'avant-garde ; l'armée mise ensemble et les vivres et charroy partirent de Montreul, et allèrent camper à Andincton, qui est un village à deux lieues de Terouenne, sur la rivière du Lis 1 qui est encores
1. Audincthun n'est pas sur la Lys même, mais à 2 kilomètres (rive gauche) de cette rivière.
Juin 1523] DEUXIÈME LIVRE. 259
petite, car elle commence sa source à l'Islebourg', deux lieues de là, sur le chemin dudit lieu de Hedin, et est ledit village d'Àndincton au bout de la forest de Fouquemberge, tirant à Fruges 2 et à Hedin.
Entreprise des ennemis sur nostre camp descouverte. — Estans arrivez audit lieu, logèrent le camp : l'avant-garde que conduisent le mareschal de Montmorency, d'un des costez de la rivière, la bataille de l'autre. Les ennemis, quelques jours après, estans advertis de ce logis ainsi séparé, firent entreprinse d'assaillir la nuict les deux logis en un mesme temps; du costé de la bataille, le seigneur de Villebon 3 , capitaine de chevaux légers, estoit logé un peu au devant du camp de la venue des ennemis. La trouppe des Bourguignons, ordonnée pour donner sur la bataille, donna dedans le guet des chevaux légers, lequel elle força, de sorte qu'elle donna aussi tost dedans leur logis, que les nouvelles de l'alarme et ne leur donnant loisir de se recognoistre, renversa lesdits chevaux légers dedans le guet de la bataille, qui fut renversé jusques dedans le logis de la gendarmerie, dont elle en trouva une partie à cheval qui soustint le faix. Les ennemis s'amusèrent à piller le bagage des chevaux légers ; je pense que s'ils ne s'y fussent amusez, ils eussent mis nostre camp en grand desordre, mais cela